Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils lui avaient imposé de ne recevoir aucun hôte, mais il se retrouva face à des individus qu’il ne pouvait pas contourner.

Qatâda raconta qu’ils arrivèrent alors qu’il travaillait dans l’un de ses champs et lui demandèrent l’hospitalité. Gêné à l’idée de les refuser, il se mit donc en chemin devant eux et, à travers quelques allusions dans ses propos, espérait qu’ils renoncent à venir dans cette localité pour s’installer plutôt ailleurs. Il leur dit notamment : « Ô vous, je ne connais pas sur terre des gens aussi pervers que ceux de cette cité. » Puis il s’éloigna un peu et réitéra les mêmes paroles, jusqu’à le faire quatre fois. Il dit aussi qu’on avait ordonné aux anges de ne pas anéantir ce peuple avant que leur Prophète n’en témoigne (1).

As-Suddî déclara : « Les anges partirent de chez Abraham en direction du peuple de Loth et arrivèrent à la mi-journée. Lorsqu’ils atteignirent la rivière de Sodome, ils croisèrent la fille de Loth qui puisait de l’eau pour les siens. Loth avait deux filles, l’aînée se nommait “Ritha” et la plus jeune “Zaghrata”. Les anges s’adressèrent à elle : “Ô jeune fille, y a-t-il un endroit pour nous loger ?” Elle leur répondit : “Attendez ici et n’entrez pas encore, je reviendrai vous chercher.” Elle eut pitié d’eux par crainte que son peuple ne leur fasse du mal, puis alla trouver son père en disant : “Ô mon père, deux jeunes gens se tiennent à la porte de la ville ; je n’ai jamais vu de visages plus beaux. J’espère que ton peuple ne les malmènera pas pour les humilier.” Or, les habitants avaient interdit à Loth d’accueillir qui que ce soit. Malgré cela, il les fit entrer chez lui à l’insu de tout le monde, hormis sa famille. Alors, sa femme sortit et informa leur peuple : “Il y a chez Loth des hommes dont je n’ai jamais vu la pareille en beauté.” Aussitôt, les gens du village se ruèrent vers sa demeure (2). »

Puis la Parole divine dit : « Ô mon peuple, voici mes filles : elles sont plus pures pour vous » (Hûd, 78). C’est-à-dire : malgré les énormes et innombrables péchés qu’ils avaient déjà commis, il les oriente vers leurs propres femmes, désignées ici comme “ses filles” en vertu du lien légal, car le Prophète est considéré pour sa communauté comme un père, ainsi que le mentionne le hadith. Dieu – exalté soit-Il – dit également : « Le Prophète a sur les croyants plus de droit qu’ils n’en ont sur eux-mêmes, et ses épouses sont leurs mères » (Al-Ahzâb, 6). Certains Compagnons et pieux prédécesseurs ont d’ailleurs affirmé à ce sujet : “Il est leur père.”

Cela rejoint Sa parole : « Vous approchez-vous des hommes parmi les mondes (165) et délaissez-vous ce que votre Seigneur a créé pour vous parmi vos épouses ? Vous êtes plutôt des gens outranciers » (Ash-Shu‘arâ’, 165-166). C’est l’opinion défendue par Mujâhid, Sa‘īd ibn Jubayr, Ar-Rabī‘ ibn Anas, Qatâda, As-Suddî et Muhammad ibn Ishâq, et elle est correcte. L’autre avis est erroné, tiré des Gens du Livre, dont le texte a été altéré. Ils se sont également fourvoyés en prétendant que les anges n’étaient que deux et qu’ils avaient pris un repas chez Loth. Les Gens du Livre ont commis de nombreuses confusions à propos de ce récit.

Ensuite, Dieu dit : « Craignez Dieu et ne me déshonorez pas au sujet de mes hôtes. N’y a-t-il donc pas parmi vous un homme raisonnable ? » (Hûd, 78). C’est une interdiction de leur part de s’adonner à ce qui est infâme et la preuve qu’aucun d’entre eux n’était sensé, ni doué de la moindre bienveillance. Tous étaient dénués de raison, des fauteurs de trouble, de redoutables pervers et des mécréants dénués de bon sens. Les anges voulaient justement entendre ce discours de sa bouche avant de l’interroger à ce sujet. Et le peuple de Loth répondit alors – que la malédiction soit sur eux.

