Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Jarir (1) rapporta qu’Ali se rendit lui-même auprès du reste d’entre eux et ne cessa de débattre avec eux jusqu’à ce qu’ils rentrent avec lui à Koufa, un jour de l’Aïd al-Fitr ou de l’Aïd al-Adha (le narrateur hésitait à ce sujet). Ensuite, ils se mirent à l’interpeller dans leurs propos, à l’insulter et à donner de nouvelles interprétations à ses dires (2).

Ach-Chafi‘î (qu’Allah lui fasse miséricorde) rapporta qu’un homme parmi les Khâridjites s’adressa à ‘Ali alors qu’il priait, en récitant : « Si tu associes [d’autres à Dieu], tes œuvres seront certainement réduites à néant, et tu seras assurément du nombre des perdants » [Az-Zumar, 65]. Alors ‘Ali récita : « Patiente ! La promesse de Dieu est vraie. Et que ceux qui ne croient pas ne te fassent point vaciller » [Ar-Roum, 60].

Ibn Jarir (4) mentionna également que ces propos furent en réalité prononcés alors que ‘Ali prononçait le sermon, et non pas pendant la prière. Il rapporta encore qu’un jour, pendant qu’il prêchait, un homme des Khâridjites se leva et s’écria : « Ô ‘Ali ! Tu as associé des hommes dans la Religion de Dieu. Il n’y a de jugement que celui de Dieu ». Alors ils furent nombreux à crier, de tous côtés : « Pas de jugement si ce n’est celui de Dieu, pas de jugement si ce n’est celui de Dieu ». ‘Ali dit alors : « C’est une parole vraie par laquelle on veut un but mensonger ». Puis il ajouta : « Nous avons envers vous l’obligation de ne pas vous priver du butin tant que vos mains seront parmi les nôtres, de ne pas vous interdire l’accès aux Mosquées de Dieu et de ne pas vous attaquer en premier par les armes tant que vous ne nous attaquez pas ». Après cela, ils sortirent définitivement de Koufa et se rassemblèrent à An-Nahrawân, comme nous le mentionnerons après l’arbitrage des deux juges.

Réunion des deux arbitres, Abou Mousa (6) et ‘Amr ibn Al-‘Âs, à Dûmat Al-Jandal : cet événement eut lieu à Dûmat Al-Jandal, à Azhroh, qui se trouve à mi-chemin (entre Koufa et la Syrie, à neuf étapes de chacune). Ce fut au mois de Ramadan, comme ils l’avaient convenu le jour de l’arbitrage à Siffîn. Al-Wâqidî (7) dit qu’ils se réunirent plutôt en Cha‘bân. En effet, à l’approche de Ramadan, ‘Ali (qu’Allah l’agrée) envoya quatre cents cavaliers sous la direction de Churayh ibn Hânî, accompagnés d’Abou Mousa et d’Abdallah ibn ‘Abbâs — sur lui la prière et la paix. De son côté, Mu‘âwiyah envoya ‘Amr ibn Al-‘Âs à la tête de quatre cents cavaliers du Shâm, parmi lesquels se trouvait ‘Abdallah ibn ‘Amr (8). Ils se retrouvèrent donc à Dûmat Al-Jandal, à Azhroh. Assistaient également à cela plusieurs notables, tels qu’Abdallah ibn ‘Umar ibn Al-Khattâb, Abdallah ibn Az-Zubayr et Al-Mughîrah ibn Shu‘bah.

(1) Histoire de Ṭabarī (vol. 5, p. 72). (2) Dans A : « puis ils lui présentent ensuite ». (3) Dans T : « sa parole ». (4) Histoire de Ṭabarī (vol. 5, p. 73). (5) Dans A : « je voulais », et dans l’Histoire de Ṭabarī : « il cherche ». (6) Dans A : description de la réunion des deux juges, qui sont Abū Mūsā al-Ash‘arī. (7) Histoire de Ṭabarī (vol. 71, p. 5). (8) Dans T : « ibn ‘Umar » ; erreur.
وذكر ابن جرير (١) : أن عليًا خرج بنفسه إلى بقيتهم فلم يزل يناظرهم حتى رجعوا معه إلى الكوفة وذلك يوم عيد الفطر أو الأضحى شك الراوي في ذلك، ثم جعلوا يعرضون (٢) له في الكلام ويسمعونه شتمًا ويتأولون بتأويل في أقواله (٣) . قال الشافعي (رحمه الله) : قال رجل من الخوارج لعلي وهو في الصلاة: ﴿لَئِنْ أَشْرَكْتَ لَيَحْبَطَنَّ عَمَلُكَ وَلَتَكُونَنَّ مِنَ الْخَاسِرِينَ﴾ [الزمر: ٦٥] فقرأ علي: ﴿فَاصْبِرْ إِنَّ وَعْدَ اللَّهِ حَقٌّ وَلَا يَسْتَخِفَّنَّكَ الَّذِينَ لَا يُوقِنُونَ﴾ [الروم: ٦٠] . وقد ذكر ابن جرير (٤) أن هذا [الكلام إنما قاله] وعلي في الخطبة [لا في الصلاة] . وذكر ابن جرير أيضًا أن عليًا بينما هو يخطب يومًا إذ قام إليه رجل من الخوارج فقال: يا علي أشركت في دين الله الرجال ولا حكم إلَّا لله، فتنادوا من كل جانب لا حكم إلَّا لله، لا حكم إلَّا لله، فجعل علي يقول: هذه كلمة حق يراد (٥) بها باطل، ثم قال: إن لكم علينا أن لا نمنعكم فيئًا ما دامت أيديكم معنا، وأن لا نمنعكم مساجد الله، وأن لا نبدأكم بالقتال حتى تبدؤونا ثم إنهم خرجوا بالكلية عن الكوفة وتحيزوا إلى النهروان على ما سنذكره بعد حكم الحكمين. اجتماع الحكمين أبي موسى (٦) وعمرو بن العاص بدومة الجندل و [كان] ذلك في شهر رمضان كما تشارطوا عليه وقت التحكيم بصفين، وقال الواقدي (٧) : اجتمعوا في شعبان. وذلك أن عليًا (رضي الله عنه) لما كان مجيء رمضان بعث أربعمئة فارس مع شريح بن هانئ، ومعهم أبو موسى، وعبد الله بن عباس، وإليه الصلاة، وبعث معاوية عمرو بن العاص في أربعمئة فارس من أهل الشام ومنهم عبد الله بن عمرو (٨) ، فتوافوا بدومة الجندل بأذرح - وهي نصف [المسافة] بين الكوفة والشام، بينها وبين كل من البلدين تسع مراحل - وشهد [ذلك] معهم جماعة من رؤوس الناس، كعبد الله بن عمر [بن الخطاب] ، وعبد الله بن الزُّبير، والمغيرة بن شعبة،
(١) تاريخ الطبري (٥/ ٧٢). (٢) في أ: ثم جعلوا بعد ذلك يعرضون له. (٣) في ط: قوله. (٤) تاريخ الطبري (٥/ ٧٣). (٥) في أ أريد، وفي تاريخ الطبري: يلتمس. (٦) في أ صفة اجتماع الحكمين وهما أبو موسى الأشعري. (٧) تاريخ الطبري (٧١/ ٥). (٨) في ط: بن عمر؛ خطأ.

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