Selon le récit de Kisrâ Anochirwân, on rapporte l’histoire de cet Arabe faisant preuve de douceur, de conciliation et d’une connaissance anticipée de ce qui allait survenir (1). Ces contrées furent décrites pour lui en soulignant sa justice, sa science et sa fermeté (2). Il se dota d’une forteresse inviolable pour préserver ses biens, qui fut appelée « Citadelle de Ziyad ». Puis, lorsque Mansour al-Bakri (3) s’y retrancha plus tard, la forteresse prit son nom et on l’appela « Citadelle de Mansour ».
Al-Waqidi (4) a dit : « Cette année-là, ʿAli ibn Abi Tâlib envoya ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs pour présider au pèlerinage, tandis que Muʿâwiya envoya Yazîd ibn Sakhbara ar-Ruhâwî afin de le diriger pour les gens. Lorsqu’ils se rencontrèrent à La Mecque, ils divergèrent et chacun refusa de céder à l’autre, si bien qu’ils convinrent de désigner Shîba ibn ʿUthmân ibn Abî Talha al-Ḥajabî. Ce dernier dirigea alors le pèlerinage pour les fidèles et leur fit la prière pendant les jours du ḥajj. »
Abû al-Ḥasan al-Madâ’inî (5) a déclaré : « ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs ne participa pas au pèlerinage du vivant de ʿAli jusqu’à ce qu’il fût tué. Celui qui était en litige avec Yazîd ibn Sakhbara était en réalité Qutham ibn ʿAbbâs [jusqu’à ce qu’ils se mettent d’accord sur Shîba ibn ʿUthmân. Ibn Jarîr a ajouté : “Tout comme l’a mentionné Abû al-Ḥasan al-Madâ’inî, c’est aussi ce qu’a rapporté Abû Muṣʿab.”] » (6).
Ibn Jarîr (7) ajoute : « Quant aux gouverneurs (ʿummâl) d’ʿAli dans les provinces, ce sont ceux que nous avons mentionnés l’année précédente. Cependant, Ibn ʿAbbâs quitta Bassora pour Koufa et désigna Ziyâd ibn Abîh comme son remplaçant à Bassora. Par la suite, Ziyâd partit cette même année en Fârs (Perse) et en Kirmân, comme nous l’avons signalé. »
On rapporte aussi, parmi ceux qui sont décédés cette année-là (8), la mort de Saʿd al-Qaraẓ (9) : il fut le muezzin de la mosquée de Qubâ à l’époque du Messager de Dieu (ﷺ). Lorsque ʿUmar accéda au califat, il lui confia l’appel à la prière (adhân) pour la Mosquée du Prophète. D’origine, il était un affranchi de ʿAmmâr ibn Yâsir. C’est lui qui portait la lance (ʿanza) devant Abû Bakr et ʿUmar [et ʿUthmân] ainsi que devant ʿAli lors de la prière de fête. L’adhân demeura ensuite dans sa descendance pendant une longue période.
Parmi ces disparus, citons également ʿUqba ibn ʿAmr ibn Thaʿlaba (10), connu sous le nom d’Abû Masʿûd al-Badrî. Il vécut au point d’eau de Badr [d’où son surnom], sans toutefois avoir pris part à la bataille qui s’y déroula.