(1) Rapporté par Ibn Jarir dans son Tafsîr (7/79‑80). (2) Rapporté par Ibn Jarir dans son Histoire (1/300).
غيرهم، وكانوا قد اشترطوا عليه أن لا يُضَيِّفَ أحدًا، ولكن رأى من لا يمكن المحيد عنه. وذكر قتادة: أنَّهم وَرَدُوا عليه وهو في أرضٍ له يعملُ فيها، فتضيَّفُوا، فاستحيا منهم، وانطلقَ أمامَهم، وجعلَ يُعرِّضُ لهم في الكلام لعلَّهم ينصرفون عن هذه القرية وينزلوا في غيرها، فقال لهم فيما قال: يا هؤلاء ما أعلم على وجه الأرض أهلَ بلد أخبثَ من هؤلاء، ثم مشى قليلًا، ثم أعاد ذلك عليهم، حتى كرَّره أربعَ مرَّات، قال: وكانوا قد أمروا ألا يُهلكوهم حتى يشهدَ عليهم نبيُّهم بذلك (١) . وقال السُّديِّ: خرجتِ الملائكةُ من عند إبراهيم نحوَ قوم لوط، فأتَوْها نصفَ النَّهار، فلما بلغوا نهرَ سَدُوم لقوا ابنةَ لوط تَسْتقي من الماء لأهلها، وكانت له ابنتان، اسم الكبرى "ريثا" والصُّغرى "زغْرتا" فقالوا لها: يا جاريةُ: هل من منزلٍ؟ فقالت لهم: مكانَكم لا تدخلوا حتى آتيكم، فَرِقَتْ عليهم من قومها، فأتتْ أباها، فقالت: يا أبتاه أرادَك فتيانٌ على باب المدينة، ما رأيتُ وجوهَ قومِ قطُّ هي أحسن منهم، لا يأخذهم قومك فيفضحوهم. وقد كان قومُه نهوه أن يُضيِّفَ رجلًا، فجاء بهم فلم يعلم أحدٌ إلا أهلُ البيت، فخرجتْ امرأتُه فأخبرتْ قومَها، فقالت: إن في بيت لوط رجالًا ما رأيتُ مثلَ وجوههم قطُ، فجاءَه قومُه يُهرعون إليه (٢) . وقوله: ﴿يَاقَوْمِ هَؤُلَاءِ بَنَاتِي هُنَّ أَطْهَرُ لَكُمْ﴾ [هود: ٧٨] أي: هذا مع ما سلفَ لهم من الذنوب العظيمة الكبيرة الكثيرة ﴿يَاقَوْمِ هَؤُلَاءِ بَنَاتِي هُنَّ أَطْهَرُ لَكُمْ﴾ [هود: ٧٨] يُرشدهم إلى غشيان نسائِهم وهنَّ بناته شرعًا، لأن النبيَّ للأمة بمنزلة الوالد، كما ورد في الحديث، وكما قال تعالى: ﴿النَّبِيُّ أَوْلَى بِالْمُؤْمِنِينَ مِنْ أَنْفُسِهِمْ وَأَزْوَاجُهُ أُمَّهَاتُهُمْ﴾ [الأحزاب: ٦] وفي قول بعض الصحابة والسلف: وهو أب لهم. وكهذا كقوله: ﴿أَتَأْتُونَ الذُّكْرَانَ مِنَ الْعَالَمِينَ (١٦٥) وَتَذَرُونَ مَا خَلَقَ لَكُمْ رَبُّكُمْ مِنْ أَزْوَاجِكُمْ بَلْ أَنْتُمْ قَوْمٌ عَادُونَ﴾ [الشعراء: ١٦٥، ١٦٦] وهذا هو الذي نصَّ عليه مجاهد وسعيد بن جُبَيْر والربيع بن أنس وقتادة والسُّدِّي ومحمد بن إسحاق، وهو الصواب. والقولُ الآخر خطأ، مأخوذ من أهل الكتاب، وقد تصحَّفَ عليهم، كما أخطؤوا في قولهم: إن الملائكة كانوا اثنين، وإنهم تَعشَّوْا عنده، وقد خبطَ أهلُ الكتاب في هذه القِصَّة تخبيطًا عظيمًا. وقوله: ﴿فَاتَّقُوا اللَّهَ وَلَا تُخْزُونِ فِي ضَيْفِي أَلَيْسَ مِنْكُمْ رَجُلٌ رَشِيدٌ﴾ [هود: ٧٨] نهيٌ لهم عن تعاطي ما لا يليقُ من الفاحشة، وشهادةٌ عليهم بأنه ليس فيهم رجلٌ له مُسْكةٌ ولا فيه خير، بل الجميعُ سفهاء، فجرةٌ أقوياء، كفرةٌ أغبياء. وكان هذا من جملة ما أرادَ الملائكةُ أن يسمعوا منه من قبل أن يسألوه عنه، فقال قومه: - عليهم لعنة
(١) أخرجه ابن جرير في التفسير (٧/ ٧٩ - ٨٠). (٢) أخرجه ابن جرير في التاريخ (١/ ٣٠٠).

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