Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Marwân ibn al-Hakam fut également blessé. Puis un homme vint frapper le chameau sur ses pattes, le mutila et il s’effondra au sol. Son mugissement se fit entendre, plus puissant et plus perçant que tout ce que l’on avait pu entendre auparavant. Le dernier à tenir ses rênes fut Zufar ibn al-Hârith, et l’on raconte qu’il s’était entendu avec Bujayr ibn Dalja pour abattre l’animal. Selon une autre version, c’est ‘Alî qui aurait suggéré de le faire ; d’autres disent que ce serait al-Qa‘qâ‘ ibn ‘Amr, afin d’éviter que la Mère des Croyants ne soit atteinte, car elle (1) était devenue un véritable but pour les archers, et celui qui tenait les rênes (2) une cible pour les lances, et pour mettre fin à cette bataille au cours de laquelle les combattants s’étaient presque anéantis.

Lorsque le chameau (3) s’écroula, tous ceux qui l’entouraient prirent la fuite. On emporta le palanquin (‘hawdaj) d’Aïcha, qui ressemblait alors à un hérisson tant il était criblé de flèches (4). Le héraut de ‘Alî proclama alors : « Que nul ne poursuive celui qui recule, que nul ne mette fin aux jours d’un blessé, et que nul (5) n’envahisse les maisons ! ». ‘Alî ordonna à quelques hommes de transporter le palanquin d’entre les corps des tués et confia à Muhammad ibn Abî Bakr et ‘Ammâr la tâche d’y dresser une tente. Son frère Muhammad se dirigea vers elle et lui demanda : « As-tu été atteinte par une quelconque blessure ? » Elle répondit : « Non ! Et toi, fils de la Khath‘amiyya, tu n’es pas fait pour t’en enquérir. »

‘Ammâr la salua et dit : « Comment vas-tu, Ô mère (6) ? » Elle répliqua : « Je ne suis pas ta mère. » Il reprit : « Mais si ! Même si tu le détestes. » Puis ‘Alî ibn Abî Tâlib (le Commandeur des Croyants) s’approcha pour la saluer en disant : « Comment vas-tu (Ô ma mère) ? » Elle répondit : « Je vais bien. » Et lui d’ajouter : « Qu’Allâh te pardonne ! » Les chefs et notables vinrent également (7) la saluer en tant que Mère des Croyants. Il est rapporté qu’A‘yan ibn Dubay‘a al-Mujâshi‘î jeta un regard à l’intérieur du palanquin, alors elle s’exclama : « Éloigne-toi, qu’Allâh te maudisse ! » Il répondit : « Par Dieu, je ne vois rien d’autre que la ‘H umayrâ’. » Elle déclara : « Puisse Dieu déchirer ta protection, couper ta main et dévoiler ton intimité ! » Il fut ensuite tué à Basra, dépouillé de ses biens, amputé de la main, et on le retrouva jeté, nu, dans une ruine des Azd.

Quand la nuit tomba, la Mère des Croyants pénétra dans Basra – accompagnée de son frère Muhammad ibn Abî Bakr – où elle s’installa chez ‘Abd Allâh ibn Khalaf al-Khuzâ‘î, dont la demeure était la plus vaste de Basra, auprès de Safiyya bint al-Hârith ibn Abî Talha ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn ‘Uthmân ibn ‘Abd al-Dâr (9), mère de Talha al-Talhât, fils de ‘Abd Allâh ibn Khalaf. Les blessés se faufilèrent parmi les tués pour entrer dans Basra (10). ‘Alî parcourut le champ de bataille et, chaque fois qu’il passait près d’un homme qu’il connaissait, il priait pour lui (11) et disait : « Il m’est pénible de voir Quraysh gisant à terre. »

On rapporte qu’en passant devant Talha ibn ‘Ubayd Allâh, tombé au combat, ‘Alî dit : « Que je suis affligé pour toi… »

