Lorsqu’ils le sollicitèrent contre ceux qui Le reniaient et se montraient mécréants à son égard, et qui s’opposèrent à Son Messager, tout en persistant dans leurs pratiques et en s’y obstinant :
« Et les notables de son peuple, qui avaient mécru, dirent : “Si vous suivez Chou‘ayb, vous serez alors certes des perdants.” » (Al-A‘râf, 90)
Dieu – Exalté soit-Il – a dit :
« Alors le tremblement les saisit, et ils demeurèrent effondrés dans leurs demeures. » (Al-A‘râf, 91)
Il est mentionné dans la Sourate Al-A‘râf qu’ils furent frappés par un tremblement, c’est-à-dire que la terre sous leurs pieds trembla sévèrement, ôtant leurs âmes de leurs corps et transformant les êtres vivants de leur territoire en entités inanimées. Leurs corps se retrouvèrent ainsi gisants, dépourvus d’âme, de mouvement et de sens.
Dieu leur infligea divers châtiments, punitions et calamités, à cause de la laideur de leurs dispositions. Il leur envoya une secousse violente qui mit fin à tous leurs mouvements, un cri retentissant qui réduisit toutes les voix au silence, et un nuage au-dessus d’eux d’où fusait du feu provenant de toutes parts. Dans chaque Sourate, Dieu rapporte l’épisode sous un angle correspondant à la cohérence de son contexte et en accord avec ce qui précède. Ainsi, dans la narration de la Sourate Al-A‘râf, ils avaient menacé le Prophète de Dieu ainsi que ses compagnons de les expulser de leur cité, ou de revenir à leur ancienne religion. C’est pourquoi Dieu – Exalté soit-Il – dit :
« Alors le tremblement les saisit, et ils demeurèrent effondrés dans leurs demeures. » (Al-A‘râf, 91)
Il opposa donc leur menace de trembler (irjâf) à la secousse (rajfa) et leur intimidation (ikhâfa) à la frayeur (khîfa), ce qui convient au sens de ce passage et se rattache au récit qui le précède.
Dans la Sourate Hûd, il est rapporté qu’ils furent frappés par le cri, si bien qu’ils restèrent gisant dans leurs demeures. En effet, ils avaient déclaré à leur Prophète, avec arrogance, dérision et mépris :
« Ta prière te commande-t-elle de nous faire abandonner ce que nos pères adoraient, ou de disposer de nos biens comme nous l’entendons ? Il est certain que tu es, toi, le doux et le sage ! » (Hûd, 87)
Il convenait donc de mentionner le cri qui les saisit, comme une réprimande contre les propos odieux adressés à ce Messager noble, honnête et éloquent. Ils furent frappés par un grand cri qui les réduisit au silence, accompagné d’un violent tremblement qui les immobilisa.
Dans la Sourate Ash-Shu‘arâ, il est fait mention du châtiment du Jour du Nuage (yawm az-ẓulla). Cela constitue la réponse à la demande qu’ils avaient formulée, une concrétisation de ce qu’ils désiraient. Ils avaient en effet dit :
« Tu n’es qu’un ensorcelé. Tu n’es qu’un être humain comme nous. Nous pensons d’ailleurs que tu es au nombre des menteurs. Fais donc tomber sur nous des morceaux du ciel, si tu es du nombre des véridiques. » (Ash-Shu‘arâ, 185-187)
Dieu – Exalté soit-Il – a dit :
« Ils le traitèrent donc de menteur. Le châtiment du Jour du Nuage les saisit. C’était, en vérité, le châtiment d’un jour terrible. » (Ash-Shu‘arâ, 189)
Quant à l’opinion de quelques exégètes, tels Qatâda et d’autres, selon laquelle les gens de l’Ayka seraient un peuple différent de celui de Madyan, elle est faible. Leurs arguments reposent sur deux points : d’une part, dans le verset « Les gens de l’Ayka ont traité de menteurs les envoyés » (Ash-Shu‘arâ, 176), Dieu ne dit pas « leur frère », contrairement à l’énoncé « Et à Madyan Nous avons envoyé leur frère Chou‘ayb » (Al-A‘râf, 85). D’autre part, le châtiment des premiers se manifesta par le Jour du Nuage, tandis que pour ceux de Madyan, il s’agissait du cri ou de la secousse.
La réponse au premier argument est qu’Il n’a pas mentionné la fraternité après avoir dit : « Les gens de l’Ayka ont traité de menteurs les envoyés. » (Ash-Shu‘arâ, 176)