Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’étais (1) avec le Messager d’Allah (ﷺ) l’année de la jiʿrāna, alors qu’il partageait de l’argent déposé dans le vêtement de Bilāl au profit des gens. Un homme dit : « Ô Messager d’Allah, sois équitable ! » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Malheur à toi ! Qui serait équitable si je ne le suis pas ? J’aurais assurément échoué si je n’étais pas juste. » ʿUmar intervint : « Ô Messager d’Allah, laisse-moi tuer cet hypocrite ! » Mais le Prophète (ﷺ) répliqua : « Je cherche refuge auprès d’Allah qu’on dise que je tue mes compagnons. En vérité, cet homme et ceux qui sont avec lui récitent le Coran, mais il ne dépasse pas leur gorge ou leurs clavicules. Ils sortent de la religion comme la flèche quitte la cible. »

Aḥmad (3) a rapporté : « ʿAlī ibn ʿAyyāsh nous a transmis, lui-même l’ayant reçu d’Ismāʿīl ibn ʿAyyāsh, de Yaḥyā ibn Saʿīd, et celui-ci d’Abū al-Zubayr qui a dit : “J’ai entendu Jābir déclarer : ‘Mes yeux ont vu et mes oreilles ont entendu le Messager d’Allah (ﷺ) à al-Jiʿrāna, alors qu’il avait de l’argent dans le vêtement de Bilāl et le distribuait aux gens. Un homme s’écria : ‘Sois équitable !’ Le Prophète (ﷺ) répondit : ‘Malheur à toi ! Qui serait équitable si je ne le suis pas ?’ ʿUmar (ibn al-Khaṭṭāb) ajouta : ‘Laisse-moi tuer cet hypocrite abject !’ Le Prophète (ﷺ) dit : ‘Je cherche refuge auprès d’Allah qu’on dise que je tue mes compagnons. Cet homme et ses semblables récitent le Coran, mais il ne dépasse pas leurs clavicules ; ils sortent de la religion comme la flèche est tirée de sa cible.’” »

Aḥmad (4) le rapporta encore par la chaîne d’Abū al-Mughīra, de Muʿādh ibn Rifāʿa, d’Abū al-Zubayr, et de Jābir (ibn ʿAbd Allāh), qui a dit : « Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) distribua les dépouilles de Hawāzin à al-Jiʿrāna, un homme de Banū Tamīm se leva en disant : ‘Sois équitable, ô Muḥammad !’ Le Prophète (ﷺ) répondit : ‘Malheur à toi ! Qui serait équitable si je ne le suis pas ? J’aurais vraiment échoué et tout perdu si je n’étais pas juste.’ » ʿUmar (ibn al-Khaṭṭāb) s’exclama : « Ô Messager d’Allah, ne veux-tu pas que je le tue, cet hypocrite ? » Mais le Prophète (ﷺ) répliqua : « Qu’Allah nous en préserve ! Que les nations ne disent pas que Muḥammad tue ses compagnons. » Puis il ajouta : « Cet homme et ses semblables récitent le Coran, mais il ne dépasse pas leurs clavicules ; ils sortent de la religion comme la flèche quitte sa cible (5). » Muʿādh poursuit : « Abū al-Zubayr me dit : “J’ai soumis ce ḥadīth à al-Zuhrī, et il ne m’a contredit que sur le terme al-naḍī (6). J’ai rétorqué que c’était la flèche. Il me demanda : ‘N’es-tu pas un homme parlant l’arabe (7) ?’” »

Ce ḥadīth est également rapporté par Muslim (8) d’après Muḥammad ibn Rumḥ, qui le tenait d’al-Layth ; et par Muḥammad ibn al-Muthannā, qui le tenait de ʿAbd al-Wahhāb al-Thaqafī. An-Nasāʾī l’a également mentionné selon le récit d’al-Layth et de Mālik ibn Anas, tous deux l’ayant reçu de Yaḥyā ibn Saʿīd al-Anṣārī, avec un contenu semblable.