(1) Dans l'édition Ṭ : "bāqiya" (restée). (2) Al-burjās : un objet lancé dans les airs. Le terme dialectal est (burjass). (3) Dans l'édition Ṭ : le chameau. (4) Dans l'édition ʾA : en raison de l'abondance des flèches. (5) Dans l'édition Ṭ : « qu'ils entrent ». (6) Dans l'édition ʾA : « Ô mère des croyants ». (7) Dans l'édition ʾA : ils lui rendent salutation. (8) Dans l'édition ʾA : Aymān, ce qui est conforme au Tārīkh de Ṭabarī (vol. 4, pp. 532-533). (9) Dans l'édition ʾA : dans la maison de la mère dʾAbd Allah b. Khalīl al-Khazāʿiyya. Le récit se retrouve dans le Tārīkh de Ṭabarī (vol. 4, p. 534). (10) Par la suite dans l'édition ʾA : « et ʿAlī séjourna à la périphérie de Bassorah trois jours ». Cela sera repris après. (11) Dans l'édition ʾA : qu'ils invoquent la miséricorde.
جراحةً، وجُرح مروان بن الحكم أيضاً، ثم جاء رجل فضرب الجملَ على قوائمه فعقره وسقط إلى الأرض، فسُمع له عجيج ما سُمع أشد ولا أنفذ منه، وآخر من كان الزمام بيده زُفَر بن الحارث، فعُقر الجمل وهو في يده، ويقال إنه اتفق هو وبجير بن دلجة على عقره، ويقال إنَّ الذي أشار بعقر الجمل علي، وقيل القعقاع بن عمرو لئلا تصاب أم المؤمنين، فإنها صارت (١) غرضاً للرماة، ومن يمسك بالزمام بُرْجاساً (٢) للرِّماح، ولينفصل هذا الموقفُ الذي قد تَفَانى فيه الناس ولما سقط الجمل (٣) إلى الأرض انهزم من حوله من الناسِ، وحُمل هودجُ عائشة وإنه لكالقنفذ من السهام (٤) ، ونادى منادي عليٍّ في الناس: إنه لا يتبع مدبر ولا يُذفَّفُ على جريحٍ، ولا تُدخل (٥) الدور، وأمر علي نفراً أن يحملوا الهودجَ من بين القتلى، وأمر محمد بن أبي بكر وعماراً أن يضربا عليه قبة، وجاء إليها أخوها محمد فسألها هل وصل إليك شيء من الجراح؟ فقالت: (لا) ! وما أنت ذاك يا بن الخثعمية. وسلَّم عليها عمار فقال: كيف أنت يا أمُّ (٦) ؟ فقالت: لست لك بأمٍّ. قال: بلى! وإن كرهتِ، وجاء إليها عليُّ بن أبي طالب (أمير المؤمنين) مسلِّماً فقال: كيف أنت (يا أمَّهْ؟) قالت: بخير فقال: يغفر الله لك. وجاء وجوهُ الناس [إليها] من الأمراء والأعيان يسلمون على أم المؤمنين (٧) (عليه السلام) ، ويقال إن أَعْيَن (٨) بن ضُبيعة المُجاشعي اطلع في الهودج فقالت: إليك لعنك الله، فقال: والله ما أرى إلا حُمَيْراء، فقالت: هتكَ الله ستركَ وقطعَ يدكَ وأبدى عورتكَ. فقُتل بالبصرة، وسُلب، وقُطعت يده، ورمي عرياناً في خربة من خَرابات الأزد. فلمَّا كان الليل دخلت أم المؤمنين البصرةَ -ومعها أخوها محمد بن أبي بكر- فنزلت في دار عبد الله بن خلف الخزاعي- وهي أعظم دار بالبصرة- على صفية بنت الحارث بن أبي طلحة بن عبد العزى بن عثمان بن عبد الدار (٩) ، وهي أم طلحة الطلحات [بن] عبد الله بن خلف، وتسلل الجرحى من بين القتلى فدخلوا البصرة (١٠) ، وقد طاف علي بين القتلى فجعل كلما مر برجل يعرفه ترحّم (١١) عليه ويقول: يعز عليَّ أن أرى قريشاً صرعى. وقد مر علي فيما ذكر على طلحة بن عبيد الله وهو مقتولٌ فقال: لهفي عليك
(١) في ط: بقيت. (٢) البُرْجاس: غرض في الهواء يُرمى به. اللسان (برجس). (٣) في ط: البعير. (٤) في أ: من كثرة النشاب. (٥) في ط: يدخلوا. (٦) في أ: يا أم المؤمنين. (٧) في أ: يسلمون عليها. (٨) في أ: أيمن، وما هنا موافق لتاريخ الطبري (٤/ ٥٣٢ - ٥٣٣). (٩) في أ: في دار أم عبد الله بن خليل الخزاعية. والخبر في تاريخ الطبري (٤/ ٥٣٤). (١٠) بعدها في أ: وأقام علي بظاهر البصرة ثلاثاً. وسترد بعد. (١١) في أ: يترحم.

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