Par Celui en qui les croyants ont cru et que les mécréants ont renié, je n’ai pas consigné pour eux ne serait-ce qu’une lettre sur une page blanche avant de m’asseoir à ma place en ce moment.
Al‑Aʿmash déclara : « On pensait qu’il avait été écrit en son nom. » Et cette chaîne de transmission est authentique jusqu’à elle. Dans ce passage et d’autres semblables, il apparaît clairement que ces kharijites – qu’Allah les enlaidisse – ont falsifié des lettres au nom des Compagnons, les envoyant aux différentes contrées pour inciter à combattre ‘Uthmân, comme nous l’avons déjà exposé, et à Allah reviennent la louange et la grâce.
Abou Dâwud al‑Tayâlisî (1) a dit : « Ḥazam al‑Qaṭaʿî nous a rapporté, Abou al‑Aswad, le père de Sawâda (2), nous a rapporté : Talq ibn Khashâf (3) m’a informé en disant : “Lorsque ‘Uthmân fut tué, nous nous sommes dispersés auprès des Compagnons de Muḥammad (ﷺ) afin de les interroger au sujet de son meurtre. J’entendis alors ‘Â’isha dire : ‘Il a été tué injustement. Qu’Allah maudisse ses meurtriers.’” »
Muḥammad ibn ‘Abd Allâh al‑Anṣârî (4) rapporta, d’après son père, d’après Thumâma, d’après Anas : « Umm Sulaym, lorsqu’elle apprit le meurtre de ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée), s’exclama : “En vérité, ils n’ont fait que tirer du sang, au lieu de lait, depuis sa mort.” »
Quant aux paroles des Imâms parmi les Tâbi‘în sur cette question, elles sont innombrables, et il serait trop long de toutes les mentionner. Parmi elles, on trouve celle d’Abou Muslim al‑Khawlânî, lorsqu’il vit la délégation revenue de son assassinat (5). Il leur dit : « Vous leur ressemblez ou bien vous êtes plus coupables encore. N’êtes-vous pas passés par le pays de Thamûd ? » Ils répondirent : « Si. » Il dit alors : « Je témoigne que vous êtes comme eux, car le calife d’Allah est plus précieux à Ses yeux que la chamelle qui leur fut envoyée. »
Ibn ‘Ulayya rapporte, d’après Yûnus ibn ‘Ubayd, d’après al‑Ḥasan (6) : « Si le meurtre de ‘Uthmân avait été la bonne voie, la communauté en aurait retiré du lait, mais puisque c’était un égarement, la communauté en a tiré du sang. »
Abou Ja‘far al‑Bâqir (7) a dit : « Le meurtre de ‘Uthmân ibn ‘Affân ne reposait sur aucune justification légitime. »
Voici enfin un aperçu de quelques élégies funèbres qui furent composées à son propos (qu’Allah l’agrée). Mujâlid a rapporté, d’après al‑Sha‘bî : « Je n’ai jamais entendu de plus beaux vers pour pleurer la mort de ‘Uthmân que ceux de Ka‘b ibn Mâlik (8), [en mètre al‑ṭawîl]. »