‘Umar ibn Muḥammad, d’après Sālim, d’après son père, a rapporté : « À l’époque du Prophète (que la prière et le salut soient sur lui), nous disions : Abū Bakr, ‘Umar et ‘Uthmān (c’est-à-dire dans l’ordre de la succession). » Il s’agit d’une chaîne de transmission authentique selon les critères des deux Shaykh (al-Bukhārī et Muslim), bien qu’ils ne l’aient pas incluse dans leurs recueils. Al-Bazzār a toutefois déclaré : « Ce ḥadīth a été rapporté d’Ibn ‘Umar par plusieurs voies, disant : “Nous disions : Abū Bakr, ‘Umar et ‘Uthmān, puis nous ne faisions plus de distinction.” » ‘Umar ibn Muḥammad n’était pas un grand mémorisateur (ḥāfiẓ), comme cela ressort dans son ḥadīth (1) lorsqu’il rapporte d’autres que Sālim, sans apporter de précision. Plusieurs rapporteurs jugés faibles ont également transmis ce même récit d’après az-Zuhrī, d’après Sālim, d’après son père. Al-Ḥāfiẓ Ibn ‘Asākir (2) s’est appliqué à réunir toutes ses voies de transmission d’Ibn ‘Umar, et il l’a fait avec compétence et clarté.
Quant au ḥadīth que rapporte aṭ-Ṭabarānī (3) : « Sa‘īd ibn ‘Abd Rabba aṣ-Ṣaffār al-Baghdādī nous a raconté, d’après ‘Alī ibn Jamīl (4), d’après Jarīr, d’après Layth, d’après Mujāhid, d’après Ibn ‘Abbās, selon lequel le Messager de Dieu (que la prière et le salut soient sur lui) a dit : “Au Paradis se trouve un arbre – ou bien, dans le Paradis se trouve un arbre (car ‘Alī ibn Jamīl hésitait sur la formulation) –, et sur chacune de ses feuilles est inscrit : Lā ilāha illā Allāh, Muḥammad Rasūl Allāh, Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq, ‘Umar al-Fārūq, ‘Uthmān Ḏū n-Nūrayn.” » Ce ḥadīth est jugé faible : dans sa chaîne de transmission se trouvent des narrateurs contestés, et il contient également des éléments étranges. Dieu est le plus Savant.
Deuxième section : ce qui a été rapporté (5) concernant ses mérites propres
Al-Bukhārī (6) a dit : « Mūsā ibn Ismā‘īl nous a rapporté, d’après Abū ‘Awānah, d’après ‘Uthmān ibn Mawhab, qu’un homme originaire d’Égypte vint en pèlerinage à la Maison sacrée. Il vit un groupe de personnes assises et demanda : “Qui sont ces gens ?” On lui répondit : “Ce sont des Quraychites.” Il demanda alors : “Qui est le vieillard parmi eux ?” Ils répondirent : “C’est ‘Abd Allāh ibn ‘Umar.” L’homme dit : “Ô fils de ‘Umar, je voudrais te questionner sur quelque chose ; informe-moi. Sais-tu qu’en effet ‘Uthmān a fui le jour de Uḥud ?” Ibn ‘Umar répondit : “Oui.” L’homme poursuivit : “Sais-tu qu’il fut absent le jour de Badr et qu’il n’y participa pas ?” Ibn ‘Umar dit : “Oui.” Il demanda encore : “Sais-tu qu’il ne se trouvait pas à la Bay‘at ar-Riḍwān et qu’il ne l’a pas rejointe ?” Ibn ‘Umar répondit : “Oui.” L’homme s’écria : “Allāhu Akbar !” Ibn ‘Umar reprit : “Approche, que je t’explique. Quant à sa fuite le jour de Uḥud, je témoigne que Dieu l’a absous et lui a pardonné. Pour son absence à Badr, il était alors marié à la fille du Messager de Dieu (que la prière et le salut soient sur lui) et celle-ci était malade. Le Prophète (que la prière et le salut soient sur lui) lui a donc dit : ‘Tu auras la même récompense que l’un de ceux qui ont combattu à Badr, ainsi que sa part (de butin).’ Quant à son absence à la Bay‘at ar-Riḍwān, s’il y avait eu dans tout le giron de La Mecque quelqu’un de plus prééminent et plus vénéré qu’‘Uthmān, le Messager de Dieu (que la prière et le salut soient sur lui) l’aurait envoyé à sa place. Or c’est ‘Uthmān que le Prophète (que la prière et le salut soient sur lui) dépêcha, et la Bay‘ah (l’allégeance) eut lieu…” »