Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un grave événement s’est produit, bien plus sérieux que le fait qu’un homme en tue un autre, ou qu’un groupe tue un individu, ou même qu’une tribu en attaque une autre. Ils dirent alors : « Tu as vu juste et tu as bien parlé ; retourne donc d’où tu viens. Si ‘Alî arrive en partageant le même avis que toi, la situation se réglera. » Il raconta : « Je suis donc retourné auprès de ‘Alî et je l’en ai informé. Cela lui plut, et les gens étaient sur le point de faire la paix ; certains l’approuvèrent, d’autres le réprouvèrent. »

‘Â’isha envoya ensuite un message à ‘Alî pour lui faire savoir qu’elle n’était venue que pour rétablir la concorde (1). Cela réjouit à la fois les uns et les autres. Alors ‘Alî prit la parole devant l’assemblée et rappela la période de l’ignorance (jâhilîya) avec ses malheurs et ses actions, puis il vanta l’islam et le bonheur de ses partisans grâce à l’union et à la concorde. Il souligna que Dieu les avait rassemblés, après la mort de Son Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui), autour du calife Abû Bakr as-Siddîq, puis autour de ‘Umar ibn al-Khattâb, puis autour de ‘Uthmân. Ensuite survint cet événement, provoqué contre la communauté par des gens qui recherchaient les biens de ce bas monde et qui enviaient ceux dont Dieu avait comblé la faveur, ainsi que la prééminence dont Il avait gratifié certains. Ils voulaient faire reculer l’islam et ramener les choses à leur état antérieur, alors que Dieu mène Son ordre à son terme.

Puis ‘Alî déclara : « Sachez que je me mettrai en route dès demain. Préparez-vous à partir, mais que personne ayant participé d’une quelconque façon au meurtre de ‘Uthmân ne se joigne à moi. » Lorsque ‘Alî énonça cela, plusieurs meneurs des agitateurs, tels al-Ashtar an-Nakha‘î, Shurayh ibn ‘Awfâ, ‘Abd Allâh ibn Sabâ (connu sous le nom d’Ibn as-Sawdâ), Sâlim ibn Tha‘labah, ‘Ilbâ’ (2) ibn al-Haytham et d’autres, au nombre de deux mille cinq cents hommes, se réunirent. Il n’y avait parmi eux aucun Compagnon, Dieu en soit loué. Ils dirent : « Que signifie cette décision ? Par Dieu, ‘Alî comprend mieux que quiconque le Livre de Dieu. Il fait sans nul doute partie de ceux qui réclament justice pour les meurtriers de ‘Uthmân, et il est plus proche de l’accomplir que quiconque. Pourtant, vous avez entendu ses propos : demain, il réunira les gens contre vous. Ils ne cherchent en vérité que vos têtes, et vous n’êtes qu’un petit groupe face à leur multitude. »

Alors al-Ashtar s’exprima : « Nous connaissons l’attitude de Talha et az-Zubayr à notre égard, mais quant à ‘Alî, nous n’avons pas encore saisi son intention. S’il s’est réconcilié avec eux, ils n’auront fait la paix qu’au prix de notre sang. Si les choses en sont là, nous ferons subir à ‘Alî le sort d’‘Uthmân, et ils se contenteront de nous laisser tranquilles. » Ibn as-Sawdâ répliqua : « Voilà qui est affligeant ! Si nous le tuons, nous serons tués à notre tour. Nous sommes, ô vous qui avez participé au meurtre de ‘Uthmân, deux mille cinq cents au total, tandis que Talha et az-Zubayr (et leurs partisans) sont cinq mille : vous n’avez pas la force de résister, et ils ne visent que vous. »

‘Ilbâ’ ibn al-Haytham intervint : « Laissez-les et partons. Retirons-nous dans quelque contrée, où nous pourrons nous mettre à l’abri. » Ibn as-Sawdâ (que Dieu le confonde) s’écria alors : « Quelle mauvaise idée ! Les gens vous disperseraient sans tarder. » Puis il ajouta : « Ô gens, votre force réside dans la mêlée au milieu des autres (5). Alors ménagez-les (6). Lorsque les armées s’affronteront, attisez la guerre et le combat entre tout le monde : ne les laissez pas se rassembler. Quiconque sera de votre côté se trouvera contraint de vous défendre ; Dieu détournera alors Talha, az-Zubayr et ceux qui les suivent de ce qu’ils convoitent, et ils trouveront ce qui leur déplaît. Voyez donc la solution la plus avisée et mettez-vous d’accord dessus. » Puis ils se dispersèrent.

Le lendemain, ‘Alî reprit la route ; il traversa la région d’Abd al-Qays, qui se joignit à lui, jusqu’à ce qu’ils fassent halte à az-Zâwiya. Ils en partirent en direction de Bassora, et continuèrent leur marche.

