Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abd Allâh ibn Aḥmad a également rapporté (1) : « Ḥajjâj ibn Yūsuf al-Shâʿir nous raconta : ʿAbd al-Ṣamad ibn ʿAbd al-Wârith m’a raconté, d’après Yazīd ibn Abī Ṣāliḥ, que Abū al-Waḍīʾ ʿAbbâd l’informa en ces termes : “Nous étions en train de retourner (2) à Kūfa avec ʿAlī ibn Abī Ṭâlib. Lorsque nous fûmes à deux ou trois journées de marche de Ḥarūrāʾ, beaucoup de gens s’écartèrent de nous. Nous en fîmes part à ʿAlī qui dit : ‘Ne soyez pas alarmés par leur attitude, car ils reviendront.’ Puis il rapporta le récit (dans son intégralité).” » Il est ensuite dit : « ʿAlī (ibn Abī Ṭâlib) loua Dieu et dit : “Mon ami [le Prophète] m’a informé que le chef de ces gens aura un bras atrophié et, sur le téton de sa poitrine, quelques poils semblables à une queue de gerboise.” Ils se mirent donc à le chercher (mais ne le trouvèrent pas). Nous revînmes alors vers lui et lui dîmes : ‘Nous ne l’avons pas trouvé.’

[ʿAlī dit : ‘Cherchez-le, par Dieu, je n’ai pas menti ni n’ai été trompé.’ Il le répéta trois fois. Puis nous dîmes : ‘Nous ne l’avons pas trouvé.’ Alors ʿAlī se rendit lui-même sur place.]

(3) ʿAlī se mit à dire : “Retournez celui-ci, retournez celui-là…” jusqu’à ce qu’un homme de Kūfa arriva et dit : “Le voilà !” ʿAlī s’exclama : “Dieu est plus grand ! Personne ne vous dira qui est son père.” Les gens répétèrent : “C’est Mâlik, c’est Mâlik (4).” ʿAlī demanda : “Le fils de qui est-il ?”

Toujours selon ʿAbd Allâh ibn Aḥmad (5) : « Ḥajjâj ibn al-Shâʿir nous rapporta : ʿAbd al-Ṣamad ibn ʿAbd al-Wârith m’a raconté, d’après Yazīd ibn Abī Ṣāliḥ, qu’Abū al-Waḍīʾ ʿAbbâd l’informa en ces termes : “Nous étions en train de retourner (6) à Kūfa avec ʿAlī.” Puis il mentionna l’histoire au sujet de l’homme au bras atrophié. ʿAlī déclara : “Par Dieu, je n’ai pas menti ni n’ai été trompé, et cela trois fois.” Puis il dit : “Mon ami m’a en effet informé qu’il y avait trois frères parmi les djinns : celui-ci est le plus âgé, le second possède une troupe nombreuse et le troisième est faible.” »

Ce récit présente une très grande (et [très] forte) singularité. Il est possible que celui qui avait le « petit sein » (dhû al-thadiyya) soit des djinns, voire un diable, qu’il soit un diable parmi les humains ou parmi les djinns, si ce récit est avéré, et Dieu le Très-Haut sait mieux.

Ce qui importe, c’est que les diverses voies de transmission de ce récit, rapportées de ʿAlī, sont multiples et concordent ; elles ont été transmises par des groupes divers qu’on ne peut soupçonner de s’être concertés pour inventer ce récit. Ainsi, l’essentiel de cette histoire est retenu (7), même si quelques divergences de formulations se trouvent parmi les narrateurs. Toutefois, son sens et son fond, sur lesquels s’accordent les récits, sont authentiques et ne font pas de doute : ʿAlī le rapportait du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix), lequel avait décrit (8) les Khârijites et [donné la description] de celui qu’on appelle Dhû al-Thadiyya, signe distinctif d’entre eux.

Par ailleurs, ce récit a également été transmis par plusieurs Compagnons (en dehors de ʿAlī), comme on peut le voir à travers leurs chaînes et leurs formulations. Et c’est en Dieu [que nous plaçons notre confiance].

