On rapporte qu’il avait quatorze ans ; d’autres disent (Ibn) quinze ans ou encore seize ans — ainsi l’a rapporté ʿAbd al-Razzāq (1) d’après Maʿmar, d’après Qatāda, d’après al-Ḥasan.
Il est également dit qu’il fut le premier des jeunes gens à embrasser l’islam (2), de même que Khadīja fut la première femme à embrasser l’islam (3), que Zayd ibn Ḥāritha fut le premier parmi les affranchis et qu’Abū Bakr al-Ṣiddīq fut le premier des hommes libres (4).
La raison pour laquelle ʿAlī embrassa l’islam dès son jeune âge vient du fait qu’il était sous la tutelle du Messager de Dieu ﷺ. Comme ils avaient été frappés par une année de disette, le Prophète l’avait pris en charge auprès de son père, de sorte qu’il vécut avec lui (5). Aussi, lorsqu’Allāh envoya le Prophète avec la vérité, Khadīja crut, tout comme les gens de la maison parmi lesquels se trouvait ʿAlī. Mais la foi qui fut réellement profitable et qui bénéficia aux gens fut celle d’Abū Bakr al-Ṣiddīq (qu’Allāh l’agrée).
Il est rapporté de ʿAlī qu’il aurait dit : « Je suis le premier à avoir embrassé l’islam. » Toutefois, la chaîne de transmission de ce propos n’est pas authentique. Des hadiths allant dans ce sens ont été rapportés par Ibn ʿAsākir (6), [mais ils sont] nombreux et réprouvés, et rien de tout cela n’est authentique, et Dieu sait mieux.
L’imām Aḥmad (7) a rapporté, d’après le hadith de Shuʿbah, provenant de ʿAmr ibn Murra : ce dernier dit : « J’ai entendu Abū Ḥamza — un affranchi des Anṣār — déclarer : “J’ai entendu Zayd ibn Arqam dire : ‘Le premier à embrasser l’islam aux côtés du Messager de Dieu ﷺ fut ʿAlī.’ Dans une autre version : ‘Le premier à prier.’” » ʿAmr poursuit : « J’ai mentionné cela à al-Naḫʿī, il l’a rejeté et a dit : “Abū Bakr est le premier à avoir embrassé l’islam (8).” »
Muḥammad ibn Kaʿb al-Quraẓī déclare : « La première à avoir cru parmi les femmes est Khadīja, et les deux premiers hommes à avoir cru sont Abū Bakr et ʿAlī, mais Abū Bakr rendait publiquement sa foi tandis que ʿAlī la dissimulait. » J’ai ajouté : il la cachait par crainte de son père ; par la suite, son père lui ordonna de suivre son cousin et de le soutenir. ʿAlī partit en émigration après la sortie du Messager de Dieu ﷺ de La Mecque : le Prophète lui avait commandé de s’acquitter de ses dettes et de ses dépôts, puis de le rejoindre, ce qu’il fit. Ensuite, le Prophète ﷺ fraternisa entre lui et Sahl ibn Ḥunayf.
Ibn Isḥāq et d’autres spécialistes de la sīra et des maghāzī rapportent que le Messager de Dieu ﷺ fraternisa entre lui et sa propre personne (9). Et de fait