Le grand traditionniste (hâfiẓ) Ibn ʿAsâkir l’a rapporté selon la chaîne de transmission allant de Yaḥyâ ibn Saʿîd, d’après Ibn ʿAjlân, d’après son père, d’après Abû Hurayra, rapportant du Prophète (ﷺ), alors qu’il avait quatre-vingts ans (1).
Puis Ibn Ḥibbân (2) a rapporté, d’après ʿAbd ar-Razzâq, qu’il a dit : « Al-Qadûm est le nom d’un village. » Quant à moi, je dis : ce qui est mentionné dans le Ṣaḥîḥ (3) est qu’il s’est circoncis alors qu’il avait quatre-vingts ans ; dans une autre version, « il avait quatre-vingts ans ». Et dans ces deux récits, rien n’indique ce qu’il a vécu après cela. Dieu est plus savant.
Muḥammad ibn Ismâʿîl al-Ḥayyânî (4) al-Wâsiṭî a dit : dans l’exégèse de Wakîʿ (ce qu’il relate en supplément), on trouve : « Abû Muʿâwiyya nous a rapporté, d’après Yaḥyâ ibn Saʿîd, d’après Saʿîd ibn al-Musayyib, d’après Abû Hurayra, qui a dit : “Ibrâhîm fut le premier à porter un sarawîl (pantalon), le premier à séparer (sa chevelure), le premier à se raser le pubis, le premier à se circoncire au qadûm alors qu’il avait cent vingt ans, vécut ensuite quatre-vingts ans de plus, fut le premier à accueillir l’hôte (qarâ) et le premier à avoir les cheveux blancs.” »
Ce hadith est donc rapporté comme mawqûf (arrêté au Compagnon), mais il est plus vraisemblable qu’il soit marfûʿ (attribué au Prophète), contrairement à l’avis d’Ibn Ḥibbân. Dieu sait mieux.
Mâlik a également rapporté, d’après Yaḥyâ ibn Saʿîd, d’après Saʿîd ibn al-Musayyib : « Ibrâhîm fut le premier à recevoir un invité, le premier parmi les hommes à se circoncire, le premier à couper sa moustache et le premier à voir ses cheveux blanchir. Il demanda : “Ô Seigneur, qu’est-ce que cela ?” Dieu répondit : “C’est la dignité (waqâr).” Ibrâhîm dit alors : “Ô Seigneur, augmente ma dignité.” » (7)
D’autres ont ajouté qu’il fut également le premier à couper sa moustache, le premier à se raser le pubis et le premier à porter le pantalon.
Quant à sa tombe, ainsi que celle de son fils Isḥâq et du fils de son fils Yaʿqûb, elles se trouvent dans la « murabbaʿa » bâtie par Sulaymân ibn Dâwûd (que la paix soit sur eux) sur la terre de Ḥabrûn, la ville aujourd’hui appelée al-Khalîl (Hébron). Cela a été transmis par une chaîne continue (mutawâtir) de génération en génération, depuis l’époque des Banû Isrâʾîl jusqu’à maintenant, confirmant que sa tombe se situe bel et bien dans cette enceinte. Quant à sa désignation précise en ce lieu, aucun hadith authentique émanant d’une source infaillible ne nous est parvenu. Il convient donc que l’on honore cet endroit, qu’on le respecte à l’égal de ses semblables, qu’on le vénère et qu’on s’abstienne d’y marcher, de peur que la tombe de l’« Ami » (al-Khalîl) — ou celle de l’un de ses descendants prophètes (que la paix soit sur eux) — ne s’y trouve en contrebas.