Le Messager d’Allah ﷺ commença à essuyer la poussière de son visage et dit :
« Malheur à toi, ô fils de Sumayya ! Les gens transportent les pierres une par une, les briques une par une, tandis que toi tu les transportes deux par deux, par désir d’obtenir davantage de récompense (et malgré cela) malheur à toi : c’est le groupe rebelle qui te tuera. »
Il est rapporté qu’alors ‘Amr fit faire demi-tour à sa monture, puis il tira Mu‘awiya vers lui et dit : « Ô Mu‘awiya, n’entends-tu pas ce que dit ‘Abd Allah ? » Il répondit : « Que dit-il ? » ‘Amr l’en informa (1), puis Mu‘awiya répliqua : « Tu n’es qu’un vieillard écervelé : tu ne cesses de rapporter des propos, alors même que tu trébuches dans ton urine ! Serions-nous ceux qui ont tué ‘Ammar ? Ce n’est pas nous qui l’avons tué, mais plutôt celui qui l’a amené ici. » Les gens sortirent alors de leurs tentes et de leurs abris en répétant : « Ce n’est pas nous qui l’avons tué, mais celui qui l’a amené. » Je ne sais qui était le plus étonnant, lui ou eux.
L’imam Ahmad (2) a dit : « Nous a rapporté Abou Mu‘awiya, nous a rapporté al-A‘mash, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Ziyâd qui dit : “Je voyageais avec Mu‘awiya lorsqu’il revenait de Siffîn, entre lui et ‘Amr ibn al-‘Âs, quand ‘Abd Allah ibn ‘Amr s’écria : ‘Ô mon père, n’as-tu pas entendu le Messager d’Allah ﷺ dire à propos de ‘Ammar : ‘Malheur à toi, ô fils de Sumayya, c’est le groupe rebelle qui te tuera’ ?’ ‘Amr dit alors à Mu‘awiya : ‘N’entends-tu pas ce que dit ‘Abd Allah ?’ Et Mu‘awiya répondit : ‘Il ne cesse de nous apporter une chose fâcheuse après l’autre ! Sommes-nous ceux qui l’ont tué ? Le seul responsable est celui qui l’a fait venir.’” »
Puis Ahmad le rapporta (3) par l’intermédiaire d’Abou Nu‘aym, de Sufyân ath-Thawrî, d’al-A‘mash, selon une version similaire. Ahmed est le seul à l’avoir mentionné ainsi selon cette chaîne de transmission. Quant à l’interprétation adoptée par Mu‘awiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – elle est bien éloignée du sens manifeste. De plus, ce hadith ne provient pas uniquement de ‘Abd Allah ibn ‘Amr, il a en effet été rapporté par d’autres voies.
L’imam Ahmad (4) a dit : « Nous a rapporté Muhammad ibn Ja‘far, nous a rapporté Shu‘ba, d’après Khâlid, d’après ‘Ikrima, d’après Abou Sa‘îd al-Khudrî qui rapporta que le Messager d’Allah ﷺ déclara à ‘Ammar : “C’est le groupe rebelle qui te tuera.” »
Al-Bukhârî relate dans son Ṣaḥîḥ (5), selon ‘Abd al-‘Azîz ibn al-Mukhtâr et ‘Abd al-Wahhâb ath-Thaqafî, d’après Khâlid al-Ḥadhdhâ’, d’après ‘Ikrima, d’après Abou Sa‘îd, à propos de l’histoire de la construction de la mosquée, que le Messager d’Allah ﷺ dit à ‘Ammar : « Hélas pour ‘Ammar ! Il les appelle au Paradis tandis qu’ils l’appellent à l’Enfer. » ‘Ammar disait alors : « Je demande protection à Allah contre les tentations. » Et dans certains exemplaires de l’ouvrage d’al-Bukhârî, on lit : « Hélas pour ‘Ammar ! C’est le groupe rebelle qui le tuera. Il les appelle au Paradis, tandis qu’ils l’appellent à l’Enfer. »
Ahmed dit encore (6) : « Nous a rapporté Sulaymân ibn Dâwûd, nous a rapporté Shu‘ba (7), que ‘Amr ibn Dînâr a dit, d’après ... »