Qays ibn ‘Ubāda, Abû Juhaifa Wahb ibn ‘Abd Allâh as-Suwâ’î, Yazîd ibn Sharîk, Abû Hassân al-A‘raj et d’autres ont rapporté que chacun d’eux a dit : « J’ai demandé à ‘Alî : “Possédez-vous quelque chose dont le Messager d’Allâh (ﷺ) vous aurait fait personnellement confidence, sans l’avoir confié au reste des gens ?” » Il répondit : « Non, par Celui qui fend le grain et crée l’âme, si ce n’est une compréhension qu’Allâh accorde à un serviteur dans le Coran, et ce qu’il y a dans ce feuillet. » J’ai demandé : « Et qu’y a-t-il dans ce feuillet ? » On y trouvait le statut du prix du sang (al-‘aql), l’affranchissement du captif, la règle selon laquelle un musulman ne peut être mis à mort pour un mécréant, et que Médine est un sanctuaire entre Thabîr et Thawr.
Il est également établi dans les deux Sahîh (1), d’après un hadith transmis par al-A‘mash, d’après Abû Wâ’il, d’après Sufyân ibn Muslim, que Sahl ibn Hunaïf a dit le jour de Siffîn : « Ô gens ! Méfiez-vous de vos opinions lorsqu’il s’agit de religion. Je me revois, le jour [où fut conclu le traité à propos d’] Abû Jandal : si j’avais pu, j’aurais rejeté l’ordre du Messager d’Allâh (ﷺ). Par Allâh, depuis que nous sommes devenus musulmans, jamais nous n’avons pris nos sabres sur nos épaules pour une affaire qui nous séparait, sans que cela ne nous conduise à quelque chose que nous connaissions, hormis cette affaire-ci. Car à peine comblons-nous une brèche qu’une autre s’ouvre devant nous, et nous ne savons plus comment nous en soucier. »
Imâm Ahmad (2) a rapporté : « Nous a relaté Wakî‘, qui tient de Sufyân, d’après Habîb ibn Abî Thâbit, d’après Abû al-Bakhtarî : ‘Ammâr se leva un jour à Siffîn et dit : “Apportez-moi donc une gorgée de lait, car le Messager d’Allâh (ﷺ) a dit : ‘La dernière boisson que tu boiras dans ce monde sera une gorgée de lait.’” »
Et l’Imâm Ahmad (3) rapporta aussi : « Nous a relaté ‘Abd ar-Rahmân, qui tient de Sufyân, d’après Habîb, d’après Abû al-Bakhtarî, qu’on apporta à ‘Ammâr un récipient de lait. Il se mit à rire et dit : “Le Messager d’Allâh (ﷺ) m’a bien dit : ‘La dernière boisson que tu boiras au moment de ta mort (4) sera du lait.’” »
Ibrâhîm ibn al-Husayn ibn Dayzîl raconte : « Nous a relaté Yahyâ, nous a relaté Nasr (5), qui tient de ‘Amr ibn Shimr, d’après Jâbir al-Ju‘fî, qui a dit : “J’ai entendu Ash-Sha‘bî rapporter de l’Ahnaf ibn Qays : Puis ‘Ammâr ibn Yâsir chargea contre eux ; alors Ibn Hawâ as-Saksakî et Abû al-Ghâdiyah al-Fazârî se précipitèrent contre lui. Abû al-Ghâdiyah le poignarda, tandis qu’Ibn Hawâ lui trancha la tête.””
Quant à Dhu al-Kilâ‘, il avait entendu ‘Amr ibn al-‘Âs dire : “Le Messager d’Allâh (ﷺ) a dit à ‘Ammâr ibn Yâsir : ‘C’est le groupe rebelle qui te tuera, et la dernière boisson que tu boiras sera un sâ‘ de lait.’” De ce fait, Dhu al-Kilâ‘ disait à ‘Amr : “Malheur à toi, ‘Amr ! Qu’est-ce que cela signifie ?” Et ‘Amr de répondre : “Il reviendra vers nous.” Lorsque ‘Ammâr trouva la mort après celle de Dhu al-Kilâ‘, ‘Amr s’exclama auprès de Mu‘âwiyah : “Je ne sais pas de laquelle de ces deux morts me réjouir le plus : celle de ‘Ammâr ou celle de Dhu al-Kilâ‘. Par Allâh, si Dhu al-Kilâ‘ était resté en vie après la mort de ‘Ammâr, il aurait fait pencher la plupart des gens du Shâm [du côté de ‘Alî], et il aurait semé parmi nos troupes la discorde.”” Et il ne cessait d’arriver des hommes qui déclaraient à Mu‘âwiyah et à ‘Amr : “C’est moi qui l’ai tué.”