Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Après avoir fait allusion à Ibn Abbās, ‘Alī le nomma gouverneur de Baṣra. Il plaça également Ziyād ibn Abīh en charge de l’impôt foncier (kharāj) et du trésor (Bayt al-Māl), et recommanda à Ibn Abbās d’écouter l’avis de Ziyād – lequel s’était retiré jusque-là. Puis ‘Alī se rendit à la maison où séjournait Umm al-Mu’minīn (‘Aïcha), demanda l’autorisation d’entrer, y pénétra, la salua et elle lui fit bon accueil.

Pendant ce temps, des femmes se trouvaient dans la demeure des Banū Khalaf, pleurant ceux qui avaient été tués parmi leurs proches, en particulier ‘Abd Allāh et ‘Uthmān, fils de Khalaf. ‘Abd Allāh était tombé au combat aux côtés de ‘Aïcha, tandis que ‘Uthmān avait été tué dans les rangs de ‘Alī. Lorsque ‘Alī entra, Ṣafiyya, l’épouse de ‘Abd Allāh et mère de Talḥa al-Ṭalḥāt, lui dit : « Qu’Allāh fasse de tes enfants des orphelins comme tu as rendu les miens orphelins. » ‘Alī ne lui répondit rien. Lorsqu’il sortit, elle répéta la même parole et il garda de nouveau le silence. Un homme lui demanda : « Ô Commandeur des Croyants, vas-tu te taire devant cette femme alors qu’elle tient de tels propos ? » Il répondit : « Malheur à toi ! Nous avons été ordonnés de nous abstenir (de toute violence) envers les femmes à l’époque où elles étaient idolâtres ; ne devons-nous pas d’autant plus nous retenir parmi elles qui sont musulmanes ? (1) »

Un autre homme s’adressa alors à ‘Alī : « Ô Commandeur des Croyants, il y a deux hommes à la porte qui insultent ‘Aïcha. » ‘Alī ordonna alors à al-Qa‘qā‘ ibn ‘Amr de leur infliger à chacun cent coups de fouet et de les faire dépouiller de leurs vêtements.

Par ailleurs, ‘Aïcha s’enquérait de ceux qui avaient péri parmi les musulmans (2) qui se trouvaient à ses côtés, ainsi que de ceux qui avaient été tués dans le camp de ‘Alī. Chaque fois qu’on lui mentionnait un nom, elle invoquait la miséricorde divine sur lui et priait pour lui.

Lorsque Umm al-Mu’minīn (‘Aïcha) décida de quitter Baṣra, ‘Alī – que Dieu l’honore – lui fit parvenir tout ce dont elle avait besoin : une monture, des provisions, des effets et bien d’autres choses encore. Il permit à ceux qui étaient venus avec elle dans l’armée et qui avaient survécu de repartir (3), à moins qu’ils ne préfèrent rester. Il choisit quarante femmes notables de Baṣra pour l’accompagner et dépêcha son frère Muḥammad (fils d’Abū Bakr) à ses côtés.

Le jour de son départ, ‘Alī vint se tenir à la porte ; les gens s’étaient rassemblés. Elle sortit de la maison dans un palanquin, dit adieu aux gens et invoqua pour eux la bénédiction divine. Elle déclara : « Ô mes enfants, que personne parmi nous ne blâme l’autre (5). Par Dieu, il n’y avait pas entre ‘Alī et moi, jadis, plus que ce qui peut survenir entre une femme et sa famille par alliance. Et malgré mes reproches à son égard, il est assurément l’un des meilleurs hommes. »

‘Alī répondit : « Par Dieu, elle a dit vrai : il n’y avait rien de plus entre elle et moi, et elle est bien l’épouse de votre Prophète (ﷺ) dans ce bas monde et dans l’au-delà. » Il l’accompagna pour lui faire ses adieux et la convoya sur plusieurs milles, puis envoya ses fils avec elle pour le reste de la journée. C’était un samedi, premier jour de Rajab de l’an 36 de l’Hégire. Elle prit alors la route de la Mecque, y demeura jusqu’au pèlerinage de cette même année, puis retourna à Médine (qu’Allāh l’agrée).

Quant à Marwān ibn al-Ḥakam, après sa fuite, il se plaça sous la protection de Mālik ibn Masma‘, lequel la lui accorda et s’y montra fidèle. C’est pour cela que les Banū Marwān honoraient Mālik et le tenaient en haute estime. On rapporte qu’il descendit dans la demeure des Banū Khalaf ; lorsque ‘Aïcha quitta Baṣra, il partit avec elle. Puis, tandis qu’elle poursuivait sa route vers la Mecque, lui se dirigea vers Médine.

(1) Dans A : qu’arrêter les femmes associatrices, ne devrions-nous pas aussi arrêter les femmes croyantes ? (2) Dans A : ʿĀʾicha s’est tue concernant ceux qui furent tués avec elle et avec ʿAlī parmi les musulmans. (3) Dans A : il a été permis à celui qui est venu dans son armée de retourner avec elle. (4) Dans A : et il a envoyé. (5) Dans A : que nous nous admonestions les uns les autres.
وأشار إليه بابن عباس فولاه على البصرة)، وجعل معه زياد بن أبيه على الخراج وبيت المال، وأمر ابن عباس أن يسمع من زياد -وكان زياد معتزلًا- ثم جاء علي إلى الدار التي فيها أم المؤمنين عائشة، فاستأذن ودخل فسلَّم عليها ورحبَّتْ به، وإذا النساء في دار بني خلف يبكين على منْ قتل، منهم عبد الله وعثمان ابنا خلف، فعبد الله قُتل مع عائشة، وعثمان قُتل مع علي، فلما دخل عليٌّ قالت له صفية امرأة عبد الله، أم طلحة الطلحات: أيتم الله منك أولادكَ كما أيتمتَ أولادي، فلم يردّ عليها عليٌّ شيئاً، فلما خرج أعادت عليه المقالةَ أيضاً فسكت، فقال له رجل: يا أمير المؤمنين أتسكت عن هذه المرأة وهي تقول ما تسمع؟ فقال: ويحك! إنا أُمرنا أن نكف عن النساء وهن مشركات، أفلا نكف عنهن وهن مسلمات (١) ؟ فقال له رجل: يا أمير المؤمنين إن على الباب رجلين ينالان من عائشة، فأمر عليٌّ القعقاعَ بن عمرو أن يجلدَ كلَّ واحدٍ منهما مئة وأن يخرجَهما من ثيابهما. وقد سألت عائشة عمن قتل معها من المسلمين (٢) ومن قتل من عسكر عليٍّ فجعلت كلما ذكر لها واحدٌ منهم تَرَحَّمتْ عليه ودَعَتْ له. ولما أرادات (أم المؤمنين) عائشة الخروجَ من البصرة بعثَ إليها علي (رضي الله عنه) بكلّ ما ينبغي من مركبٍ وزادٍ ومتاعٍ وغير ذلك، وأذنَ لمن نجا ممَّنْ جاء في الجيش معها أن يرجع (٣) إلا أن يحبَّ المقامَ، واختارَ لها أربعين امرأةً من نساء أهل البصرة المعروفات، وسير (٤) معها أخاها محمد (بن أبي بكر) . فلما كان اليوم الذي ارتحلت فيه جاء عليٌّ فوقفَ على الباب وحضرَ الناسُ، وخرجت من الدار في الهودج فودَّعتِ الناس ودعتْ لهم، وقالت: يا بنيَّ لا يعتب بعضنا على بعض (٥) ، إنه والله ما كان بيني وبين علي في القدم إلا ما يكون بين المرأة وأحمائها، وإنه على معتبتي [له] لمن الأخيار. فقال علي: صدقتِ والله ما كان بيني وبينها إلا ذاك، وإنها لزوجةُ نبيكم ﷺ في الدنيا والآخرة. وسار عليٌّ معها مودَّعاً ومشيعاً أميالًا، وسرّح بنيه معها بقية ذلك اليوم -وكان يوم السبت مستهل رجب سنة ست وثلاثين- وقصدت في مسيرها ذلك إلى مكة فأقامت بها إلى أن حجت عامها ذلك ثم رجعت إلى المدينة (عليه السلام) . وأما مروان بن الحكم فإنه لما فرَّ استجار بمالك بن مسمع فأجاره، ووفى له، ولهذا كان بنو مروان يكرمون مالكاً ويشرفونه، ويقال إنه نزل دار بني خلف فلما خرجت عائشة خرج معها، فلما سارت هي إلى مكة سار [هو] إلى المدينة.
(١) في أ: أن نكف عن النساء المشركات أفلا نكف عن المؤمنات. (٢) في أ: سكتت عائشة عمن قتل معها ومع علي من المسلمين. (٣) في أ: سلم ممن جاء في جيشها أن يرجع معها. (٤) في أ: وبعث. (٥) في أ: أن يعتب بعضنا بعضاً.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies