Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Talha et az-Zubayr, ainsi que ceux qui les accompagnaient, se préparèrent à la rencontre et se rassemblèrent devant le palais d’Ubayd Allāh ibn Ziyād, tandis que les troupes prenaient position chacune de leur côté. ‘Alī s’était déjà avancé avec son armée, qui continuait à le rejoindre progressivement. Ils demeurèrent ainsi trois jours, les émissaires passant de l’un à l’autre; c’était alors la quinzième nuit de Jumādā al-Ākhira de l’an trente-six.

(1) Certains conseillèrent à Talha et à az-Zubayr de saisir cette occasion à propos des meurtriers de ‘Uthmān. Ils répondirent : « ‘Alī nous a suggéré d’apaiser cette affaire, et nous lui avons envoyé une proposition de réconciliation en ce sens. » Puis ‘Alī prit la parole au milieu des gens.

Alors al-A‘war ibn Bunan al-Minqarī(2) se leva et l’interrogea sur la raison de son action contre les gens de Bassora. ‘Alī répondit : « Il s’agit d’œuvrer à la réconciliation et d’éteindre l’embrasement, afin de rassembler les gens autour du bien et de restaurer l’unité de cette communauté. » L’homme demanda : « Et s’ils ne répondent pas à notre appel ? » ‘Alī répondit : « Nous les laisserons tranquilles tant qu’ils nous laisseront tranquilles. » Il insista : « Et s’ils ne nous laissent pas en paix ? » ‘Alī répliqua : « Nous les repousserons loin de nous. » Ensuite : « Ont-ils le même droit sur cette affaire que nous ? » ‘Alī dit : « Oui. »

Puis Abū Salām ad-Dalānī(3) s’adressa à lui : « Ont-ils un argument valable pour justifier le sang dont ils réclament justice, s’ils l’ont fait pour Dieu ? » ‘Alī dit : « Oui. » Il poursuivit : « Et toi, as-tu un argument pour justifier ton retard ? » ‘Alī dit : « Oui. » Il demanda alors : « Quelle sera notre situation et la leur, si demain nous sommes éprouvés ? » ‘Alī répondit : « J’espère qu’aucun d’entre nous ou d’entre eux, qui aura purifié son cœur pour Dieu, ne sera tué sans que Dieu ne l’introduise au Paradis. »

Dans son discours, ‘Alī déclara encore : « Ô gens, abstenez-vous d’user de vos mains et de vos langues contre ces gens, et veillez à ce qu’ils ne prennent pas l’initiative demain. Car celui qui sera perdant demain l’est déjà aujourd’hui. »

Entre-temps, al-Ahnaf ibn Qays arriva avec un groupe et rejoignit ‘Alī. Il avait empêché Harqūs ibn Zuhayr de rallier Talha et az-Zubayr, car il avait déjà prêté serment d’allégeance à ‘Alī à Médine. En effet, il s’était rendu à Médine alors que ‘Uthmān était assiégé, et il avait demandé à ‘Ā’isha, Talha et az-Zubayr : « Si ‘Uthmān est tué, à qui devrai-je prêter allégeance ? » Ils lui répondirent : « Fais allégeance à ‘Alī. » Lorsque ‘Uthmān fut tué, il apporta donc son allégeance à ‘Alī, puis déclara : « Je suis retourné auprès des miens, et plus tard, une affaire encore plus grave s’est produite, au point que l’on disait : “Voici ‘Ā’isha qui vient réclamer le sang de ‘Uthmān.” Face à cela, j’étais indécis quant à la voie à suivre, mais Dieu m’a préservé grâce à une parole que j’avais entendue d’Abū Bakr, selon laquelle le Messager de Dieu (ﷺ) avait appris que les Perses avaient intronisé la fille de Kisrā, et il dit : “Un peuple qui confie son sort à une femme ne réussira jamais.” L’origine de ce hadith figure dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī(4). »

L’idée, ici, est que lorsque al-Ahnaf se joignit à ‘Alī avec six mille hommes [arcs], il dit à ‘Alī : « Si tu le souhaites, je combattrai à tes côtés ; sinon, je retiendrai dix mille épées de s’engager. » ‘Alī lui répondit : « Épargne-nous (de ce combat) dix mille épées(5). » Par la suite, ‘Alī envoya un message à Talha et az-Zubayr, leur disant : « Si vous êtes demeurés sur la position dont vous êtes convenus devant al-Qa‘qa‘ ibn ‘Amr, alors abstenez-vous de toute action jusqu’à ce que nous arrivions et examinions la situation. »

(1) Dans A : « Il a mentionné ». (2) Dans Ṭ : « Niyār », et dans A : « Bayān », ce qui est ici provenant de l’Histoire de Ṭabarī (4/495). (3) De même dans les deux sources originelles, et dans Ṭabarī : « Abū Salāmah ». (4) Ṣaḥīḥ al-Bukhārī (n° 4425) dans les Magāzī. (5) Ce qui est entre les deux est omis dans A et ajouté en complément dans sa marge.
طلحة والزبير ومن معهما للقائه، فاجتمعوا عند قصر عبيد الله بن زياد، ونزل الناس كلٌّ في ناحية. وقد سبق علي جيشه وهم يتلاحقون به، فمكثوا ثلاثة أيام والرسل بينهم، فكان ذلك للنصف من جمادى الآخرة سنة ست وثلاثين، فأشار (١) بعض الناس على طلحة والزبير بانتهاز الفرصة، من قتلة عثمان فقالا: إن علياً أشار بتسكين هذا الأمر، وقد بعثنا إليه بالمصالحة على ذلك، وقام علىٌّ في الناس خطيباً. فقام إليه الأعور بن بُنان (٢) المِنْقُري، فسأله عن إقدامه على أهل البصرة، فقال: الإصلاح، وإطفاء الثائرة ليجتمع الناسُ على الخير، ويلتئم شملُ هذه الأمة، قال: فإن لم يجيبونا؟ قال: تركناهم ما تركونا، قال: فإن لم يتركونا؟ قال: دفعناهم عن أنفسنا، قال: فهل لهم في هذا الأمر مثل الذي لنا، قال: نعم! وقام إليه أبو سلام (٣) الدَّالاني، فقال: هل لهؤلاء القوم حجةٌ فيما طلبوا من هذا الدم، إن كانوا أرادوا اللهَ في ذلك؟ قال: نعم! قال: فهل لك من حجة في تأخيرك ذلك؟ قال: نعم! قال؟ فما حالنا وحالهم إن ابتلينا غداً؟ قال: إني لأرجو أن لا يقتل منا ومنهم أحدٌ نقَّى قلبه لله إلا أدخله اللهُ الجنةَ. وقال في خطبته: أيها الناس أمسكوا عن هؤلاء القوم أيديَكم وألسنتَكم، وإياكم أن يسبقونا غداً، فإن المخصوم غداً مخصوم اليوم. وجاء في غبون ذلك الأحنفُ بن قيس في جماعةٍ فانضافَ إلى عليٍّ. وكان قد منع حرقوص بن زهير من طلحة والزبير وكان قد بايع علياً بالمدينة وذلك أنه قدم المدينة وعثمان محصور فسأل عائشة وطلحة والزبير: إن قتل عثمان من أبايع؟ فقالوا بايع علياً فلما قتل عثمان بايع علياً قال: ثم رجعت إلى قومي فجاءني بعد ذلك ما هو أفظع، حتى قال الناس: هذه عائشة جاءت لتأخذ بدم عثمان، فحرتُ في أمري لمن أتبع، فمنعني الله بحديث سمعتُه من أبي بكر قال: قال رسول الله ﷺ وقد بلغه أنَّ الفرس قد ملَّكوا عليهم ابنةَ كسرى فقال: "لن يفلح قومٌ ولَّوا أمرهم امرأة" وأصل هذا الحديث في صحيح البخاري (٤) . والمقصود أن الأحنف لما انحاز إلى علي ومعه ستة آلاف [قوس، فقال لعلي: إن شئت قاتلت معك، وإن شئت كففت عنك عشرة آلاف سيف، فقال: اكفف عنا] (٥) عشرة آلاف سيف، ثم بعث علي إلى طلحة والزبير يقول: إن كنتم على ما فارقتم عليه القعقاع بن عمرو فكفوا حتى ننزل فننظر في هذا
(١) في أ: وقد أشار. (٢) في ط: نيار، وفي أ: بيان، وما هنا عن تاريخ الطبري (٤/ ٤٩٥). (٣) كذا في الأصلين، وفي الطبري: أبو سلامة. (٤) صحيح البخاري (٤٤٢٥) في المغازي. (٥) ما بينهما ساقط من أ ومستدرك من هامشها.

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