Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Haytham ibn ‘Adiyy (1) a mentionné dans son ouvrage qu’il avait composé au sujet des kharijites, en disant : Ibn ‘Abbâs déclara : (2) « Muhammad ibn al-Muntashir al-Hamdânî m’a raconté, d’après le témoignage de ceux qui assistèrent à la bataille de Siffîn et de plusieurs chefs kharijites jugés dignes de confiance (3), que ‘Ammâr ibn Yâsir désapprouva cette proposition et la refusa, prononçant ensuite à l’égard de ‘Alî certaines paroles que je préfère ne pas rapporter. Puis il dit : “Qui veut se porter vers Dieu avant d’en appeler à un autre juge que Dieu ?” Il chargea donc et combattit jusqu’à ce qu’il fût tué, que la miséricorde de Dieu soit sur lui. »

Ce jour-là, parmi les notables du Shâm, ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âs se leva devant les gens d’Irak pour les inviter à la trêve, à s’abstenir de combattre et à se référer à ce qui est prescrit dans le Coran, suivant en cela l’ordre que Mu‘âwiyah lui avait donné (4). Quant à ceux qui conseillèrent à ‘Alî d’accepter et de s’associer à cette démarche, on y comptait al-Ash‘ath ibn Qays al-Kindî.

Abû Mikhnaf (5) rapporte, selon une autre version, qu’alors qu’‘Alî envoya un émissaire à al-Ashtar, il lui expliqua : « Dis-lui que ce n’est pas le moment de me faire quitter ma position ; j’espère en effet que Dieu m’accordera la victoire, alors ne me presse pas. » Le messager, Yazîd ibn Hânî’, revint informer ‘Alî des propos d’al-Ashtar (6), et celui-ci insista pour continuer à combattre afin de tirer avantage de la situation. Mais le tumulte s’éleva et les voix grondèrent si bien que certains interpellèrent ‘Alî : « Par Dieu, nous pensons que tu lui as tout simplement ordonné de se battre ! » Il leur répondit : « M’avez-vous vu parler en secret avec mon messager (7) ? Ne l’ai-je pas envoyé au grand jour tandis que vous écoutiez ? » Ils répliquèrent : « Eh bien, renvoie-lui l’ordre de revenir auprès de toi ; autrement, par Dieu, nous t’abandonnerons. »

‘Alî dit alors à Yazîd ibn Hânî’ : « Malheur à toi ! Dis-lui de revenir à moi, car la discorde s’est allumée. » Quand Yazîd ibn Hânî’ alla trouver al-Ash‘tar et lui transmit l’ordre de l’Émir des croyants de se retirer du combat pour le rejoindre (en renonçant à combattre), al-Ash‘tar répugnait à s’y soumettre (8) en déclarant : « Malheur à toi ! Ne vois-tu pas que nous sommes sur le point de vaincre ? Il ne reste plus qu’un rien pour achever notre victoire ! » Je lui dis : « Que préfères-tu : obéir et revenir, ou bien voir l’Émir des croyants tué comme le fut ‘Uthmân ? Que te servirait alors ta victoire ici-bas ? » Al-Ash‘tar consentit donc à revenir vers ‘Alî et s’écria : « Ô gens d’Irak, ô vous qui êtes faibles et lâches (9) ! Alors même que vous preniez l’avantage et que l’ennemi se croyait sur le point d’être vaincu, voilà qu’ils ont brandi les exemplaires du Coran ! »

(1) Il s'agit d'al-Haytham ibn ʿAdī ibn ʿAbd al-Raḥmān, al-Baḥtarī, originaire de Koufa, spécialisé dans les séances des califes - et son livre sur les Kharijites est perdu - sa biographie se trouve dans Kashf al-Ẓunūn (6/511). (2) Dans le manuscrit : wa-ḥaddathanī. Le texte contient de nombreuses variantes qui ne changent pas le sens voulu ; nous les avons omises par abondance. (3) Dans le manuscrit : lam yuttaḥim. (4) Dans le manuscrit : fī dhālik. (5) Tārīkh al-Ṭabarī (5/49). (6) Dans le manuscrit : fa-akhbarahu bimā qāla al-Ashtar. (7) Dans l'édition imprimée : sārrartuhu. (8) Dans le manuscrit : yatemaththal. (9) Dans le manuscrit : wa-dhahab.
وقد ذكر الهيثم بن عدي (١) في كتابه الذي صنَّفه في الخوارج فقال: قال ابن عباس: فحدَّثني (٢) محمد بن المنتشر الهمداني، عمن شهد صفين وعن ناس من رؤوس الخوارج ممن لا يتهم (٣) على كذب: أن عمار بن ياسر كره ذلك وأبى، وقال في علي بعض ما أكره ذكره، ثم قال: من رائح إلى الله قبل أن يبتغي غير الله حكمًا؟ فحمل فقاتل حتى قتل رحمة الله عليه. وكان ممن دعا إلى ذلك [في ذلك اليوم من] سادات الشاميين عبد الله بن عمرو بن العاص قام في أهل العراق فدعاهم إلى الموادعة والكف وترك القتال والائتمار بما في القرآن، وذلك عن أمر معاوية له بذلك (٤) (رضي الله عنه) ، وكان ممن أشار على علي بالقبول والدخول في ذلك الأشعث بن قيس الكندي (رضي الله عنه) . فروى أبو مخنف (٥) من وجه آخر أن عليًا لما بعث إلى الأشتر قال: قل له إنه (ليس) هذه ساعة ينبغي أن (لا) تزيلني عن موقفي فيها، إني قد رجوت أن يفتح الله علي، فلا تعجلني، فرجع الرسول - وهو يزيد بن هانئ - إلى علي فأخبره عن الأشتر بما قال (٦) ، وصمم الأشتر على القتال لينتهز الفرصة، فارتفع الهرج وعلت الأصوات فقال أولئك القوم لعلي: والله ما نراك إلا أمرته أن يقاتل، فقال: أرأيتموني ساررت الرسول (٧) ؟ ألم أبعثْ إليه جهرةً وأنتم تسمعون؟ فقالوا: فابعث إليه فليأتك وإلا والله اعتزلناك، فقال: عليٌّ لزيد بن هانئ: ويحك! قل له أقبل إلي، فإن الفتنة قد وقعت، فلما رجع إليه يزيد بن هانئ فأبلغه عن أمير المؤمنين أنه (ينصرف عن القتال و) يقبل إليه، جعل [الأشتر] يتململ (٨) ويقول: ويحك ألا ترى إلى ما نحن فيه من النصر ولم يبق إلا القليل؟ فقلت له: أيهما أحب إليك أن تقبل أو يقتل أمير المؤمنين كما قتل عثمان؟ ثم ماذا يغني عنك نصرتك هاهنا؟ قال: فأقبل الأشتر إلى علي وترك القتال فقال: يا أهل العراق! يا أهل الذل والوهن (٩) أحين علوتم القوم وظنوا أنكم لهم قاهرون رفعوا المصاحف
(١) هو الهيثم بن عدي بن عبد الرحمن، البحتري، الكوفي، مختص بمجالس الخلفاء - وكتابه الخوارج مفقود - ترجمته في كشف الظنون (٦/ ٥١١). (٢) في أ: وحدّثني. وفي النص خلافات كثيرة لا تخرج عن المعنى المراد ضربنا عنها صفحًا لكثرتها. (٣) في أ: لم يتهم. (٤) في أ: في ذلك. (٥) تاريخ الطبري (٥/ ٤٩). (٦) في أ: فأخبره بما قال الأشتر. (٧) في ط: ساررته. (٨) في أ: يتمثل. (٩) في أ: والدهب.

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