Ibn Dizil déclara : « Abd Allâh ibn ‘Umar nous a rapporté : “Abd Allâh ibn Kharrâch ash-Shaybânî, d’al-‘Awâm ibn Hawchab, d’Ibrâhîm at-Taymî (1), a relaté que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : ‘La meule de l’Islam tournera au moment du meurtre d’un homme issu des Banû Umayya’ – c’est-à-dire ‘Uthmân (qu’Allâh l’agrée).” »
Il dit aussi : « Al-Hakam nous a rapporté, d’après Nâfi‘, d’après Safwân ibn ‘Amr, d’après des anciens, que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) fut appelé pour la prière funéraire d’un homme parmi les Anṣâr. Alors qu’il était assis à l’attendre, il dit : “Que ferez-vous lorsque vous verrez deux califes (2) en Islam ?” Abû Bakr (3) demanda : “Cela se produira-t-il dans une communauté dont le Dieu est unique et le Prophète unique ?” Le Prophète répondit : “Oui.” Abû Bakr reprit : “Alors, ô Messager de Dieu, vivrai-je assez longtemps pour le voir ?” Il répondit : “Non.” ‘Umar demanda à son tour : “Et moi, ô Messager de Dieu, le verrai-je ?” Il répondit : “Non.” Puis ‘Uthmân demanda : “Et moi, ô Messager de Dieu, le verrai-je ?” Il répondit : “Oui, c’est à cause de toi qu’éclatera la guerre.” » (4)
On rapporte aussi qu’un jour, ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb demanda à Ibn ‘Abbâs : « Comment se peut-il qu’ils divergent alors qu’ils n’ont qu’un Dieu, qu’un Livre et qu’une seule religion (5) ? » Ibn ‘Abbâs répondit : « Il viendra des gens qui ne comprendront pas le Coran comme nous le comprenons (6) ; ils divergeront donc à son sujet, puis, du fait de leur divergence, ils se combattront. » ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb reconnut la véracité de ces propos.
Et il raconta encore : « Abû Nu‘aym nous a rapporté, d’après Sa‘îd ibn ‘Abd ar-Raḥmân — le frère d’Abû Ḥamza —, d’après Muḥammad ibn Sîrîn, qui dit : “Lorsque ‘Uthmân fut tué, ‘Adî ibn Ḥâtim s’écria : ‘Pas deux chèvres ne se heurteront à propos de son meurtre’ (7). Mais lors de la bataille de Ṣiffîn, il perdit un œil ; on lui répéta alors sa phrase : ‘Pas deux chèvres ne se heurteront à propos de son meurtre’ (8). Il répondit : ‘Si, et de nombreux yeux seront crevés.’” »
On rapporte de Ka‘b al-Aḥbâr qu’il passa à Ṣiffîn et, en voyant ses pierres, il affirma : « À cet endroit, les Enfants d’Israël se sont affrontés neuf fois. Et les Arabes s’y affronteront pour la dixième fois, au point qu’ils se lanceront des mêmes pierres avec lesquelles les Enfants d’Israël s’étaient jadis attaqués, et ils se décimeront comme leurs prédécesseurs l’ont fait. » (9)