Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ali souffrait alors d’une soif intense. Il envoya donc al-Achʿath ibn Qays al-Kindī (accompagné d’un groupe) pour atteindre l’eau. Toutefois, les hommes d’en face les en empêchèrent et dirent : « Mourez de soif, comme vous avez privé ʿUthmān de l’eau. » Ils échangèrent alors des tirs de flèches durant un moment, puis s’affrontèrent à la lance, avant de se battre à l’épée. Chaque camp reçut le renfort de ses combattants (1), jusqu’à ce qu’al-Achhtar an-Nakhaʿī survienne du côté irakien et ʿAmr ibn al-ʿĀṣ du côté syrien, rendant les combats encore plus violents qu’auparavant.

Un homme parmi les Irakiens, nommé ʿAbd Allāh ibn ʿAwf ibn al-Aḥmar al-Azdī, combattait en ce moment (2) et prononça, en style rajaz :

« Laissez-nous l’eau courante de l’Euphrate…
ou restez face à une armée imposante !
Pour chaque vaillant guerrier prêt à mourir (3)…
qui transperce de sa lance et revient à l’attaque,
qui décapite ses ennemis, héros intrépide. »

Les Irakiens continuèrent de repousser les Syriens afin de les éloigner de l’eau, jusqu’à les en écarter totalement. Ils convinrent alors de se partager l’accès au fleuve, au point que chacun se pressait à cette berge, sans que personne ne s’adresse la parole ni ne se malmène (4).

Selon un autre récit, lorsque Muʿāwiya ordonna à Abū l-Aʿwar de garder ce point d’eau, il se posta devant avec des lances brandies, des épées dégainées, des flèches encochées et des arcs tendus (5). Les partisans d’Ali vinrent se plaindre auprès de lui ; Ali envoya alors Ṣaʿṣaʿa ibn Ṣūḥān auprès de Muʿāwiya pour lui dire : « Nous sommes venus sans vous combattre, afin de vous donner la preuve (de la justesse de notre cause). Pourtant, ton avant-garde nous a attaqués avant même que nous ne vous combattions [nous-mêmes], puis voilà qu’on nous interdit (6) maintenant l’accès à l’eau. » Lorsque Muʿāwiya en fut informé, il demanda à ses compagnons : « Que me conseillez-vous ? » (7). ʿAmr (8) répondit : « Laisse-les accéder à l’eau : il ne serait pas équitable que nous soyons désaltérés tandis qu’ils sont assoiffés. » Mais al-Walīd [ibn ʿUqba] répliqua : « Laisse-les goûter à la soif, comme ils ont fait endurer la soif au commandeur des croyants, ʿUthmān, lorsqu’ils l’ont assiégé [dans sa demeure] et privé d’eau pure et de nourriture pendant quarante jours (10). »

ʿAbd Allāh ibn Saʿd ibn Abī Sarḥ ajouta : « Interdisez-leur l’eau jusqu’à la nuit, peut-être finiront-ils par rebrousser chemin vers leurs terres. » Muʿāwiya resta silencieux. Ṣaʿṣaʿa ibn Ṣūḥān lui demanda : « Quelle est ta réponse ? » Il répondit : « Vous aurez bientôt connaissance de ma décision. » Lorsque Ṣaʿṣaʿa retourna rapporter ces propos, la cavalerie et l’infanterie se mirent en mouvement et poursuivirent leur avancée jusqu’à… (11).

