Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Son état d’ihrâm, (et ils immolèrent tous deux leur offrande après avoir achevé leur rite, comme cela a été mentionné précédemment).

Lorsque le Messager de Dieu ﷺ tomba malade, Al-‘Abbâs lui dit : « Interroge donc le Messager de Dieu ﷺ au sujet de l’autorité après lui. » [‘Alî] répondit : « Par Dieu, je ne le lui demanderai pas, car s’il nous la refuse, les gens ne nous l’accorderont plus jamais après lui. » Les hadiths authentiques et explicites montrent en effet que le Messager de Dieu ﷺ n’a confié ni à lui (c’est-à-dire ‘Alî) ni à un autre la succession (la khilâfa). Il fit seulement allusion très clairement à Abou Bakr As-Siddîq, comme nous l’avons déjà exposé – Dieu soit loué.

Quant à ce que beaucoup d’ignorants parmi les chiites et certains conteurs (inexpérimentés) colportent, à savoir qu’il aurait légué la succession à ‘Alî, il s’agit là d’un mensonge, d’une calomnie flagrante, qui implique une grave erreur : accuser les Compagnons (1) de trahison et supposer qu’ils se seraient ligués pour empêcher l’exécution de son prétendu testament, le détournant de son bénéficiaire à un autre, sans motif ni raison. Tout croyant en Dieu et en Son Messager, convaincu que la religion de l’islam est la vérité, sait que cette allégation est fausse, car les Compagnons étaient les meilleurs êtres après les Prophètes, la meilleure génération de la meilleure communauté, comme le confirment le Coran et le consensus des pieux anciens et de ceux qui leur ont succédé, ici-bas et dans l’au-delà – Dieu soit loué.

De même, tout ce qui est raconté par certains conteurs populaires, que ce soit dans les marchés ou ailleurs, au sujet d’une prétendue recommandation faite à ‘Alî sur les manières et comportements (3) – par exemple : « Ô ‘Alî, ne mets pas ton turban en étant assis, ne porte pas ton pantalon en restant debout, ne tiens pas les montants de la porte, ne t’assieds pas sur le seuil, ne couds pas ton vêtement pendant que tu le portes », et ainsi de suite – tout cela n’est qu’élucubrations. Il n’en existe aucune origine (4) ; ce n’est qu’une pure invention (5) de la part de personnes viles et ignorantes. Personne ne s’y fie, hormis celui qui est naïf et peu avisé.

Lorsque le Messager de Dieu ﷺ décéda, ‘Alî fit partie de ceux qui l’ont lavé, enveloppé [dans son linceul] et qui ont veillé à son enterrement, comme nous l’avons déjà relaté (de manière détaillée, Dieu soit loué et remercié). Nous évoquerons également, dans le chapitre consacré à ses mérites, le mariage que le Messager de Dieu ﷺ lui accorda avec Fâtima après la bataille de Badr. Il eut d’elle Al-Hassan, Al-Hussayn et Muhsin (comme nous l’avons mentionné). Il existe à ce sujet des hadiths dont aucun n’est valide ; la plupart sont des inventions des rawâfid et des conteurs.

Lorsque Abou Bakr As-Siddîq fut désigné (par le serment d’allégeance) le jour de la Saqîfa, ‘Alî fut l’un de ceux qui lui prêtèrent allégeance à la mosquée (comme nous l’avons déjà signalé). Il se tenait aux côtés d’Abou Bakr, comme n’importe lequel des autres grands Compagnons, et considérait que l’obéissance à celui-ci était un devoir pour lui, la chose qu’il aimait le plus.

