Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Que ta mère soit privée de toi si jamais tu pouvais t’emparer d’un homme tel que lui, parmi ceux qui restent et qui circulent jour et nuit. (1)
Combien de situations difficiles il a traversées, sans que ta poursuite ne l’en détourne. (2) Ô fils de Faq‘ (3) du désert (4) ! Par Dieu, mon Seigneur (5), si tu as tué un musulman, alors t’incombe la sanction de celui qui tue intentionnellement. (6)

Lorsqu’Amr (fils de Jarmuz) le tua, il lui trancha la tête et l’apporta à ‘Alî, pensant obtenir ainsi sa faveur. Il demanda alors la permission d’entrer, mais ‘Alî répondit : « Ne le laissez pas entrer et annoncez-lui le Feu. » Dans une autre tradition, ‘Alî dit : « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu (ﷺ) dire : “Annoncez le Feu à celui qui tuera le fils de Safiyya.” » (7)

Ibn Jarmuz entra ensuite avec l’épée d’al-Zubayr, et ‘Alî déclara : « Cette épée a tant de fois dissipé l’affliction du visage du Messager de Dieu (ﷺ). » On rapporte qu’en entendant cela, ‘Amr ibn Jarmuz se donna la mort. D’autres affirment plutôt qu’il vécut jusqu’à ce que Mus‘ab ibn al-Zubayr gouvernât l’Irak ; il se cacha alors de lui. Et l’on dit à Mus‘ab : « ‘Amr ibn Jarmuz est ici, caché. Que veux-tu en faire ? » Il répondit : « Dites-lui de se montrer, il est en sûreté. Par Dieu, je ne pourrais m’en prendre à lui au nom d’al-Zubayr, car il est trop insignifiant pour que je le considère comme l’égal d’al-Zubayr. »

Al-Zubayr possédait d’immenses biens et faisait de très nombreuses aumônes. Lorsque vint le jour de la bataille du Chameau, il testa en faveur de son fils ‘Abd Allâh. Après sa mort, on découvrit qu’il était endetté de deux millions deux cent mille (dirhams). Cette dette fut acquittée en son nom, puis on préleva le tiers de ses biens qu’il avait légué par testament. La succession fut ensuite partagée, et chacune de ses quatre épouses (10) reçut, pour la part qui représentait le quart du huitième, un million deux cent mille dirhams. Sur cette base, le total de ce qui fut partagé entre les héritiers s’élevait à trente-huit millions quatre cent mille. (Quant au tiers légué, il se montait à dix-neuf millions deux cent mille, ce qui porte la somme à cinquante-sept millions six cent mille.) Enfin, la dette, prélevée au préalable, était de deux millions deux cent mille (11). Ainsi, le total de ce qu’il laissa comprenait

(1) Dans le Sīra : ce qui a été dit précédemment avec les expressions « tu vas et viens ». (2) Dans la version A : « ton pareil ». (3) Le « faqʿ » : un type blanc d’une truffe de mauvaise qualité. Le « fadfad » : la terre plate ; « faqʿ al-fadfad » est une métaphore pour désigner l’humble. (4) Dans la version T : « al-ʿaradd ». (5) Dans le Sīra : « ton Seigneur ». (6) Dans la marge du Sīra : par la phrase « le châtiment de l’intention délibérée… », il fait référence au verset coranique : « Et quiconque tue un croyant intentionnellement, son châtiment sera l’Enfer où il demeurera éternellement. Allah est irrité contre lui, Il le maudit et lui prépare un châtiment terrible » [An-Nisāʾ : 93]. Un autre dit : le châtiment de l’intention délibérée est une exécution en guise de représailles. (7) Rapporté par Ahmad dans le Musnad (1/89) de ʿAlī (que Dieu l’agrée), en mawqūf, avec une chaîne de transmission bonne. (8) Dans la version A : « pour rançonner ». (9) Dans la version A : « de cela que je fasse ». (10) Dans la version T : « parmi les quatre épouses ». (11) Dans la marge de A : et avant cela soixante millions, le total est cinquante-sept millions six cents mille.
ثَكِلَتْك أمُّكَ إنْ ظَفِرْتَ بِمِثْلِه … ممنْ بقي ممنْ يَروحُ ويَغْتدي (١) كمْ غَمْرَةٍ قَدْ خاضَها لم يَثْنِهِ … عَنْها طِرادُك (٢) يابنَ فَقْع (٣) الفَدفَدِ (٤) واللّهِ رَبّي (٥) إن قتلتَ لمُسْلماً … حلّتْ عَلَيْكَ عُقوبةُ المُتعَمِّدِ (٦) ولما قتله عمرو (بن جرموز) احتزَّ رأسَه وذهب به إلى عليٍّ ورأى أن ذلك يحصل له به حظوة عنده، فاستأذنَ فقال علىّ: لا تأذنوا له وبشِّروه بالنار، وفي رواية أن علياً قال: سمعت رسول الله ﷺ يقول: " بشر قاتلَ ابن صفية بالنار" (٧) (ودخل ابن جرموز ومعه سيف الزبير فقال علي: إن هذا السيف طالما فرج الكرب عن وجه رسول الله ﷺ ) ، فيقال إن عمرو بن جرموز لما سمع ذلك قتل نفسه، وقيل بل عاش إلى أن تأمر مصعب بن الزبير، على العراق فاختفى منه، فقيل لمصعب: إن عمرو بن جرموز هاهنا وهو مختفٍ، فهل لك فيه؟ فقال: مروه فليظهر فهو آمن، والله ما كنت لأقيد (٨) للزبير منه فهو أحقر من أن (٩) أجعله عدلاً للزبير. وقد كان الزُّبير ذا مال جزيل وصدقات كثيرة جداً، ولمّا كان يوم الجمل أوصى إلى ابنه عبد الله، فلما قُتل وجدوا عليه من الدين ألفي ألف ومئتا ألف فوفوها عنه، وأخرجوا بعد ذلك ثُلْثَ ماله الذي [كان] أوصى به، ثم قُسمت التَّركة بعد ذلك فأصاب كل واحدة من زوجاته وكنّ أربعاً (١٠) من ربع الثُّمن ألف ألف ومئتا ألف درهم، فعلى هذا يكون (مجموع) ما قُسم بين الورثة ثمانيةً وثلاثين ألف ألف وأربعمئة ألف (والثلث الموصى به تسعة عشر ألف ألف ومئتا ألف فتلك الجملة سبعة) وخمسون ألف ألف وستمئة ألف، والدَّين (المخرج) قبل ذلك ألفا ألف ومئتا ألف (١١) فعلى هذا يكون جميع ما تركه من
(١) في السير: فيما مضى مما تروح وتغتدي. (٢) في أ: نظيرك. (٣) الفقع: نوع أبيض من رديء الكمأة. والفدفد: الأرض المستوية؛ وفقع الفدفد مَثَلٌ للذليل. (٤) في ط: العردد. (٥) في السير: ربك. (٦) في هامش السير: أشارت بقولها: عقوبة المتعمد … ؛ إلى قوله تعالى: ﴿وَمَنْ يَقْتُلْ مُؤْمِنًا مُتَعَمِّدًا فَجَزَاؤُهُ جَهَنَّمُ خَالِدًا فِيهَا وَغَضِبَ اللَّهُ عَلَيْهِ وَلَعَنَهُ وَأَعَدَّ لَهُ عَذَابًا عَظِيمًا﴾ [النساء: ٩٣]. وقال غيره: عقوبة المتعمد أن يقتل قصاصاً. (٧) رواه أحمد في المسند (١/ ٨٩) عن علي ﵁ موقوفاً عليه، وإسناده حسن. (٨) في أ: لأفتد. (٩) في أ: من ذلك أن أجعله. (١٠) في ط: من الزوجات الأربع. (١١) في هامش أ: والدين قبل ذلك ألف ألف فالجملة سبعة وخمسون ألف ألف وستمئة.

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