(1) Dans l'édition : Ahluhā. (2) Les vers se trouvent dans l’Histoire de Ṭabarī (4/570). (3) Dans l’édition abrégée : Mashrab Tiyār... ; et ce qui concerne Ṭabarī ici. (4) Dans l’édition abrégée : Insān minhum Insānan. Le récit est dans l’Histoire de Ṭabarī (4/571). (5) Dans l’édition abrégée : Mūtūra. (6) Dans l’édition abrégée : Man‘atmunā. (7) Dans l'édition : Turīdūn. (8) Dans l’édition abrégée : ʿAmr ibn al-ʿĀṣ. (9) Dans l’édition abrégée : Da‘hum ḥattā yadhūqū. (10) Dans l’édition abrégée : Yawman. (11) Dans l’édition abrégée : Rukibt.
عليٍّ عطشًا شديدًا فبعث عليٌّ الأشعثَ بن قيس الكندي (في جماعة) ليصلوا إلى الماء فمنعهم أولئك وقال: موتوا عطشًا كما منعتم عثمان الماء، فترامَوْا بالنبل ساعة، ثم تطاعنوا بالرماح أخرى، ثم تقاتلوا بالسيوف بعد ذلك كله، وأمدَّ كل طائفة أصحابها (١) ، حتَّى جاء الأشترُ النخعي من ناحية العراقيين وعمرو بن العاص من ناحية الشاميين، واشتدت الحرب بينهم أكثر مما كانت، وقد قال رجل من أهل العراق - وهو عبد الله بن عوف بن الأحمر الأزدي - وهو يقاتل (٢) : [من الرجز] خَلُّوا لنا ماءَ الفُراتِ الجاري … أو اثبتوا لِجَحْفَلٍ جَرّارِ لِكُلِّ قَرْمٍ مَستميت شاري (٣) … مُطاعنٍ برُمْحِهِ كَرّار ضَرّابِ هاماتِ العِدا مِغْوارِ ثم ما زال أهلُ العراق يكشفون الشاميين عن الماء حتى أزاحوهم عنه وخلوا بينهم وبينه، ثم اصطلحوا على الورود حتى صاروا يزدحمون في تلك الشريعة لا يكلم أحدٌ أحدًا، ولا يؤذي إنسانٌ (٤) إنسانًا. وفي رواية أن معاوية لما أمر أبا الأعور بحفظ الشريعة وقف دونها برماحٍ مشرعةٍ، وسيوفٍ مسللةٍ، وسهامٍ مفوقةٍ، وقسيٍّ موترة (٥) ، فجاء أصحابُ عليٍّ عليًا فَشَكوا إليه ذلك فبعث صعصعة بن صوحان إلى معاوية يقول له: إنا جئنا كافين عن قتالكم حتى نقيم عليكم الحجة، فبعثت إلينا مقدمتك فقاتلتنا قبل أن نبدأكم [بالفتال] ثم هذه أخرى قد منعونا (٦) الماء، (فلما بلغه ذلك) قال معاوية للقوم: ماذا ترون (٧) ؟ فقال عمرو (٨) : خل بينهم وبينه، فليس من النصف أن نكون ريَّانين وهم عطاش، فقال الوليد [بن عقبة] : دعهم يذوقوا (٩) من العطش ما أذاقوا أمير المؤمنين عثمان حين حصروه (في داره) ، ومنعوه طيب الماء والطعام أربعين صباحًا (١٠) ، وقال عبد الله بن سعد بن أبي سَرْح: امنعهم الماء إلى الليل فلعلَّهم يرجعون إلى بلادهم. فسكت معاوية فقال له صعصعة بن صوحان: ماذا جوابك؟ فقال: سيأتيكم رأي بعد هذا، فلمّا رجع صعصعة فأخبر الخبر ركب (١١) الخيل والرجال، فما زالوا حتى
(١) في ط: أهلها. (٢) الأبيات في تاريخ الطبري (٤/ ٥٧٠). (٣) في أ، ط: مشرب تيار .. ؛ وما هنا عن الطبري. (٤) في أ: إنسان منهم إنسانًا. والخبر في تاريخ الطبري (٤/ ٥٧١). (٥) في أ: موتورة. (٦) في أ: منعتمونا. (٧) في ط: تريدون. (٨) في أ: عمرو بن العاص. (٩) في أ: دعهم حتى يذوقوا. (١٠) في أ: يومًا. (١١) في أ: ركبت.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies