Les gens d’Irak étaient aux côtés de Muʿâwiya et les gens du Shâm (1). (1)
Voici la liste de ceux qui témoignèrent de cet arbitrage (2) dans l’armée de ʿAlî : ʿAbd Allâh b. ʿAbbâs, al-Ashʿath b. Qays al-Kindî, Saʿîd b. Qays al-Hamdânî, ʿAbd Allâh b. al-Ṭufayl (al-Maʿfarî), Ḥujr b. ʿAdî al-Kindî, Wurqâʾ b. Sumay al-ʿAjlî, ʿAbd Allâh b. Bilâl al-ʿAjlî, ʿUqbah b. Ziyâd al-Anṣârî, Yazîd b. Jaḥfah al-Tamîmî et Mâlik b. Kaʿb al-Hamdânî. Ceux-là sont dix.
Quant aux Syriens, ils étaient aussi dix : Abû al-Aʿwar al-Sulamî, Ḥabîb b. Maslamah, ʿAbd al-Raḥmân b. Khâlid b. al-Walîd, Mukhrâq b. al-Ḥârith al-Zubaydî, Wâʾil b. ʿAlqamah (5) al-ʿAdawî, ʿAlqamah b. Yazîd al-Ḥaḍramî, Ḥamzah b. Mâlik al-Hamdânî, Subayʿ (6) b. Yazîd al-Ḥaḍramî, ʿUtbah b. Abî Sufyân — le frère de Muʿâwiya — et Yazîd b. al-Ḥurr al-ʿAbsî.
Al-Ashʿath b. Qays sortit alors avec ce document, le lisant devant la foule et le soumettant aux deux groupes. Puis chacun entreprit d’enterrer ses morts. Al-Zuhrî déclara : « Il m’est parvenu qu’on déposait cinquante personnes dans chaque tombe. » ʿAlî avait capturé un groupe des gens du Shâm ; lorsqu’il se prépara à repartir [de Ṣiffîn], il les libéra. Il y avait en outre un nombre égal ou proche de captifs [dont s’étaient emparés les Syriens]. Muʿâwiya avait résolu (8) de les exécuter, pensant (9) qu’ʿAlî avait tué ceux qu’il avait faits prisonniers. Mais lorsque lui parvinrent ceux que ʿAlî avait relâchés (10), Muʿâwiya relâcha lui aussi ceux qu’il détenait.
On rapporte qu’un homme appelé ʿAmr b. Aws, de la tribu des Azd, se trouvait parmi les captifs et que Muʿâwiya voulait le tuer. Il lui dit : « Fais-moi grâce, car tu es mon oncle maternel. » Muʿâwiya lui répliqua : « Malheur à toi ! Comment serais-je ton oncle maternel ? » L’autre expliqua : « Umm Ḥabîba, l’épouse du Messager de Dieu (ﷺ), est la Mère des croyants ; je suis son fils, et toi, tu es son frère : tu es donc mon oncle maternel. » Muʿâwiya trouva cela plaisant et le libéra.
ʿAbd al-Raḥmân b. Ziyâd b. Anʿam, évoquant les gens de Ṣiffîn, dit : « C’étaient des Arabes qui se connaissaient depuis l’époque antéislamique. Ils se sont affrontés en Islam avec leur ardeur tribale et les principes de la religion, tenant bon par honte de fuir. Quand ils se retrouvaient dans l’impasse, les uns pénétraient dans le camp des autres (et inversement), afin de récupérer leurs morts et de les enterrer. » Al-Shaʿbî déclara : « Ils sont les gens du Paradis : ils se sont rencontrés sans que personne ne prenne la fuite devant son adversaire. »