Asma bint ‘Umays. Lorsque as-Siddiq (Abou Bakr) fut à l’agonie, il recommanda qu’elle le lave, et elle s’en chargea. Puis, une fois son délai de viduité écoulé, ‘Ali l’épousa, si bien que [Mohammed] grandit au sein de sa maison. Quand la fonction de calife revint à ‘Ali, il le désigna pour gouverner l’Égypte après Qaïs ibn Sa‘d ibn ‘Ubâda, comme on l’a déjà mentionné. Or, cette année-là, Mu‘âwiya envoya ‘Amr ibn al-‘Âs qui s’empara de l’Égypte et tua Mohammed ibn Abî Bakr, ainsi qu’il a été dit, alors qu’il n’avait pas encore atteint la trentaine. ‘Â’isha, ‘Ali et d’autres le pleurèrent. Qu’Allah lui fasse miséricorde et en soit satisfait.
Asma bint ‘Umays (1) bint Ma‘bad (2) ibn al-Hârith al-Khath‘amiyya – qui est la mère du Mohammed mentionné plus haut – embrassa l’islam très tôt à La Mecque et émigra avec son époux Ja‘far ibn Abî Tâlib en Abyssinie. Elle arriva ensuite avec lui à Khaybar, et lui donna pour enfants ‘Abd Allâh, Mohammed et ‘Awn. Lorsque Ja‘far fut tué à la bataille de Mu’ta, Abou Bakr as-Siddiq l’épousa à sa suite, et elle lui donna Mohammed ibn Abî Bakr, émir d’Égypte (3). Puis, lorsque as-Siddiq mourut, elle épousa ‘Ali ibn Abî Tâlib, à qui elle donna Yahyâ et ‘Awn. Elle était la sœur, par sa mère, de Maymûna bint al-Hârith, Mère des Croyants, et également la sœur d’Umm al-Fadl, l’épouse d’al-‘Abbâs. Elle avait neuf sœurs du côté maternel. Elle était aussi la sœur de Salmâ bint ‘Umays, l’épouse d’al-‘Abbâs, qui lui donna une fille nommée ‘Amâra.
[Puis survint l’année trente-neuf]. Au cours de celle-ci, Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân arma de nombreuses troupes qu’il dispersa aux confins des territoires administrés par ‘Ali ibn Abî Tâlib. En effet, Mu‘âwiya considéra, après que ‘Amr ibn al-‘Âs eut reçu sa charge à la suite de son accord avec Abû Mûsâ sur la destitution de ‘Ali, que son pouvoir était établi (4), et qu’il était donc celui qu’il fallait suivre selon lui. De plus, les troupes de ‘Ali, issues des gens d’Irak, ne lui obéissaient pas en beaucoup de choses et n’exécutaient pas ses ordres, de sorte qu’il ne pouvait ainsi obtenir le véritable objectif de l’émirat (5) dans ces conditions, [prétendant qu’il était plus légitime que ‘Ali puisque la situation était ce qu’elle était] (6). Cette même année, il envoya également an-Nu‘mân ibn Bashîr à la tête de deux mille cavaliers vers ‘Ayn.