Ali reçut l’allégeance, mais Qudâma ibn Maz‘ûn, ‘Abd Allâh ibn Salâm et al-Mughîra ibn Shu‘ba ne lui prêtèrent pas serment. Je dis : Marwân ibn al-Hakam, al-Walîd ibn ‘Uqba et d’autres s’enfuirent en Syrie.
Al-Wâqidî (1) a rapporté : « Les gens prêtèrent serment d’allégeance à ‘Alî à Médine, et sept hommes se firent attendre sans lui prêter allégeance : Ibn ‘Umar, Sa‘d ibn Abî Waqqâs, Suhayb, Zayd ibn Thâbit, Muhammad ibn Abî Maslama, Salama ibn Salâma ibn Waqsh, ainsi que Usâma ibn Zayd. Aucun des Anṣâr ne s’abstint de l’allégeance, autant que nous le sachions. »
Seyf ibn ‘Umar (2), citant un groupe de ses maîtres, rapporte : « Après l’assassinat de ‘Uthmân, la ville de Médine resta cinq jours sans autre dirigeant qu’al-Ghâfiqî ibn Ḥarb ; ses habitants cherchaient quelqu’un qui accepterait de se charger des affaires. Les Égyptiens insistaient auprès de ‘Alî, lequel s’enfuyait de leurs sollicitations en se cachant derrière les murs ; les Kûfiens cherchaient az-Zubayr mais ne le trouvaient pas, et les Basriens voulaient Talḥa, qui ne leur répondait pas. Ils dirent alors entre eux : “Nous ne nommerons aucun de ces trois hommes.” »
« Ils se rendirent donc auprès de Sa‘d ibn Abî Waqqâs en disant : “Tu fais partie du groupe de la shûrâ (conseil).” Il ne voulut pas accepter, puis ils se rendirent (3) chez Ibn ‘Umar qui refusa lui aussi. Ils se trouvèrent alors désemparés et dirent : “Si nous retournons dans nos provinces après avoir tué ‘Uthmân, sans choisir de chef, les gens se diviseront et nous aurons tout à craindre.” Ils revinrent donc vers ‘Alî et insistèrent auprès de lui ; al-Ashtar lui prit la main et lui prêta allégeance, suivi du reste des gens.
Quant aux habitants de Kufa, ils disent que le premier à lui prêter allégeance fut al-Ashtar an-Nakha‘î, et ce le jeudi 24 Dhû l-Ḥijja, après que les gens eurent longtemps discuté de la question en affirmant tous : “Seul ‘Alî peut assumer cette responsabilité.” Le vendredi venu, quand (Ali) monta en chaire, ceux qui ne lui avaient pas prêté allégeance la veille se hâtèrent de le faire. Le premier d’entre eux fut Talḥa, avec sa main paralysée ; un homme s’exclama alors : “Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.” Puis vint az-Zubayr, qui déclara : “Je n’ai prêté allégeance à ‘Alî qu’avec la corde (al-lij) au cou, et paix sur vous” (4). Il partit ensuite à La Mecque, où il demeura quatre mois. Ce serment d’allégeance eut lieu un vendredi, cinq (5) jours avant la fin de Dhû l-Ḥijja.
Le premier prône (6) qu’il prononça fut de louer Dieu et de L’exalter, puis il dit : “En vérité, Dieu – exalté soit-Il – a fait descendre un Livre guide où Il a clairement exposé le bien et le mal. Prenez ce qui est bon et délaissez le mal. Dieu a déclaré sacrés des lieux (non) inconnus, et Il a fait de la sacralité du musulman la plus éminente de toutes. Il a fortifié les droits des musulmans par la sincérité et l’unicité (tawḥîd). Est musulman celui dont les autres musulmans sont préservés de sa langue et de sa main, sauf en toute justice. Il n’est pas permis à un musulman de nuire à un autre musulman, à moins que cela ne soit dû. Empressez-vous de servir l’intérêt général, et que nul ne recule devant la mort (8). Car...”