« Quant à ‘Anaza, il ne s’agit pas qu’ils soient les descendants de ‘Anaza ibn Asad ibn Rabî‘a ibn Nizâr ibn Ma‘add ibn ‘Adnân, car ces derniers sont venus bien après lui, et Dieu sait mieux.
Dans le hadith rapporté par Abû Dharr, figurant dans le Sahîh d’Ibn Hibbân et traitant des Prophètes et des Messagers, on trouve ces paroles : « Quatre (prophètes) sont arabes : Hûd, Sâlih, Shu‘ayb et ton Prophète, ô Abû Dharr » (1).
Certains pieux prédécesseurs appelaient Shu‘ayb “l’orateur des Prophètes” pour souligner son éloquence, la force de sa formulation et sa grande maîtrise du discours lorsqu’il appelait son peuple à croire en son message. Ibn Isḥâq ibn Bishr rapporta — d’après Juwair et Muqâtil, eux-mêmes d’après ḍaḥḥâk, lequel tenait de Ibn ‘Abbâs — que lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) mentionnait Shu‘ayb, il disait : « Voilà l’orateur des Prophètes » (2).
Le peuple de Madyan était composé de mécréants qui coupaient les routes, effrayaient les voyageurs et adoraient l’ayka, un arbre entouré d’un fourré dense (3). Ils étaient, parmi les hommes, connus pour leurs pires pratiques commerciales : ils faussaient la mesure et le poids, prenaient plus que la juste part et versaient moins que le dû. Alors Dieu leur envoya un homme issu d’eux, Son Messager Shu‘ayb (– paix sur lui –), qui les appela à n’adorer que Dieu, sans associé, et leur interdit ces agissements répréhensibles, à savoir s’approprier indûment le bien d’autrui et effrayer les passants sur les routes. Une partie d’entre eux crut en lui, mais la plupart persistèrent dans leur mécréance, si bien que Dieu fit fondre sur eux un châtiment terrible. Il est, en vérité, le Protecteur, le Digne de louange. Ainsi Il a dit :
« Et (Nous avons envoyé) à Madyan leur frère Shu‘ayb : “Ô mon peuple, adorez Dieu ! Vous n’avez pas de divinité en dehors de Lui. Une preuve évidente vous est venue de votre Seigneur.” » [al-A‘râf : 85]
C’est-à-dire un signe, un argument manifeste et une preuve irréfutable attestant la véracité de ce qu’il apportait et du fait qu’il était bien envoyé (par Dieu), à travers des miracles réalisés par sa main, dont la description détaillée ne nous est pas parvenue, mais que suggèrent les termes du verset. Il leur dit :
« Donnez la pleine mesure et le (juste) poids et ne diminuez pas aux gens le prix de leurs biens. Ne semez pas la corruption sur la terre après qu’elle eut été réformée. » [al-A‘râf : 85]
Il leur ordonna la justice et leur interdit l’injustice, les menaçant (4) de sanction s’ils allaient à l’encontre de cet ordre. Et il poursuivit :
« Cela est meilleur pour vous si vous êtes croyants. Et ne vous tenez pas sur tout chemin (pour) menacer », c’est-à-dire pour dépouiller les gens ou leur soutirer des taxes illicites et semer la peur sur les routes [al-A‘râf : 85-86].
As-Suddî rapporte dans son tafsîr (commentaire), au nom des Compagnons, que le verset : « Et ne vous tenez pas sur tout chemin (pour) menacer » fait allusion au fait qu’ils prélevaient la dîme sur les biens de ceux qui passaient par là.»