Il a dit : « La discorde s’est soulevée alors que les Compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) étaient des dizaines de milliers, mais moins d’une centaine d’entre eux y ont pris part ; leur nombre n’atteignait même pas trente. »
L’imam Ahmad a déclaré : « Oumayya ibn Khâlid nous a rapporté qu’il avait dit à Shuʿba : “Abû Shayba a transmis, d’après al-Ḥakam, d’après ʿAbd al-Raḥmân ibn Abî Laylâ, qu’à la bataille de Ṣiffîn soixante-dix hommes ayant participé à la bataille de Badr y étaient présents.” Il répondit : “Abû Shayba a menti, par Dieu. Nous avons discuté de cela avec al-Ḥakam et nous n’avons trouvé personne de Badr qui ait assisté à Ṣiffîn en dehors de Khuzayma ibn Thâbit. On a également dit que Sahl ibn Ḥunayf y aurait participé, de même qu’Abû Ayyûb al-Anṣârî.” C’est ce qu’a rapporté notre éminent maître Ibn Taymiyya dans son livre de Réfutation des Râfidites. »
Ibn Baṭṭa a rapporté, par sa chaîne de transmission, d’après Bukayr ibn al-Ashajj, qu’il a dit : « Quant à certains hommes de Badr, ils sont restés chez eux après l’assassinat de ʿUthmân et ne sont sortis que pour se rendre à leurs tombes. »
Pour ce qui est de ʿAlî ibn Abî Ṭâlib (– qu'Allah soit satisfait de lui –), lorsqu’il eut achevé la bataille du Chameau et entra à Baṣra, puis raccompagna la Mère des Croyants ʿÂʾisha lorsque celle-ci voulut retourner à La Mecque, il partit de Baṣra en direction de Kûfa.
Abû al-Kunûd ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿUbayd rapporte : « ʿAlî entra à Kûfa un lundi, douze jours après le début du mois de Rajab de l’an trente-six (de l’Hégire). » On lui dit : « Descends donc au palais blanc. » Il répondit : « Non ! ʿUmar (ibn al-Khaṭṭâb) le détestait, et je le déteste également. » Il s’installa alors dans l’esplanade (al-raḥba) et pria deux rakʿa dans la grande mosquée, puis il prononça un sermon exhortant les gens à faire le bien et à s’éloigner du mal, tout en faisant l’éloge des habitants de Kûfa. Ensuite, il envoya un ordre à Jarîr ibn ʿAbd Allâh — gouverneur de Hamadhân depuis le temps de ʿUthmân — et à al-Ashʿath ibn Qays — gouverneur d’Azerbaïdjan depuis la même époque — pour qu’ils recueillent son allégeance de la part de ceux sur place, puis viennent à lui. Ils s’exécutèrent.
Lorsque ʿAlî (– qu'Allah soit satisfait de lui –) voulut envoyer un émissaire à Muʿâwiya (– qu'Allah soit satisfait de lui –) afin de l’inviter à lui prêter allégeance, Jarîr ibn ʿAbd Allâh lui dit : « Laisse-moi y aller, ô Commandeur des Croyants ! J’entretiens de bonnes relations avec lui, je pourrai obtenir son allégeance pour toi. » Mais al-Ashtar déclara : « Ne l’envoie pas, ô Commandeur des Croyants, car je crains qu’il ne penche en sa faveur. » ʿAlî lui répondit de le laisser faire, puis il l’envoya avec une lettre destinée à Muʿâwiya, l’informant du consensus des Muḥâjirîn et des Anṣâr autour de son investiture et lui exposant ce qui s’était passé lors de la bataille du Chameau. Il l’invitait à rejoindre ce à quoi tout le monde s’était déjà rallié. Quand Jarîr ibn ʿAbd Allâh parvint auprès de Muʿâwiya et lui remit cette lettre, Muʿâwiya convoqua ʿAmr ibn al-ʿÂṣ et les notables du Shâm pour les consulter. Ils refusèrent de prêter allégeance tant que les coupables du meurtre de ʿUthmân ne seraient pas tués ou livrés, faute de quoi ils combattraient ʿAlî et ne lui prêteraient allégeance qu’une fois ces meurtriers exécutés. »