(1) Musnad de l’Imām Aḥmad (1/140) et sa chaîne de transmission est ḥasan (bonne). (2) Dans le Musnad : deux versions. (3) Addition provenant du Musnad. (4) Dans la variante A : « malak » (a possédé), et la version correcte est celle du Musnad imprimé. (5) Musnad de l’Imām Aḥmad (1/141). (6) Dans le Musnad : deux versions. (7) Dans la variante A : « et le fond de l’histoire est préservé ». (8) Dans la variante A : « il lui a rapporté ».
قال عبد اللّه بن أحمد أيضًا (١) : حَدَّثَنَا حجاج بن يوسف الشاعر، حدَّثني عبد الصمد بن عبد الوراث، حَدَّثَنَا يزيدُ بن أبي صالح أن أبا الوضيء عبادًا حدّثه أنه قال: كنَّا عائدين (٢) إلى الكوفة مع علي بن أبي طالب، فلما بلغنا مسيرة ليلتين أو ثلاثًا من حروراء شذَّ منا ناسٌ كثيرون، فذكرنا ذلك لعلي فقال: لا يهولنكم أمرهم فإنهم سيرجعون، فذكر الحديث (بطوله) قال: فحمد اللّهَ علي (بن أبي طالب) وقال: إنَّ خليلي أخبرني "أن قائد هؤلاء مُخْدَج اليد على حلمة ثديه شعراتٌ كأنهن ذنب اليربوع" فالتمسوه (فلم يجدوه) فأتيناه فقلنا: (إنا لم نجده) [فقال: التمسوه، فواللّه ما كذبت ولا كُذبت، ثلاثًا فقلنا: لم نجده فجاء علي بنفسه] (٣) فجعل يقول: اقلبوا ذا، اقلبوا ذا؟ حتى جاء رجل من أهل الكوفة فقال: هو ذا؛ فقال علي: اللّه أكبر، لا يأتيكم أحد يخبركم من أبوه، فجعل الناس يقولون: هذا مالك، هذا مالك (٤) ، فقال علي: ابن مَنْ؟ وقال عبد اللّه بن أحمد أيضًا (٥) : حدَّثني حجاج بن الشاعر، حدَّثني عبد الصمد بن عبد الوارث، حَدَّثَنَا يزيد بن أبي صالح أنَّ أبا الوضيء عبادًا حدثه قال: كنّا عائدين (٦) إلى الكوفة مع علي، فذكر حديث المُخْدَج قال علي: فواللّه ما كَذَبتُ ولا كُذِبتُ ثلاثًا، ثم قال علي: أما أن خليلي أخبرني بثلاثة إخوة من الجن، هذا أكبرهم، والثاني له جمع كثير، والثالث فيه ضعف. وهذا السياق فيه غرابة [شديدة] جدًّا. وقد يمكن أن يكون ذو الثدية من الجن؟ بل هو من الشياطين إما شياطين الإنس أو شياطين الجن، إن صح هذا السياق، واللّه تعالى أعلم. والمقصود أن هذه طرق متواترة عن علي؛ إذ قد روي من طرق متعددة عن جماعة متباينة لا يمكن تواطؤهم على الكذب، فأصل القصة محفوظ (٧) وإن كان بعض الألفاظ وقع فيها اختلاف بين الرواة ولكن معناها وأصلها الذي تواطأت الروايات عليه صحيح لا يُشك فيه عن علي أنه رواه عن رسول اللّه ﷺ أنه أخبر (٨) عن صفة الخوارج و [صفة] ذي الثدية الذي هو علامة عليهم. وقد روي ذلك من طريق جماعة من الصحابة (غير علي كما تراها بأسانيدها وألفاظها وباللّه
(١) مسند الإمام أحمد (١/ ١٤٠) وإسناده حسن. (٢) في المسند: عامدين. (٣) زيادة من المسند. (٤) في أ: ملك، والصحيح من المسند والمطبوع. (٥) مسند الإمام أحمد (١/ ١٤١). (٦) في المسند: عامدين. (٧) في أ: وأصل القصة محفوظة. (٨) في أ: أخبره.

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