Lorsque Fâtima décéda six mois plus tard – elle s’était quelque peu irritée contre Abou Bakr pour l’héritage dont elle avait été privée de la part de son père ﷺ, sans qu’elle eût été informée du texte spécifique concernant les Prophètes, à savoir qu’ils ne laissent pas d’héritage

(1) En A : correction des compagnons et leur indulgence. (2) En T : cela est avéré. (3) En A : sur les bonnes manières et la morale. (4) En A : il n’a aucun fondement. (5) En A : invention, mensonge et falsification. (6) En A : un certain emportement.
إحرامه، (ونحرا هديهما بعد فراغ نسكهما كما تقدم) ولما مرض رسول الله ﷺ قال له العباس: سلْ رسولَ الله ﷺ فيمن الأمر بعده؟ فقال: والله لا أسأله فإنه إن منعناها لا يعطيناها الناس بعده أبداً، والأحاديث الصحيحة الصريحة دالة على أن رسول الله ﷺ لم يوص إليه ولا إلى غيره بالخلافة، بل لوَّح بذكرِ الصدِّيقِ؛ وأشار [إشارة] مفهمة ظاهرة جداً إليه، كما قدمنا ذلك ولله الحمد. وأما ما يفتريه كثيرٌ من جَهَلةِ الشِّيعة والقصاص (الأغبياء) ، من أنه أوصى إلى عليٍّ بالخلافة، فكذبٌ وبهتٌ وافتراءٌ عظيمٌ يلزمُ منه خطأٌ كبيرٌ، من تخوين (١) الصحابة وممالأتهم بعده على ترك إنفاذ وصيته وإيصالها إلى منْ أوصى إليه، وصرفهم إياها إلى غيره، لا لمعنى ولا لسبب، وكلُّ مؤمنٍ بالله ورسوله متحقق (٢) أن دينَ الإسلام هو الحق، يعلم بطلان هذا الافتراء، لأنّ الصحابةَ كانوا خيرَ الخلقِ بعد الأنبياء، وهم خيرُ قرون هذه الأمة، التي هي أشرفُ الأمم بنصّ القرآن؛ وإجماع السلف والخلف، في الدنيا والآخرة، (ولله الحمد) . وما قد يقصُّه بعضُ القُصّاص من العوام وغيرهم في الأسواق وغيرها من الوصية لعليّ في الآداب والأخلاق (٣) في المأكل والمشرب والملبس مثل ما يقولون: يا علي لا تعتمّ وأنت قاعد، يا علي لا تلبس سراويلك وأنت قائم، يا علي لا تمسك عضادتي الباب، ولا تجلس على أُسْكُفَّة الباب، ولا تُخيّطْ ثوبك وهو عليك، ونحو ذلك، كل ذلك من الهذيانات، فلا أصل لشيء منه (٤) ، بل هو اختلاق (٥) (بعض السَّفلة الجَهلة، ولا يعوِّل على ذلك ويغتر به إلا غبي عيي) . ثم لما مات رسول الله ﷺ كان عليٌّ من جملة من غسله وكفنه وولي دفنه كما تقدم ذلك (مفصلاً ولله الحمد والمنة) . وسيأتي في باب فضائله ذكر تزويج رسول الله ﷺ له من فاطمة بعد وقعة بدر فولد له منها حسن وحسين ومحسن (كما قدّمنا) . وقد وردت أحاديثُ في ذلك لا يصحّ شيء منها بل أكثرها من وضع الروافض والقصاص. ولما بويع الصديقُ يومَ السقيفة كان علي من جملة من بايعَ بالمسجد (كما قدّمنا) . وكان بين يدي الصديق كغيره من أمراء الصحابة يرى طاعته فرضاً عليه، وأحب الأشياء إليه. ولما توفيت فاطمة بعد ستة أشهر -وكانت قد تغضبت بعض الشيء (٦) على أبي بكر بسبب الميراث الذي فاتها من أبيها (عليه السلام) ، ولم تكن اطلعت على النص المختص بالأنبياء وأنهم لا يورثون، فلما
(١) في أ: جور الصحابة وتماليهم. (٢) في ط: يتحقق. (٣) في أ: بآداب وأخلاق. (٤) في أ: فلا أصل له. (٥) في أ: اختلاق وكذب وزور. (٦) في أ: بعض التغضب.

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