Parmi ces nombreux événements marquants, on rapporte que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit (1) : « Demain, je donnerai l’étendard à un homme qui aime Dieu et Son Messager, et que Dieu et Son Messager aiment. » Les gens passèrent donc la nuit [qui fut la leur] à se demander lequel d’entre eux recevrait cette bannière. Le Prophète fit alors appeler ‘Alî – qui était atteint d’une inflammation oculaire – et pria pour lui ; il mit de sa salive dans son œil, si bien que ‘Alî ne souffrit plus jamais de ce mal et recouvra aussitôt la santé. Le Prophète lui confia alors l’étendard ; Dieu accorda la victoire par son intermédiaire, et il tua Marhab (2) le Juif.
Muhammad ibn Isḥāq (3) rapporte, d’après ‘Abd Allāh ibn Ḥasan, selon certains membres de sa famille, d’après Abū Rāfi‘, qu’un Juif frappa ‘Alî et lui fit tomber son bouclier. ‘Alî s’empara donc d’une porte près de la forteresse pour s’en servir comme bouclier ; il continua de la porter jusqu’à ce que Dieu lui accorde la victoire, puis il la jeta de sa main. Abū Rāfi‘ raconta : « Je me souviens que moi-même et sept autres (avec moi) avons essayé de retourner cette porte sur son dos, le jour de Khaybar, sans y parvenir. »
Layth rapporte, d’après Abū Ja‘far, d’après Jābir, que ‘Alî souleva à lui seul la porte, le jour de Khaybar, pour permettre aux musulmans de s’en servir comme rampe afin de s’introduire dans la forteresse. Il fallut quarante hommes pour la porter par la suite. Notons également qu’il tua Marhab, le cavalier et guerrier le plus courageux des Juifs.
‘Alî assista à la ‘Umra de la compensation (ou « ‘Umra al-Qaḍā’ »). Au cours de celle-ci, le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui dit (4) : « Tu es de moi, et je suis de toi. » Quant à ce que rapportent nombre de conteurs sur un supposé combat d’‘Alî (5) contre les jinns près du puits de Dhāt al-‘Ilm – un puits proche de la localité de al-Juḥfa –, il n’existe aucun fondement à cette histoire. Elle provient de l’invention de personnes ignorantes en matière de transmission, si bien qu’il ne faut pas s’y fier (6).
‘Alî participa à la conquête (de La Mecque), à la bataille de Ḥunayn et au siège de Ṭā’if, où il livra maints combats. Il accomplit la ‘umra depuis al-Ji‘rāna avec le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Lorsque le Prophète sortit pour l’expédition de Tabūk, il laissa ‘Alî comme remplaçant à Médine. ‘Alî lui demanda : « Ô Messager de Dieu, me laisses-tu avec les femmes et les enfants ? » Le Prophète répondit (7) : « Ne te satisfais-tu pas d’être pour moi ce qu’Hārūn était pour Mūsā, à ceci près qu’il n’y aura pas de prophète après moi ? »
Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) envoya ensuite ‘Alî en tant qu’émir et juge au Yémen, en compagnie de Khālid ibn al-Walīd. Puis il rejoignit le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) l’année [du pèlerinage] d’adieu, à La Mecque, en conduisant des bêtes destinées au sacrifice. Il formula l’intention rituelle (iḥrām) de la même manière que le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), qui l’associa à son sacrifice. Il poursuivit ainsi