‘Abd al-Raḥmān ibn al-Ḥārith ibn Hishām al-Makhzūmī, ‘Abd al-Raḥmān ibn ‘Abd Yaghūth az-Zuhrī et Abū Juham ibn Ḥudhayfa. Certains ont prétendu que Sa‘d ibn Abī Waqqās avait également assisté à cette réunion, tandis que d’autres ont nié sa présence.
Ibn Jarīr (1) rapporte qu‘Umar ibn Sa‘d se rendit auprès de son père, qui se trouvait alors à un point d’eau appartenant aux Banū Sulaym dans le désert, où il s’était retiré. ‘Umar lui dit : « Ô mon père, sans doute as-tu appris ce qui est arrivé aux gens à Ṣiffīn. Les gens ont désigné Abū Mūsā al-Ash‘arī et ‘Amr ibn al-‘Āṣ comme arbitres, et quelques hommes de Qurayš ont été présents. Assiste à cela, car tu es un Compagnon du Messager de Dieu (ﷺ) et l’un des membres de la šūrā. Tu ne t’es engagé dans rien de ce que la communauté a réprouvé ; présente-toi, car tu es la personne la plus digne du califat. » Il répondit : « Je ne le ferai pas ! En effet, j’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : “Il surviendra une discorde ; le meilleur des gens y sera celui qui demeure discret et pieux.” Par Dieu, je ne prendrai plus jamais part à quoi que ce soit de cette affaire. »
L’imam Aḥmad (2) a dit : « Nous a rapporté Abū Bakr al-Ḥanafī ‘Abd al-Kabīr ibn ‘Abd al-Majīd, qui nous a rapporté Bukayr (3) ibn Mismār, d’après ‘Āmir ibn Sa‘d : son frère ‘Umar partit auprès de Sa‘d, lequel se trouvait dans son troupeau de brebis en dehors de Médine. Lorsque Sa‘d l’aperçut, il déclara : “Je me réfugie auprès de Dieu contre le mal que pourrait apporter ce cavalier.” Quand ‘Umar l’eut rejoint, il nous raconta : “Ô mon père, te satisfais-tu d’être un bédouin au milieu de tes brebis, tandis que les gens se disputent la royauté à Médine ?” Sa‘d frappa alors la poitrine de ‘Umar et lui dit : “Tais-toi ! J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : ‘Dieu aime l’adorateur pieux, nanti et discret.’” » C’est ainsi que Muslim le rapporte aussi dans son Ṣaḥīḥ (4).
Aḥmad (5) a également déclaré : « Nous a rapporté ‘Abd al-Malik ibn ‘Amr, qui nous a rapporté Kathīr ibn Zayd al-Aslamī, d’après al-Muṭṭalib, d’après ‘Umar ibn Sa‘d, d’après son père : Celui-ci reçut la visite de son fils ‘Āmir, qui lui dit : “Ô mon père, les gens s’entretuent (6) pour ce bas monde, et toi, tu restes là (7) ?” Et il répondit : “Ô mon fils, m’ordonnes-tu d’être à la tête d’une discorde ? Non, par Dieu ! Tant qu’on ne me donnera pas une épée qui, si je frappe un croyant, ne l’entame pas, et si je frappe un mécréant, le tue. J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : ‘Dieu aime le nanti discret et pieux.’” » Ce récit a un sens différent du premier. Il apparaît qu‘Umar ibn Sa‘d s’était entendu avec son frère ‘Āmir pour convaincre leur père d’assister à l’arbitrage, espérant que l’on renoncerait à Mu‘āwiyya et à ‘Alī pour le nommer à leur place. Mais Sa‘d refusa catégoriquement et s’en tint à ce qu’il possédait de mesure et de discrétion, conformément à ce qui est établi dans le Ṣaḥīḥ de Muslim (8) : « A certes réussi celui qui a embrassé l’islam, qui reçoit ce qu’il lui faut pour vivre et se satisfait de ce que Dieu lui a attribué. » Quant à ‘Umar ibn Sa‘d, il aimait le pouvoir et le gouvernement temporel, si bien qu’il ne cessa de poursuivre ce dessein jusqu’à devenir lui-même gouverneur