Ce (1) hadith. La faiblesse de ce hadith provient de Zakarîyâ ibn Yahyâ, le Kindi al-Himyari, l’aveugle, au sujet duquel Ibn Maʻîn a dit : « Il n’est rien. »
[Mention] de la sortie des Khâridjites depuis Koufa, de leur opposition à ‘Alî [par hostilité et dissidence], de la guerre qu’il leur livra, et de ce qui a été rapporté à ce propos dans les hadiths.
Lorsque ‘Alî dépêcha Abû Mûsâ et l’armée qui l’accompagnait à Dûmat al-Jandal, la rébellion des Khâridjites se fit plus vive ; ils intensifièrent leur condamnation de ‘Alî et proclamèrent ouvertement son mécréance. Deux d’entre eux vinrent à lui : Zur‘a ibn al-Burr (al-Tâ’î) (2) et Hurqûs ibn Zuhayr al-Sa‘dî. Ils dirent : « Il n’y a de jugement que celui de Dieu. » ‘Alî répondit : « [Oui,] il n’y a de jugement que celui de Dieu. »
Hurqûs reprit alors : « Repens-toi [devant Dieu] de ta faute [et reviens sur ta décision], puis viens avec nous vers notre ennemi, afin que nous le combattions jusqu’à ce que nous rencontrions notre Seigneur. » ‘Alî leur dit : « Je vous avais déjà appelés à faire cela, mais vous avez refusé. Nous avons rédigé un pacte et conclu des engagements entre nous et ces gens. Or Dieu — qu’Il soit exalté — a dit : « Et remplissez l’alliance de Dieu, quand vous avez conclu un engagement » (an-Nahl : 91). »
Hurqûs répliqua : « C’est un péché dont tu dois te repentir. » ‘Alî répondit : « Ce n’est pas un péché, mais plutôt un manque de clairvoyance. Je vous avais déjà prévenus de ce qui allait advenir et je vous en avais dissuadés. » Zur‘a ibn al-Burr dit : « Par Dieu, ô ‘Alî ! Si tu ne cesses pas de recourir au jugement des hommes au sujet du Livre de Dieu, je te combattrai, recherchant ainsi la miséricorde de Dieu et Son agrément (3). » ‘Alî dit : « Malheur à toi ! Comme tu es infortuné ! Je te vois déjà gisant, le vent soufflant sur ton corps. » Il répondit : « Puissé-je déjà être dans cet état ! » ‘Alî lui dit : « Si tu étais dans le vrai, la mort te servirait de réconfort dans ce monde, mais Satan vous a égarés. » Ils le quittèrent alors afin de convenir [de leurs plans], divulguèrent ces propos, l’affirmèrent ouvertement, et s’en prirent à ‘Alî publiquement, y compris pendant son sermon (4) en l’injuriant et en se servant de passages du Coran pour l’attaquer par allusions.
En effet, ‘Alî s’était levé, un jour de grande assemblée, pour prononcer un sermon durant lequel il évoqua la question des Khâridjites et la condamna fermement. Plusieurs d’entre eux se levèrent alors, répétant chacun : « Il n’y a de jugement que celui de Dieu. » Un homme d’entre eux plaça même ses doigts dans ses oreilles et récita : « Il t’a été révélé, ainsi qu’à ceux qui t’ont précédé : si tu associes (d’autres à Dieu), ton œuvre sera certes vaine et tu seras du nombre des perdants » (az-Zumar : 65). Depuis sa chaire, ‘Alî agitait alors les mains de part et d’autre en disant : « Nous attendons à votre égard le jugement de Dieu. » Puis il poursuivit : « Vous avez droit à ce que nous ne vous interdisions pas [l’accès à nos mosquées tant que vous ne nous attaquerez pas, que nous ne vous privions pas de votre part du butin tant que vos mains demeurent avec les nôtres, et à ce que nous ne vous combattions pas] tant que vous ne nous combattez pas. »
Abû Mikhnaf (5), citant ‘Abd al-Malik ibn Abî Hurra (6), rapporte que lorsque ‘Alî envoya Abû Mûsâ pour mettre en œuvre l’arbitrage, un groupe se rassembla