Réjouis-toi ! Tu as été salué trois fois d’affilée, puis encore trois, puis trois de plus, puis une autre pour compléter dix. Le bien t’est parvenu, et tu as été préservé du mal. Par Dieu, tu as épousé une femme chaste et radieuse, alors que tu étais célibataire et que tu as trouvé une vierge. Tu es parvenu à elle, la fille d’un homme d’une grande valeur, et tu as ainsi édifié une chose dont la renommée a été exaltée.
Uthmân raconta : « Je fus surpris par ses propos, car elle me félicitait au sujet d’une femme qui s’était déjà mariée avec un autre. Je lui dis : “Ô ma tante, que dis-tu donc ?” »
Elle répondit : « Ô Uthmân, tu possèdes la beauté et l’éloquence. Voici un Prophète (2) qui détient la preuve. Dieu, le Justicier, l’a envoyé avec Sa vérité, et la Révélation comme le Furqân (le Discernement) lui sont parvenus. Suis-le donc, de peur que les idoles ne te ruinent. »
Uthmân poursuit : « Je lui dis alors : “Tu évoques une chose que nous n’avons pas connue dans notre contrée.” Elle répliqua : “(C’est) Muhammad, fils de ‘Abd Allâh : un Messager (de la part) de Dieu, qui est venu avec la Parole révélée, appelant (les gens) à Dieu.” Puis elle ajouta :
“Sa lampe est lumière, sa religion est succès,
Son ordre est réussite, et son époque est puissante ;
Les plaines se sont inclinées devant lui.
À quoi bon crier si l’étape ultime est l’égorgement,
Que les sabres sont tirés et les lances déployées ?”
Uthmân dit : « Je partis alors songeur et rencontrai Abû Bakr, à qui je rapportai ce que j’avais entendu. Il me dit : “Malheur à toi, ô Uthmân ! Tu es un homme avisé ; la vérité ne saurait t’échapper. Qu’est-ce donc que ces idoles que notre peuple adore ? Ne s’agit-il pas de pierres inertes, incapables d’entendre ou de voir, de nuire ou de profiter ?” »
Et Uthmân de répondre : « Absolument, par Dieu, elles sont comme tu dis. » Abû Bakr répliqua : « Par Dieu, ta tante t’a bien informé : voici le Messager de Dieu, Muhammad, fils de ‘Abd Allâh. Dieu l’a envoyé à Ses créatures avec Son Message. Voudrais-tu aller à sa rencontre ?” C’est ainsi que nous nous rendîmes ensemble auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), qui dit : “Ô Uthmân, réponds à l’appel de Dieu vers Son Paradis (5), car je suis le Messager de Dieu pour toi et pour tout Son peuple.”
Uthmân conclut : « Par Dieu, je ne pus me retenir lorsque j’entendis ses paroles : j’embrassai l’islam et attestai qu’il n’y a de dieu que Dieu, l’Unique, sans associé. Peu de temps après… ”