(1) Dans le Musnad : « Je suis venu ». (2) Dans A : « Il passe », et ici c’est comme dans le Musnad. (3) Musnad de l’Imam Ahmad (3/354), et sa chaîne de transmission est bonne en raison d’Ismāʿīl ibn ʿIyāch, et le hadith est authentique. (4) Musnad de l’Imam Ahmad (3/355). (5) Dans T : « La flèche passe », et ici c’est comme dans le Musnad. (6) Dans les uṣūl et l’édition imprimée : « an-Naḍw », et j’ai dit que c’était une erreur ; la correction vient du Musnad. (7) Dans A : « N’es-tu pas un homme étranger ? » Dans le Musnad : « N’es-tu pas un homme arabe ? » (8) Sahîh Muslim (1063) (142) au sujet de la zakat.
كنت (١) مع رسول اللّه ﷺ عام الجِعِرّانَة وهو يقسم فضة في ثوب بلال للناس فقال رجل: يا رسول الله، اعْدِلْ، فقال: "وَيْلَكَ ومَنْ يَعْدِلُ إذا لم أَعْدل؟ لقد خِبت إن لم أكن أعدل" فقال عمر: يا رسول اللّه دعني أقتل هذا المنافق، فقال: "معاذ اللّه أن يتحدَّثَ الناس أني أقتل أصحابي، إن هذا وأصحابه يقرؤون القرآن لا يجاوز حناجرهم، أو تراقيهم، يمرقون من الدين مروق (٢) السهم من الرمية" . وقال أحمد (٣) : حَدَّثَنَا علي بن عياش، حَدَّثَنَا إسماعيل بن عياش، حدَّثني يحيى بن سعيد، أخبرني أبو الزبير (قال) : سمعت جابرًا يقول: بصر عيني وسمع أذني رسول الله ﷺ بالجِعِرانَة وفي ثوب بلال فضة ورسول الله ﷺ يقبضها للناس يعطيهم، فقال رجل: اعدل فقال: "وَيْلكَ مَنْ يَعدلُ إذا لم أكن أَعْدِلُ؟ " فقال عمر (بن الخطاب) : دعني أقتلْ هذا المنافقَ الخبيثَ، فقال رسول الله ﷺ : "معاذ اللّه أن يتحدثَ الناسُ أني أقتلُ أصحابي، هذا وأصحابه يقرؤون القرآن لا يجاوزُ تراقيهم، يمرقون من الدين كما يمرق السهم من الرمية" . ثم رواه أحمد (٤) عن أبي المغيرة، عن معاذ بن رفاعة، حَدَّثَنَا أبو الزبير، عن جابر (بن عبد اللّه) قال: لما قسم رسول اللّه ﷺ غنائم هوازن بالجِعرّانة قام رجل من بني تميم فقال: اعدلْ يا محمد فقال: "ويلك ومَنْ يعدلُ إن لم أعدل؛ لقد خبتُ وخسرتُ إن لم أعْدِلْ" . قال: فقال عمر: يا رسول الله ألا أقوم فأقتلُ هذا المنافق؟ قال: "معاذ الله أن تتسامع الأمم أن محمدًا يقتل أصحابه، ثم قال رسول الله ﷺ : " إن هذا وأصحابه له يقرؤون القرآن لا يجاوز تراقيهم، يمرقون من الدين كما يمرق المرماة (٥) من الرمية" قال معاذ: فقال لي أبو الزبير: فعرضت هذا الحديث على الزهري فما خالفني فيه إِلَّا أنه قال النضي (٦) قلت القدح قال: ألست رجلًا عربيًا (٧) ؟. وقد رواه مسلم (٨) عن محمد بن رُمْح، عن اللَّيث. وعن محمد بن المُثَنَّى، عن عبد الوهاب الثقفي. وأخرجه النسائي من حديث الليث ومالك بن أنس كلهم عن يحيى بن سعيد الأنصاري به بنحوه.
(١) في المسند: جئت. (٢) في أ: كما يمرق، وما هنا كالمسند. (٣) مسند الإمام أحمد (٣/ ٣٥٤)، وإسناده حسن من أجل إسماعيل بن عياش، والحديث صحيح. (٤) مسند الإمام أحمد (٣/ ٣٥٥). (٥) في ط: كما يمرق السهم، وما هنا كالمسند. (٦) في الأصول والمطبوع: النضو، وقلت، وهو خطأ، والتصحيح من المسند. (٧) في أ: فقال ألست رجلًا غريبًا. وفي المسند: ألست برجل عربي. (٨) صحيح مسلم (١٠٦٣) (١٤٢) في الزكاة.

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