(1) À propos de ce que nous endurons : par Dieu, ils ne sont ni venus ni ne nous ont salués. De plus, l’épée était auparavant au fourreau à l’égard des musulmans, mais ils l’ont dégainée contre eux-mêmes. Par Dieu, elle est restée dégainée jusqu’à ce jour, et je jure devant Dieu que je la vois encore dégainée jusqu’au Jour de la Résurrection.
Et plusieurs ont rapporté que, selon al-Hasan al-Basrî (2), celui-ci a dit : « J’ai entendu ‘Uthmân, dans son prône, ordonner de mettre à mort les pigeons et de tuer les chiens. »
Seyf ibn ‘Umar (3) rapporta que certains habitants de Médine se mirent à élever des pigeons et à lancer des pierres à l’aide de frondes. Uthmân chargea alors un homme de Banû Layth de s’en occuper : il devait couper les plumes des pigeons et briser ces frondes (qui sont des arcs à boulettes).
Muhammad ibn Sa‘d (4) a dit : « Al-Qa‘nabi et Khâlid ibn Makhlad nous ont rapporté, d’après Muhammad ibn Hilâl, selon sa grand-mère – laquelle se rendait auprès de ‘Uthmân pendant qu’il était assiégé – qu’elle mit au monde Hilâl. ‘Uthmân ne la vit pas un jour, et on l’informa qu’elle avait enfanté un garçon dans la nuit. Elle raconta : ‘Il m’envoya cinquante dirhams ainsi qu’un morceau d’étoffe de soie sénbalânî (5), en disant : “Voici la pension de ton fils et son vêtement. Au bout d’un an, nous la relèverons à cent.”’ »
Az-Zubayr ibn Abî Bakr (6) rapporta, d’après Muhammad ibn Salâm, selon Ibn Da’b (7), que Ibn Sa‘îd ibn Yarboû‘ ibn ‘Ankatha (8) al-Makhzûmî raconta : « Quand j’étais enfant, je me rendis un midi à la mosquée, tandis qu’elle était en cours de construction, avec un oiseau que je lâchais à l’intérieur. Je vis alors un homme âgé, beau et au visage agréable, endormi, la tête posée sur une brique ou un morceau de brique. Je m’arrêtai pour le contempler, émerveillé par sa beauté. Il ouvrit alors les yeux et me dit : “Qui es-tu, garçon ?” Je le lui expliquai, et il y avait non loin de lui un autre garçon endormi. Il l’appela, mais celui-ci ne répondit pas. Alors il me dit : “Appelle-le !” Je l’appelai, et il lui ordonna quelque chose, puis me dit : “Assieds-toi !” Le garçon s’en alla, revint avec un vêtement précieux et mille dirhams, retira mes habits et me fit porter ce vêtement, puis y plaça les mille dirhams. Je retournai chez mon père pour tout lui raconter. Il me demanda : “Mon fils, qui t’a fait cela ?” Je répondis : “Je ne sais pas, si ce n’est que c’était un homme endormi dans la mosquée, et je n’ai jamais vu personne de plus beau que lui.” Mon père reprit : “C’est le commandeur des croyants, ‘Uthmân ibn ‘Affân.” »
‘Abd ar-Razzâq (10) a dit, d’après Ibn Jurayj, que Yezîd (11) ibn Khusayfa l’informa, de la part d’Abû as-Sâ’ib ibn Yazîd, que