Amr, Siʿr (1) ibn Malik, Hind ibn Amr, Al-Haytham ibn Shihab, Zayd ibn Suḥān, Al-Ashṭar, ʿAdiyy ibn Ḥātim, Al-Musayyab ibn Najbah, Yazīd ibn Qays, Ḥujr ibn ʿAdī et leurs semblables.
La tribu d’Abd al-Qays au complet se trouvait entre ʿAlī et Bassora, l’attendant, et ils étaient des milliers. ʿAlī envoya alors Al-Qaʿqāʿ comme émissaire auprès de Ṭalḥa et Az-Zubayr à Bassora, afin de les appeler à l’entente et à l’union, et de leur faire de vives remontrances au sujet de la division et du désaccord.
Al-Qaʿqāʿ se rendit donc à Bassora et commença par s’adresser à ʿĀʾisha, Mère des croyants. Il dit : « Ô ma mère ! Qu’est-ce qui t’amène dans cette ville ? » Elle répondit : « Ô mon fils ! Je suis venue pour la réconciliation entre les gens. » Il lui demanda alors de faire venir Ṭalḥa et Az-Zubayr en sa présence. Ils vinrent, et Al-Qaʿqāʿ déclara : « J’ai demandé à la Mère des croyants ce qui l’avait amenée. Elle m’a répondu : “Je ne suis venue que pour la réconciliation (2) entre les gens.” » Et ils dirent : « Nous aussi. »
Al-Qaʿqāʿ reprit : « Faites-moi donc savoir quelle est la nature de cette réconciliation, et sur quoi elle doit porter ? Par Dieu, si nous la comprenons, nous nous réconcilierons ; mais si nous y trouvons quelque chose d’inadmissible, nous ne pourrons nous réconcilier. » Ils dirent : « Il s’agit des meurtriers de ʿUthmān. Si l’on n’agit pas contre eux (3), ce serait délaisser le Coran. » Alors Al-Qaʿqāʿ dit : « Mais vous avez déjà tué ceux qui ont tué ʿUthmān (4) parmi les gens de Bassora ; et vous étiez, avant cela, plus proches de la justesse que vous ne l’êtes aujourd’hui. Vous en avez mis à mort six cents, et six mille se sont indignés pour eux, se séparant de vous et quittant vos rangs. Vous avez voulu vous en prendre à Ḥarqūṣ ibn Zuhayr, mais six mille hommes l’ont protégé. Si vous les laissez, vous retomberez dans ce que vous redoutez ; et si vous les combattez et qu’ils triomphent de vous, le trouble que vous craignez et cherchez à éviter s’avérera bien pire que celui que vous pensiez repousser par l’exécution des meurtriers de ʿUthmān. » Il sous-entendait que, certes, punir les meurtriers de ʿUthmān est un bien, mais que le mal qui en dépendrait serait bien plus grand.
Et tout comme vous n’avez pas pu prendre votre revanche pour ʿUthmān en vous emparant de Ḥarqūṣ ibn Zuhayr – car six mille hommes s’y sont opposés –, ʿAlī est excusable de surseoir à la mort des meurtriers de ʿUthmān jusqu’à ce qu’il puisse réellement les maîtriser. Car l’opinion dans toutes les provinces est partagée (5), et des groupes issus de Rabīʿa et Muḍar se sont rassemblés (6) pour combattre à cause de l’affaire qui s’est produite.
ʿĀʾisha, la Mère des croyants, lui demanda : « Et toi, qu’en dis-tu ? » Il répondit : « Je pense que le remède à ce qui s’est passé est l’apaisement. Quand tout se calmera, ils (les fauteurs) se feront jour. Si vous nous prêtez allégeance, ce sera un signe de bien, une marque de miséricorde et l’occasion de faire aboutir la justice. Mais si vous persistez dans le refus et la confrontation, ce sera un signe funeste et la fin de ce pouvoir. Choisissez donc la paix, vous l’obtiendrez. Soyez, comme vous l’étiez auparavant, des sources de bien, et ne nous exposez pas à l’épreuve, car vous vous y exposeriez aussi, et Dieu nous frapperait tous, vous et nous. Par Dieu, je formule ces propos et vous y invite, tout en craignant que les choses ne s’achèvent que lorsqu’Il aura pris ce qu’Il veut de cette communauté dont la durée est courte et qui subit déjà tant d’épreuves. Car cette affaire… »