Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ali (quitta la ville) avec environ neuf cents combattants. Abdallah ibn Salâm (qu’Allah l’agrée) le rencontra alors qu’il se trouvait à az-Zabada (1). Il saisit la bride de son cheval et lui dit : « Ô Commandeur des croyants ! Ne quitte pas (cette ville). Par Dieu, si tu la quittes, l’autorité des musulmans n’y reviendra jamais. » Quelques-uns l’insultèrent, et Ali répliqua : « Laissez-le, car il est un homme excellent parmi les Compagnons du Prophète (ﷺ). »

Al-Hasan ibn Ali vint alors trouver son père sur la route et lui dit : « Je t’avais bien interdit (d’agir ainsi), mais tu m’as désobéi. Demain, tu seras tué dans l’abandon, sans défenseur. » Ali lui répondit : « Tu ne cesses de gémir sur moi comme le gémissement d’une servante. De quoi donc m’aurais-tu empêché et à quoi t’ai-je désobéi ? » Il poursuivit : « Ne t’avais-je pas ordonné, avant le meurtre de ‘Uthmân, de quitter (la ville) afin qu’il ne soit pas tué alors que tu t’y trouvais, et qu’ainsi on ne dise pas ou ne laisse pas courir des rumeurs ? Ne t’avais-je pas ordonné de ne pas prêter serment d’allégeance aux gens après la mort de ‘Uthmân, jusqu’à ce que les habitants de chaque contrée t’envoient leur propre serment ? Et je t’ai également ordonné, lorsque cette femme et ces deux hommes sont sortis, de rester chez toi jusqu’à ce qu’ils parviennent à un accord, mais tu m’as désobéi dans tout cela (entièrement) ? »

Ali répondit : « Quant à ce que tu dis au sujet de ma sortie (2) avant le meurtre de ‘Uthmân, j’ai été assiégé tout comme lui. Pour ce qui est du serment d’allégeance accordé avant que ne survienne celui des autres provinces, j’ai craint que cette affaire ne se perde. Quant au fait de rester chez moi alors que ces gens ont agi comme ils l’ont fait, tu voudrais que je sois comme l’hyène que l’on encercle en disant “Elle n’est pas là”, jusqu’à ce que l’on doive lui trancher le jarret pour qu’elle sorte ? Si je ne veille pas à ce qui m’incombe et me concerne dans cette affaire, qui donc le fera ? Épargne-moi tes reproches, ô mon fils. »

Lorsque la nouvelle des agissements de ces gens à Bassora (comme nous l’avons mentionné) parvint à Ali, il écrivit aux habitants de Kufa, par l’intermédiaire de Muhammad ibn Abi Bakr et de Muhammad ibn Ja‘far : « Je vous ai choisis de préférence à (toutes) les autres provinces, je me suis tourné vers vous et j’ai cherché votre aide face à l’événement survenu. Soyez les soutiens et les défenseurs de la religion de Dieu. Rejoignez-nous, car nous voulons la réconciliation, afin que (4) cette communauté retrouve sa fraternité. » Ils partirent, et il envoya un message à Médine pour prendre les armes et les montures dont il avait besoin.

Ali s’adressa ensuite aux gens en disant : « Certes, Dieu nous a honorés par l’islam, Il nous a élevés grâce à lui et a fait de nous des frères, après que nous ayons connu l’humiliation, la faiblesse, la haine et la séparation. Les gens ont suivi cette voie aussi longtemps que Dieu l’a voulu : l’islam était leur religion, la vérité se trouvait parmi eux, et le Livre (le Coran) était leur guide, jusqu’à ce que cet homme (Uthmân) ait été atteint par la main de ceux que Satan (5) a poussés à semer la discorde entre les membres de cette communauté. Sachez que cette communauté, inévitablement, se divisera, tout comme se sont divisées celles qui l’ont précédée. Nous recherchons la protection de Dieu contre le mal à venir. »

Puis il reprit la parole en disant : « (En vérité,) ce qui doit arriver arrivera. Sachez que cette communauté se divisera en soixante-treize groupes, et le pire d’entre eux sera un groupe qui m’aime sans agir selon mes actes. Vous en avez déjà fait l’expérience et vous avez vu ce qui en est. Adhérez donc fermement à votre religion, guidez-vous de mon exemple, car il est celui de votre Prophète ; suivez sa Sunna et détournez-vous… »

(1) Dans la marge de A : nom d'un lieu. C'est l'un des villages de Médine, à trois jours de là, sur la route de La Mecque. Voir Maʿǧam al-Buldān (3/24). (2) Dans T : « an akhruj ». (3) Dans A : « faturidunī ». (4) Dans A : « w'anhaḍū ilaynā bil-islāḥ litaʿūda ». (5) Dans A : « adhalla-hum ». Et « nazaʿ » signifie : « inciter et corrompre ». Voir al-Lisān (retrait).
وخرجِ (علي من المدينة) في نحو من تسعمئة مقاتل، وقد لقي عبد الله بن سلام (رضي الله عنه) علياً وهو بالزَّبَذَةِ (١) ، فأخذ بعنان فرسه وقال: يا أمير المؤمنين! لا تخرج (منها) فوالله لئن خرجت منها لا يعود إليها سلطان المسلمين أبداً، فسبَّه بعض الناس، فقال علي: دعوه فنعمَ الرجلُ من أصحاب النبي ﷺ . وجاء الحسن بن علي إلى أبيه في الطريق فقال: لقد نهيتُكَ فعَصَيْتني تُقْتلُ غداً بمضيعةٍ لا ناصر لك. فقال له علي: إنك لا تزال تحنّ عليَّ حنينَ الجارية، وما الذي نهيتَني عنه فعَصْيتُكَ؟ فقال: ألم آمرك قبل مَقْتل عثمان أن تخرج منها لئلا يقتل وأنت بها، فيقول قائل أو يتحدث متحدث؟ ألم آمرك أن لا تبايع الناس بعد قتل عثمان حتى يبعث إليك أهل كل مصر ببيعتهم؟ وأمرتك حين خرجت هذه المرأة وهذان الرجلان أن تجلس في بيتك حتى يصطلحوا فعصيتني في ذلك (كله) ؟ فقال له علي: أما قولك أني خرجت (٢) قبل مقتل عثمان فلقد أُحيط بنا كما أُحيط به، وأما مبايعتي قبل مجيء بيعة الأمصار فكرهتُ أن يضيعَ هذا الأمر، وأما أن أجلس وقد ذهب هؤلاء إلى ما ذهبوا إليه. فتريد مني (٣) أن أكونَ كالضَّبع التي يحاط بها، ويقال ليست هاهنا، حتى يشق عرقوبها فتخرج، فإذا لم أنظر فيما يلزمني في هذا الأمر ويعنيني، فمن ينظر فيه؟ فكُفَّ عنّي يا بنيّ، ولمّا انتهى إليه خبر ما صنع القوم بالبصرة (من الأمر الذي قدمنا) كتب إلى أهل الكوفة مع محمد بن أبي بكر، ومحمد بن جعفر، إني قد اخترتكم على (أهل) الأمصار، فرغبت إليكم وفزعت لما حدث، فكونوا لدين الله أعواناً وأنصاراً، وانهضوا إلينا فالإصلاح نريد لتعود (٤) هذه الأمة إخواناً، فمضيا، وأرسل إلى المدينة فأخذ ما أراد من سلاح ودواب، وقام في الناس خطيباً فقال: إنَّ الله أعزَّنا بالإسلام، ورفعنا به، وجعلنا به إخواناً، بعد ذلّةٍ وقلةٍ وتباغضٍ وتباعدٍ، فجرى الناس على ذلك ما شاء الله، الإسلامُ دينُهم، والحقُّ قائمٌ بينهم، والكتاب إمامُهم، حتى أصيبَ هذا الرجل بأيدي هؤلاء القوم الذين نزغهم (٥) الشيطان لينزغَ بين هذه الأمة، ألا وإنَّ هذه الأمة لا (بد) مفترقة كما افترقتِ الأممُ قبلها، فنعوذ بالله من شرّ ما هو كائن. ثم عاد ثانية فقال: (إنه) لا بدَّ مما هو كائن أن يكون، ألا وإنّ هذه الأمة ستفترق على ثلاثٍ وسبعين فرقةً، شرُّها فرقة تحبّني ولا تعمل بعملي، وقد أدركتم ورأيتم، فالزموا دينكم، واهتدوا بهدْيي فإنَّه هدي نبيِّكم، واتبعوا سُنَّته، وأعرضوا
(١) في هامش أ: اسم موضع. وهي من قرى المدينة على بعد ثلاثة أيام منها على طريق مكة. معجم البلدان (٣/ ٢٤). (٢) في ط: أن أخرج. (٣) في أ: فتريدني. (٤) في أ: وانهضوا إلينا بالإصلاح لتعود. (٥) في أ: أذلهم. ونزع: أغرى وأفسد. اللسان (نزع).

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