Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En cas de doute sur ce qui vous semble ambigu, soumettez-le donc au Livre : ce que le Coran reconnaît, attachez-vous-y, et ce que le Coran rejette, rejetez-le. Et soyez satisfaits d’Allah comme Seigneur, de l’Islam comme religion, de Muhammad comme Prophète, et du Coran comme juge et guide.

(1) Il est rapporté qu’une fois sa décision prise de partir de ar-Rabadha, Ibn Abî Rifâʿa ibn Râfiʿ s’avança vers lui et dit : « Ô Commandeur des croyants, que veux-tu faire ? Où nous conduis-tu ? » Il répondit : « Ce que nous voulons et projetons, c’est la réconciliation, s’ils l’acceptent de nous et y consentent. » Il lui demanda : « Et s’ils n’y consentent pas ? » Il répondit : « Nous les laisserons avec leur traîtrise, nous leur accorderons leurs droits et nous patienterons. » Il répliqua : « Et s’ils n’en sont pas satisfaits ? » Il dit : « Nous les laisserons tant qu’ils nous laissent en paix. » Il insista : « S’ils ne nous laissent pas en paix ? » Il répondit : « Alors nous nous défendrons contre eux. » L’autre conclut : « Fort bien. »

À ce moment, al-Ḥajjâj ibn Ghaziyya al-Anṣârî se leva et proclama : « Je t’honorerai par mes actes comme tu m’as honoré par tes paroles. Par Dieu, Il nous accordera la victoire, car Il nous a qualifiés d’“Auxiliaires” (Anṣâr). »

On raconte qu’un groupe de la tribu de Ṭayyʾ arriva tandis qu’ʿAlî se trouvait à ar-Rabadha. Quelqu’un informa ʿAlî : « Voilà des hommes de Ṭayyʾ, certains désirent partir se battre à tes côtés, d’autres souhaitent simplement te saluer. » Il répondit : « Qu’Allah récompense chacun – “Et Allah a attribué aux combattants une immense récompense par rapport à ceux qui restent” (Coran 4:95). »

(2) On rapporte alors qu’ʿAlî quitta ar-Rabadha, déjà disposé en ordre de marche, montant une chamelle rousse et tenant par la bride un cheval bai. Parvenu à Fayd, un groupe des tribus d’Asad et de Ṭayyʾ vint lui proposer son aide, mais il répondit : « Ceux qui m’accompagnent suffisent. » Un homme de Koufa, nommé ʿÂmir ibn Muṭar al-Shaybânî, vint à lui, et ʿAlî lui demanda : « Qu’y a-t-il de nouveau ? » Il l’informa alors de la situation, puis ʿAlî l’interrogea sur Abû Mûsâ al-Ashʿarî. L’homme dit : « Si tu recherches la réconciliation, Abû Mûsâ est l’homme qu’il te faut ; si tu cherches la guerre, ce n’est pas lui qu’il te faut. » ʿAlî répondit : « Par Dieu, je ne souhaite rien d’autre que la réconciliation avec ceux qui se sont soulevés contre nous. »

Il poursuivit sa route. Lorsqu’il se rapprocha de Koufa, il apprit en détail les événements survenus : des personnes avaient été tuées, ʿUthmân ibn Ḥunayf avait été chassé de Bassora, et les biens du Trésor public (Bayt al-Mâl) avaient été saisis. Il répétait alors : « Ô Seigneur, préserve-moi de l’épreuve dont Tu as affligé Ṭalḥa et az-Zubayr. » Parvenu à Dhû Qâr, ʿUthmân ibn Ḥunayf se présenta devant lui, le visage tuméfié et altéré, et dit : « Ô Commandeur des croyants, tu m’as envoyé à Bassora la barbe au menton, et me voici de retour glabre ! » ʿAlî répondit : « Tu as gagné en cela un bien et une récompense. »

Il invoqua ensuite au sujet de Ṭalḥa et az-Zubayr : « Ô Seigneur, défais ce qu’ils ont noué, ne consolide pas ce qu’ils ont renforcé en eux-mêmes ; et montre-leur la laideur de ce qu’ils ont entrepris » – faisant allusion à cette affaire. ʿAlî s’établit alors à Dhû Qâr, attendant la réponse à la lettre qu’il avait envoyée par l’intermédiaire de Muḥammad ibn Abî Bakr et de Muḥammad ibn Jaʿfar. Ceux-ci étaient arrivés auprès d’Abû Mûsâ avec le message de ʿAlî et s’étaient adressés aux gens conformément à ses instructions, mais ils ne reçurent aucune réponse. Le soir venu, des hommes sages vinrent voir Abû Mûsâ pour le presser d’obéir à ʿAlî. Il leur déclara : « Cela valait pour hier. » Se sentant offensés, Muḥammad et Muḥammad lui parlèrent rudement, et il leur rétorqua : « Par Dieu, la bayʿa d’ʿUthmân demeure bien… » (l’énoncé s’interrompt).

(1) Dans le manuscrit : « ce qu'il a reconnu, reconnaissez-le. » (2) En marge du manuscrit : « la question des sectes. » (3) Dans le manuscrit : « puis il partit de al-Rabḍah. » (4) Fayd : Balidah, située à mi-chemin entre La Mecque et Koufa. Voir Muʿjam al-Buldan (4/282). (5) Telle est la lecture dans les sources premières, la forme correcte étant : Amrad. (6) Dans le manuscrit : « ce qu'ils ont ratifié. »
عمّا أشكلَ عليكم، حتى تعرضوه على الكتاب، فما عرفه القرآن فالزموه (١) ، وما أنكره فردُّوه، وارضوا باللّه ربًّا، وبالإسلام ديناً، وبمحمد نبياً، وبالقرآن حكماً وإماماً. قال: فلما (٢) عزم على المسير من الرَّبَذَة قام إليه ابن أبي رفاعة بن رافع، فقال: يا أمير المؤمنين أي شيء تريد؟ وأين تذهب بنا؟ فقال: أما الذي نريد وننوي فالإصلاح، إن قبلوا منا وأجابوا إليه، قال: فإن لم يجيبوا إليه؟ قال: ندعهم بغدرهم ونعطيهم الحق ونصبر. قال: فإن لم يرضوا؟ قال: ندعهم ما تركونا، قال: فإن لم يتركونا؟ قال: امتنعنا منهم، قال: فنعم إذاً. فقام إليه الحجاج بن غزية الأنصاري فقال: لأرضينك بالفعل كما أرضيتني بالقول، والله لينصرني الله كما سمَّانا أنصاراً. قال: وأتت جماعة من طىِّءٍ وعليٌّ بالربذة، فقيل له: هؤلاء جماعة جاؤوا من طىِّءٍ منهم منْ يريد الخروج معك، ومنهم من يريد السلام عليك، فقال: جزى الله كلاًّ خيراً ﴿وَفَضَّلَ اللَّهُ الْمُجَاهِدِينَ عَلَى الْقَاعِدِينَ أَجْرًا عَظِيمًا﴾ [النساء: ٩٥] قالوا: فسار علي (٣) من الربذة على تعبئته وهو راكبٌ ناقةً حمراءَ يقودُ فرساً كميتاً فلما كان بفَيْد (٤) جاءه جماعة من أسد وطيء، فعرضوا أنفسهم عليه فقال: فيمن معي كفاية، وجاء رجل من أهل الكوفة يقال له عامر بن مطر الشيباني، فقال له عليٌّ: ما وراءك؟ فأخبره الخبر، فسأله عن أبي موسى فقال: إن أردت الصلح فأبو موسى صاحبه، وإن أردت القتالَ فليس بصاحبه، فقال علي: والله ما أريد إلا الصلح ممن تمرد علينا، وسار، فلما اقترب من الكوفة وجاءه الخبر بما وقع من الأمر على جليَّته، من قتل ومن إخراج عثمان بن حُنَيْف من البصرة، وأخذهم أموال بيت المال، جعل يقول: اللهم عافني مما ابتليت به طلحة والزبير، فلما انتهى إلى ذي قار أتاه عثمان بن حنيف مهشماً، وليس في وجهه شرة فقال: يا أمير المؤمنين بعثتني إلى البصرة وأنا ذو لحية، وقد جئتك أمرداً (٥) ، فقال: أصبت خيراً وأجراً. وقال عن طلحة والزبير: اللهم احْلل ما عَقَدا (٦) ، ولا تُبرم ما أحْكما في أنفسهما، وأرهما المَسَاءة فيما قد عَمِلا -يعني في هذا الأمر- وأقام عليٌّ بذي قار ينتظر جواب ما كتب به مع محمد بن أبي بكر وصاحبه محمد بن جعفر -وكانا قد قدما بكتابه على أبي موسى وقاما في الناس بأمره- فلم يجابا في شيء، فلما أمسوا دخل أناس من ذوي الحجى على أبي موسى يعرضون عليه الطاعة لعلي، فقال: كان هذا بالأمس فغضب محمد ومحمد فقالا له قولًا غليظاً: فقال لهما: والله إن بيعة عثمان لفي
(١) في أ: فما عرفه فاعرفوه. (٢) في هامش أ: مطلب الفرق. (٣) في أ: ثم سار من الربذة. (٤) فيد: بليدة في نصف طريق مكة من الكوفة. معجم البلدان (٤/ ٢٨٢). (٥) كذا في الأصول والأصح: أمردَ. (٦) في أ: ما عقدوا.

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