Ensuite, il prit les autres exemplaires du Coran que les gens possédaient et qui différaient de la version qu’il avait fait rédiger, et il les brûla afin qu’aucune divergence ne survienne à cause d’eux.
Abû Bakr ibn Abî Dâwud a rapporté dans son livre « al-Maṣâḥif » (1) : « Muḥammad ibn Bashshâr nous a transmis (ce récit), Muḥammad ibn Jaʿfar et ʿAbd al-Raḥmân ont déclaré : “Shuʿbah nous a transmis, d’après ʿAlqamah ibn Marthid (2), d’après un homme, d’après Suwayd ibn Ghaflah, qui a dit : ‘Quand ʿUthmân brûla les masâḥif (exemplaires du Coran), ʿAlî me dit : ‘S’il ne l’avait pas fait, je l’aurais fait moi-même.’” » Et ce même hadith a été rapporté par Abû Dâwud al-Ṭayâlisî (3) et ʿAmr ibn Marzûq, d’après Shuʿbah, dans les mêmes termes.
Par ailleurs, al-Bayhaqî (4) et d’autres ont rapporté ce hadith selon la version de Muḥammad ibn Abân – l’époux de la sœur de Ḥusayn – transmise par ʿAlqamah ibn Marthid, qui a dit : « J’ai entendu al-ʿAyzâr ibn Jarawl dire : “J’ai entendu Suwayd ibn Ghaflah dire : ‘ʿAlî déclara : Ô gens ! Ne versez pas dans l’excès à propos de ʿUthmân, en disant qu’il a brûlé les Corans. Par Dieu, il ne les a brûlés qu’après en avoir délibéré avec un groupe parmi les Compagnons de Muḥammad (ﷺ). Et si j’avais été investi de la même autorité, j’aurais agi de la même manière.’” »
Il est également rapporté qu’Ibn Masʿûd (5) s’était plaint lorsqu’on lui avait retiré son exemplaire du Coran pour le brûler ; il protesta en évoquant qu’il s’était converti à l’islam avant Zayd ibn Thâbit – celui qui fut chargé de la mise par écrit des masâḥif. Il ordonna aussi à ses disciples de mettre leurs propres exemplaires à l’abri (6), puis il récita la parole divine : « Quiconque dérobe (ou dissimule) quoi que ce soit le rapportera au Jour de la Résurrection » [Âl ʿImrân : 161]. ʿUthmân (– qu'Allah soit satisfait de lui –) lui écrivit alors pour l’appeler à se rallier aux Compagnons, qui avaient tous convenu de cette mesure visant à unifier (le texte) et éviter les divergences. Ibn Masʿûd finit par se ranger à leur décision et obtempéra, renonçant à toute opposition (– qu'Allah soit satisfait d'elle –) commune.
Abû Isḥâq a également rapporté, d’après ʿAbd al-Raḥmân ibn Yazîd, qu’Ibn Masʿûd entra dans la mosquée de Minâ et demanda : « Combien de rakʿât l’émir des croyants a-t-il priées pour la ṣalât de ẓuhr (midi) ? » Ils répondirent : « Quatre. » Alors Ibn Masʿûd fit quatre rakʿât lui aussi. On lui dit : « Ne nous as-tu pas appris que le Messager de Dieu (ﷺ) ainsi qu’Abû Bakr et ʿUmar ne priaient que deux rakʿât ? » Il répondit : « Si, et je vous le redis, mais je déteste la division. » Dans un hadith authentique (7), Ibn Masʿûd déclare : « J’aimerais que ma part, sur ces quatre rakʿât, ne soit plutôt que deux rakʿât acceptées. »
Al-Aʿmash (8) a dit : « Maʿâwiyah ibn Qurrah – à Wâsiṭ – m’a rapporté de la part de ses maîtres qu’ils (ont dit)… »