Il dit : « Ô Zubayr, aimes-tu donc (1) ‘Ali ? » Je répondis : « Comment ne pas aimer le fils de ma tante (maternelle), le fils de mon oncle (paternel), qui en plus est de ma religion ? » Alors il poursuivit : « Ô Zubayr, par Dieu, tu le combattras pourtant en lui faisant tort. » Le Zubayr répondit : « Certes ! Par Dieu, j’avais oublié cela depuis que je l’avais entendu du Messager de Dieu (ﷺ), puis je viens seulement de m’en souvenir. Par Dieu, je ne te combattrai pas. »
Zubayr rebroussa alors chemin sur sa monture, fendant les lignes, et son fils ‘Abdallah ibn Zubayr l’intercepta. Il déclara : « ‘Ali m’a rappelé une parole que j’avais entendue du Messager de Dieu (ﷺ). Je l’avais entendu dire : “Tu le combattras tout en lui faisant tort.” » Son fils répliqua : « Est-ce pour le combat que tu es venu ? N’es-tu pas venu plutôt pour réconcilier les gens, afin que Dieu rétablisse la situation grâce à toi ? » Il répondit : « J’ai juré de ne pas le combattre. » Son fils lui dit : « Affranchis ton esclave Sarjis (3) et reste là jusqu’à ce que tu apaises la situation entre les gens. » Il affranchit son esclave et demeura sur place. Mais lorsque la situation s’envenima, il partit sur son cheval.
(Le Barâ’ a rapporté, d’après Ahmad ibn ‘Abdah (5), d’après Al-Husayn ibn Al-Hasan, d’après Rifa‘ah ibn Iyas ibn Abî Iyas, d’après son père, d’après son grand-père, qu’il a entendu ‘Ali (qu’Allah l’honore) dire le jour du Chameau à Talha : « Je t’adjure par Dieu, ô Talha, n’as-tu pas entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : “Ô Dieu, prends pour allié celui qui l’allie et prends pour ennemi celui qui lui est ennemi” ? » Il répondit : « Si, en effet. » Puis il s’en alla. Al-Bazzâr (7) l’a jugé étrange, et c’est en effet justifié (8).)
Ils racontent que Zubayr revint auprès de ‘Aïcha pour lui signaler qu’il avait fait le serment de ne pas combattre ‘Ali. Son fils ‘Abdallah lui dit : « Tu as (déjà) rassemblé les gens, puis, lorsque les armées se sont fait face, tu t’es retiré du milieu d’eux ! Brise ton serment et reviens combattre. » Alors il affranchit un de ses esclaves nommé Makhoul – ou, selon certains, l’esclave Sarjis. On raconte également qu’il ne renonça au combat qu’après avoir vu ‘Ammar aux côtés de ‘Ali, se rappelant que le Messager de Dieu (ﷺ) avait déclaré à ‘Ammar : « Tu seras tué par le groupe transgresseur. » Il redouta alors que ‘Ammar ne fût tué ce jour-là.
Pour ma part, si le récit que nous avons cité (9) est authentique, c’est bien cela qui l’a fait se raviser. Il semble peu vraisemblable qu’il ait rompu son serment, puis soit revenu combattre ‘Ali (10). Dieu seul le sait.
Quoi qu’il en soit, lorsque Zubayr se retira le jour du Chameau, il se remit en route et s’installa dans un lieu appelé le Wâdî As-Sibâ‘ (la vallée des lions) (12). Un homme le poursuivit