(1) Dans l'édition : « pour la réconciliation ». (2) Dans l'édition : Ghalb ; ce qui est mentionné ici provient d’al-Awwal et al-Ṭabarī (4/493). (3) Dans al-Awwal : « Et Ali aperçut dans le Livre de Dieu ». (4) Dans al-Awwal : « Je n'ai pas vu que nous lui avons dit : nous l'avons tué ». (5) Dans l'édition : « Voici votre caravane », et dans al-Awwal : « Voici votre honneur dans votre mélange avec les gens ». (6) Addition au Tārīkh d’al-Ṭabarī (4/494).
الذي قد حدث أمرٌ عظيمٌ، وليس كقتل الرجل الرجلَ، (ولا النفر الرجل) ، ولا القبيلة القبيلة. فقالوا: قد أصبتَ وأحسنتَ فارجع، فإن قدم علي وهو على مثل رأيك صلح الأمر، قال: فرجع إلى علي فأخبره فأعجبه ذلك، وأشرف القوم على الصلح، كره ذلك من كرهه ورضيه من رضيه. وأرسلت عائشة إلى علي تعلمه أنها إنما جاءت للإصلاح (١) ، ففرح هؤلاء وهؤلاء. وقام عليٌّ في الناس خطيباً فذكر الجاهلية وشقاءها وأعمالها، وذكر الإسلام وسعادة أهل بالأُلفة والجماعة، وأن الله جمعهم بعد نبيه ﷺ على الخليفة أبي بكر الصديق، ثم بعده على عمر بن الخطاب، ثم على عثمان ثم حدث هذا الحدث الذي جرَّه على الأمة أقوامٌ طلبوا الدنيا وحسدوا من أنعم الله عليه بها، وعلى الفضيلة التي منّ الله بها، وأرادوا ردَّ الإسلام والأشياء على أدبارها، واللهُ بالغُ أمْرِهِ. ثم قال: ألا إني مرتحلٌ غداً فارتحلوا، ولا يرتحل معي أحدٌ أعانَ على قتل عثمان بشيء من أمور الناس. فلما قال هذا اجتمع من رؤوسهم جماعة كالأشتر النَّخعي، وشُريح بن أوفى، وعبد الله بن سبأ المعروف بابن السوداء، وسالم بن ثعلبة، وعِلباء (٢) بن الهيثم، وغيرهم في ألفين وخمسمئة، وليس فيهم صحابي ولله الحمد، فقالوا: ما هذا الرأي، وعلي -والله- أعلم (٣) بكتاب الله [وهو] ممن يطلب قتلة عثمان، وأقرب إلى العمل بذلك، وقد قال ما سمعتم، وغداً يجمع عليكم الناس، وإنما يريد القوم كلهم أنتم، فكيف بكم وعددكم قليل في كثرتهم، فقال الأشتر: قد عرفنا رأي طلحة والزبير فينا، وأما رأي علي فلم نعرفه إلى اليوم، فإن كان قد اصطلح معهم فإنهم اصطلحوا على دمائنا، فإن كان الأمر هكذا ألحقنا علياً بعثمان، فرضي القوم منا بالسكوت، فقال ابن السوداء: بئس ما رأيت، لو قتلناه قتلنا (٤) ، فإنا يا معشر قتلة عثمان في ألفين وخمسمئة، وطلحة والزبير (وأصحابهما) في خمسة آلاف، لا طاقة لكم بهم، وهم إنما يريدونكم، فقال عِلباء بن الهيثم: دعوهم وارجعوا بنا حتى نتعلق ببعض البلاد فنمتنع بها، فقال ابن السوداء: (بئس ما قلتَ، إذاً والله كان يتخطفكم الناس، ثم قال ابن السوداء) قبحه الله: يا قوم إن عِزَّكم في خُلْطة الناس (٥) [فصانعوهم] (٦) فإذا التقى الناس فانشبوا الحرب والقتال بين الناس ولا تدعوهم يجتمعون فمن أنتم معه لا يجد بداً من أن يمتنع، ويشغل الله طلحة والزبير ومنْ معهما عمّا يُحبّون، ويأتيهم ما يكرهون، فأبصروا الرأي وتفرقوا عليه. وأصبح عليٌّ مرتحلاً ومرَّ بعبد القيس فساروا معه حتى نزلوا بالزاوية، وسار منها يريد البصرة، وسار
(١) في ط: "للصلح". (٢) في ط: غلاب؛ وما هنا عن أ والطبري (٤/ ٤٩٣). (٣) في أ: وعلي أبصر بكتاب الله. (٤) في أ: ما رأيت قلنا لها قتلنا. (٥) في ط: إن عيركم، وفي ا: إن عزكم في خلطتكم بالناس. (٦) زيادة عن تاريخ الطبري (٤/ ٤٩٤).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies