Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’arriva le deuxième jour, ils se mirent en marche pour combattre et livrèrent une bataille acharnée jusqu’à ce que le soleil fût sur le point de décliner. Un grand nombre de compagnons d’Othmân ibn Hunayf furent tués, et les deux camps souffrirent de nombreuses blessures. Lorsque la guerre se fit dure pour eux, ils appelèrent à la réconciliation en convenant de rédiger un pacte entre eux et d’envoyer un émissaire aux habitants de Médine pour les interroger : si Talha et Az-Zubayr avaient été contraints de prêter allégeance, alors Othmân ibn Hunayf quitterait Bassora et la leur abandonnerait. Mais s’ils ne l’avaient pas été, Talha et Az-Zubayr devraient s’en aller et leur laisser la ville. Ils chargèrent de cette mission Kaʿb ibn Sûr, le juge, qui arriva à Médine un vendredi. Il s’adressa à la foule et leur demanda : « Talha et Az-Zubayr ont-ils prêté allégeance de leur plein gré ou sous la contrainte ? » Les gens se turent et nul ne parla, sauf Usâma ibn Zayd qui affirma : « En vérité, ils y furent contraints. » Alors, certains se levèrent contre lui pour le frapper, mais (1) Souhayb, Abou Ayyoub et d’autres se mirent en travers pour le protéger jusqu’à ce qu’ils le libèrent. Ils lui dirent : « Pourquoi n’as-tu pas gardé le silence comme nous ? » (2) Il répondit : « Non, par Dieu ! Je ne pensais pas que les choses en arriveraient là. »

Ali écrivit à Othmân ibn Hunayf en ces termes : « Il n’y a pas eu de contrainte de leur part pour se séparer, mais il y en eut une pour se rallier et pour préserver l’unité. S’ils veulent se rétracter, ils n’ont aucune excuse. S’ils cherchent autre chose, ils examineront et nous examinerons. » Lorsque Kaʿb ibn Sûr arriva avec la lettre d’Ali à Othmân ibn Hunayf, celui-ci déclara : « Cela est une autre affaire que celle pour laquelle nous étions convenus. » Talha et Az-Zubayr envoyèrent dire à Othmân ibn Hunayf de sortir pour les rencontrer mais il refusa. Ils rassemblèrent alors leurs hommes par une nuit obscure et se présentèrent en groupe pour prier la prière du soir dans la grande mosquée. Cette nuit-là, Othmân ibn Hunayf ne sortit pas (3). C’est ʿAbd ar-Rahmân ibn ʿAttâb ibn Asîd qui dirigea la prière. Il y eut, de la part de quelques gens du commun de Bassora, des paroles injurieuses et des violences qui se soldèrent par la mort d’environ quarante hommes (d’entre eux). Les gens pénétrèrent dans la demeure d’Othmân ibn Hunayf, le saisirent et l’amenèrent devant Talha et Az-Zubayr. Il ne lui resta plus un seul poil au visage : ils lui arrachèrent la barbe et les sourcils. Talha et Az-Zubayr trouvèrent cela très grave et envoyèrent informer ʿAïsha de ce qui s’était passé. Elle ordonna qu’on le libérât ; ils le relâchèrent donc et nommèrent ʿAbd ar-Rahmân ibn Abî Bakr responsable de la Maison du Trésor. Talha et Az-Zubayr distribuèrent l’argent de cette caisse aux gens et privilégièrent ceux qui leur témoignaient obéissance. La population afflua pour toucher ses soldes. Ils prirent le commandement de la garde et s’emparèrent du pouvoir à Bassora.

Une partie de ceux qui avaient soutenu les meurtriers d’Othmân et leur camp en furent irrités. Ils partirent, au nombre d’environ trois cents hommes, sous la direction de Hakîm ibn Jiballa, l’un de ceux qui avaient directement participé au meurtre d’Othmân. Ils se lancèrent dans des combats singuliers et livrèrent bataille. Un homme frappa la jambe de Hakîm ibn Jiballa et la lui sectionna. Hakîm rampa alors jusqu’à celle-ci, la saisit et en frappa son agresseur, le tuant sur le coup. Puis il se laissa tomber dessus et s’écria (4) :
(vers de rajaz, mètre court)
« Ô jambe (5), ne crains plus rien…
Car tu as mon bras pour appui.
Avec lui, je protège mon tibia. » (6)

(1) "Il a démenti untel" signifie lorsqu'il lui a opposé une objection et l'a défendu. Le terme exact est (ḥajaf). (2) Dans A : « Ce que tu peux, nous pouvons », suivi de « je ne considérais pas la question ainsi. » (3) Dans A : « Ibn Ḥunayf ne sortit pas. » (4) Al-Ashṭar dans al-Ṭabarī (4/471). (5) Dans al-Ṭabarī : « Ô cuisse ». (6) Dans A : « mon bras ».
فلما كان اليوم الثاني قَصَدوا للقتال، فاقتتلوا قتالًا شديداً، إلى اْن زالَ النهارُ، وقُتل خلقٌ كثيرٌ من اْصحاب ابن حُنَيْف، وكثرت الجراح في الفريقين، فلما عضتهم الحرب تداعَوْا إلى الصلح على أن يكتبوا بينهم كتاباً ويبعثوا رسولاً إلى أهل المدينة يسأل أهلها، إن كان طلحة والزبير أُكرها على البيعة، خرج عثمان بن حنيف عن البصرة وأخلاها، وإن لم يكونا أكرها على البيعة خرج طلحة والزبير عنها وأخلوها لهم، وبعثوا بذلك كعبَ بن سُور القاضي، فقدمَ المدينة يومَ الجمعة، فقام في الناس، فسألهم: هل بايعَ طلحةُ والزبيرُ طائعين أو مُكْرهين؟ فسكت الناس فلم يتكلم إلا أسامة بن زيد، فقال: بل كانا مُكْرهين، فثار إليه بعض الناس فأرادوا ضربه، فحاجف (١) دونه صهيبٌ، وأبو أيوب، وجماعة حتى خلصوه؛ وقالوا له: ما وسعك ما وسعنا من السكوت (٢) ؟ فقال: لا والله ما كنت أرى أن الأمر ينتهي إلى هذا. وكتب عليٌّ إلى عثمان بن حُنَيْف يقول له: إنهما لم يكرها على فرقة، ولقد أكرها على جماعة وفضل فإن كانا يريدان الخلعَ فلا عذرَ لهما، وإن كانا يريدان غيرَ ذلك نظرا ونظرنا، وقدم كعب بن سُور على عثمان بكتاب عليٍّ، فقال عثمان: هذا أمرآخر غير ما كنا فيه، وبعث طلحة والزبير إلى عثمان بن حُنَيْف أن يخرج إليهما فأبى، فجمعا الرجالَ في ليلةٍ مظلمةٍ وشهدا بهم صلاةَ العشاء في المسجد الجامع، ولم يخرج عثمان بن حنيف (٣) تلك الليلة، فصلى بالناس عبد الرحمن بن عتاب بن أسيد، ووقع من رعاع الناس من أهل البصرة كلام وضرب، فقتل منهم نحواً [من] أربعين رجلاً، ودخل الناسُ على عثمان بن حنيف قصرَهُ فأخرجوه إلى طلحة والزبير، ولم يبقَ في وجهه شعرة إلا نتفوها، فاستعظما ذلك وبعثا إلى عائشة فأعلماها الخبرَ، فأمرت أن يُخْلى سبيله، فأطلقوه وولَّوْا على بيتِ المال عبد الرحمن بن أبي بكر، وقسم طلحة والزبير أموالَ بيتِ المال في الناس وفضَّلوا أهلَ الطاعة، وأكبَّ عليهم الناسُ يأخذون أرزاقهم، وأخذوا الحرسَ، واستَبَدُّوا في الأمر بالبصرة، فحمي لذلك جماعةٌ من قومِ قتلةِ عثمانَ وأنصارهم، فركبوا في جيشٍ قريبٍ من ثلاثمئة، ومقدّمُهُم حكيم بن جبلة، وهو أحدُ من باشر قتلَ عثمان، فبارزوا وقاتلوا، فضربَ رجلٌ رِجلَ حكيم بن جبلة فقطعها، فزحف حتى أخذها وضربَ بها ضاربه فقتله ثم اتَّكَأ عليه وجعل يقول (٤) : [من مجزوء الرجز] يا ساق (٥) لن تُراعي … إنّ لكِ ذراعي أحمي بها كُراعي (٦)
(١) حاجفت فلاناً إذا عارضته ودافعته. اللسان (حجف). (٢) في أ: ما وسعك ما وسعنا فقال: ما كنت أرى الأمر. (٣) في أ: ولم يخرج ابن حنيف. (٤) الأشطر في الطبري (٤/ ٤٧١). (٥) في الطبري: يا فخذ. (٦) في أ: ذراعي.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies