Vous avez dit : « Change ! », et vous avez été changés par cela (1)… Une année ardente et une guerre semblable à une flamme. Qu’aviez-vous donc à reprocher aux vêtements du califat, aux serviteurs, aux servantes et à l’or ?
Il dit : Abou Ḥumaïd, le frère des Banou Sā‘ida – qui avait pris part à la bataille de Badr et qui s’était opposé à ‘Uthmān – déclara, lorsqu’il fut tué : « Par Dieu, nous ne voulions pas le tuer et nous ne pensions pas que cela irait jusqu’à la mise à mort. Ô Dieu, il est de mon devoir envers Toi de ne plus accomplir telle ou telle chose (2), et de ne plus rire jusqu’à ce que je Te rencontre. »
Muhammad ibn Sa‘d (3) rapporta : « ‘Abd Allāh ibn Idrīs nous a informés, Ismā‘īl ibn Abī Khālid nous a informés, d’après Qays ibn Abī Ḥāzim, d’après Sa‘īd ibn Zayd ibn ‘Amr ibn Nufayl, qui dit : “Je me revois encore lorsque ‘Umar me tenait, moi et sa sœur, captifs à cause de l’islam. Et s’il fallait qu’une personne se détournât avec dégoût de ce que vous avez fait au sujet d’Ibn ‘Affān, cela eût été justifié.” Ainsi l’a rapporté Al-Bukhārī dans son ‘Ṣaḥīḥ’ (4). »
Muhammad ibn ‘Āʾidh (5) rapporta, selon Ismā‘īl ibn ‘Ayyāch, selon Ṣafwān ibn ‘Amr, selon ‘Abd al-Raḥmān ibn Jubayr, que ‘Abd Allāh ibn Salām entendit un homme dire à un autre : « ‘Uthmān ibn ‘Affān a été tué, et même deux chèvres ne se sont pas heurtées à ce sujet. » Ibn Salām répondit : « Certes ! Les bovins et les chèvres ne s’affrontent pas pour la mise à mort d’un calife, mais ce sont les hommes qui s’opposent l’arme à la main. Par Dieu, des gens seront tués à cause de lui, et ils sont encore dans les reins de leurs pères, pas encore nés ! »
Layth (6) rapporta, d’après Ṭāwūs, qu’Ibn Salām dit : « ‘Uthmān jugera, au Jour de la Résurrection, entre celui qui l’a tué et celui qui l’a abandonné. »
Abou ‘Abd Allāh al-Maḥāmilī dit : « Abou al-Ash‘ath nous a rapporté, Ḥazm ibn Abī Ḥazm nous a rapporté : j’ai entendu Abou al-Aswad dire : ‘J’ai entendu Abou Bakra dire (7) : “Tomber du ciel jusqu’à la terre m’est plus cher que de participer au meurtre de ‘Uthmān.”’ »
Abou Ya‘lā (8) dit : « Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn ‘Ar‘arah nous a rapporté, Muḥammad ibn ‘Abbād al-Hanā’ī nous a rapporté, al-Barāʾ ibn Abī Faḍālah nous a rapporté, al-Ḥaḍramī nous a rapporté, d’après Abou Maryam, le nourrisson al-Ǧārūd, qui raconta : “J’étais à Koufa et Al-Ḥasan ibn ‘Alī se mit debout pour prononcer un discours. Il déclara : ‘Ô gens, la nuit dernière, j’ai fait un songe étonnant : j’ai vu…’”