Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Uthmân – et ‘Alî prêtait serment à ce sujet dans ses sermons et ailleurs – affirmait qu’il ne l’avait pas tué, ni ordonné de le tuer, ni contribué à son meurtre, et qu’il n’en était pas satisfait. Au contraire, il avait tenté de l’empêcher, mais on ne l’avait pas écouté. Cela est attesté par différentes chaînes de transmission considérées comme certaines par nombre d’imams du Hadith – qu’à Dieu reviennent la louange et la grâce.

Il est aussi établi par plusieurs voies qu’il a dit : « J’espère être, avec ‘Uthmân, parmi ceux dont Dieu – Exalté soit-Il – a dit : “Et Nous aurons extirpé tout ressentiment de leurs poitrines. Ils seront frères, [installés] sur des lits, se faisant face.” » [Al-Ḥijr, 47]

Il est encore rapporté, par d’autres traditions, qu’il a cité la Parole divine : « S’ils sont pieux et croient et accomplissent de bonnes œuvres, puis s’ils sont pieux et croient, puis s’ils sont pieux et font le bien… » [Al-Mâ’ida, 93]. Dans une autre version, il a dit : « ‘Uthmân – que Dieu l’agrée – était le meilleur d’entre nous, celui qui entretenait le mieux les liens de parenté, le plus pudique, le plus attentif à la pureté de ses ablutions et le plus pieux envers le Seigneur – Gloire à Lui. »

Ya‘qûb ibn Sufyân (2) a rapporté, par l’intermédiaire de Sulaymân ibn Ḥarb, de Ḥammâd ibn Zayd, de Mujâlid, d’Umayr ibn Zûdhî (3) Abû Kathîr, qu’alors qu’’Alî prononçait un sermon, les kharijites l’interrompirent. Il interrompit alors son discours et dit : « Mon cas et celui de ‘Uthmân est pareil à trois taureaux – l’un rouge, l’autre blanc, l’autre noir – qui se trouvaient dans un fourré avec un lion. Chaque fois que le lion voulait en tuer un, les deux autres l’en empêchaient. Le lion déclara alors aux taureaux noir et rouge : “Ce taureau blanc nous a déshonorés dans ce fourré ; laissez-le-moi, que je le dévore.” (Ils le lui laissèrent, et le lion le dévora.) Ensuite, chaque fois que le lion voulait attaquer l’un des deux qui restaient, l’autre l’en empêchait. Le lion dit alors au taureau rouge : “Ce taureau noir nous a déshonorés ici, et nous avons la même couleur, toi et moi ; si tu me le laisses, je le dévorerai.” Le taureau rouge le lui laissa, et le lion le dévora, puis il se tourna vers le rouge (4) en disant : “Je vais te manger.” Ce dernier répondit : “Laisse-moi pousser trois cris.” Le lion y consentit, et le taureau rouge s’écria : “En vérité, c’est le jour où le taureau blanc fut dévoré que j’ai moi-même été mangé.” (5) – trois fois. (Si seulement je l’avais secouru, je n’aurais pas été dévoré.) » Puis ‘Alî ajouta : « C’est toi qui t’es affaibli le jour où ‘Uthmân fut tué ; (et si je l’avais secouru, je ne me serais pas affaibli). » Il le répéta trois fois.

Ibn ‘Asâkir (6) a également rapporté, par la voie de Muḥammad ibn Hârûn al-Ḥaḍramî, de Sawwâr ibn ‘Abd Allâh al-‘Anbarî (7) le juge, de (Ibn) Mahdî, de Ḥammâd ibn Zayd, de Yaḥyâ ibn Sa‘îd, de Sa‘îd ibn al-Musayyab, que du temps de ‘Uthmân (8), une femme entrait à Bayt al-Mâl (la trésorerie publique), emportait la charge qu’elle pouvait porter et priait : « Ô Dieu, remplace ! Ô Dieu, change ! » Lorsque ‘Uthmân – que Dieu l’agrée – fut tué (9), Ḥassân ibn Thâbit composa alors des vers (mètre : ar-Raml).

(1) Dans A : Il est également attesté qu’on lui a demandé à propos d’Othmân, et il a répondu : « Il faisait partie de ceux qui ont cru et ont agi. » (2) Al-Maʿrifa wa-t-Tārīkh (3/118), et il est aussi mentionné dans Tārīkh Dimashq. (3) Dans la version Ṭ : « Rūdī » avec un rāʾ détaché, Muṣḥaf. Voir Al-Jarḥ wa-l-Taʿdīl (6/biographie 2078). (4) Dans A : l’autre, donc il le mangea, puis il dit à l’autre. (5) Dans la version Ṭ : « al-bayḍ ». (6) Tārīkh Dimashq (483) – biographie d’Othmân –. (7) Dans A, Ṭ : « Suwayd », et dans Ṭ : « al-Qushayrī », ce sont deux altérations. Voir aussi Taqrīb at-Tahdhīb (259). (8) Dans A, Ṭ : « kānat », et le wāw du Tārīkh Dimashq. (9) Les deux vers sont au nombre de quatre dans le dīwān de Ḥassān (1/122).
عثمان، وكان يقسم على ذلك في خطبه وغيرها أنه لم يقتله ولا أمر بقتله لا مالأ ولا رضي به، ولقد نهى عنه فلم يسمعوا منه. ثبت ذلك عنه من طرق تفيد القطع عند كثير من أئمة الحديث وللّه الحمد والمنة. وثبت عنه أيضًا من غير وجه أنه قال: إني لأرجو أن أكون أنا وعثمان ممن قال الله تعالى فيهم: ﴿وَنَزَعْنَا مَا فِي صُدُورِهِمْ مِنْ غِلٍّ إِخْوَانًا عَلَى سُرُرٍ مُتَقَابِلِينَ﴾ [الحجر: ٤٧] وثبت عنه (١) أيضًا من غير وجه أنه قال: ﴿إِذَا مَا اتَّقَوْا وَآمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ ثُمَّ اتَّقَوْا وَآمَنُوا ثُمَّ اتَّقَوْا وَأَحْسَنُوا﴾ [المائدة: ٩٣] وفي رواية أنه قال: كان عثمان (رضي الله عنه) خيرنا وأوصلنا للرحم، وأشدنا حياء، وأحسننا طهورًا، وأتقانا للرب – Exalté soit-Il – . وروى يعقوب بن سفيان (٢) ، عن سليمان بن حرب، عن حماد بن زيد، عن مجالد، عن عمير بن زوذي (٣) أبي كثير. قال: خطب علي فقطع الخوارج عليه خطبته فنزل فقال: إنَّ مَثَلي ومَثَل عثمان كمثل أثوارٍ ثلاثةٍ، أحمر وأبيض وأسود، ومعهم في أجَمةٍ أسدٌ، فكان كلما أراد قتلَ أحدهم منعَه الآخران، فقال للأسود والأحمر: إنّ هذا الأبيضَ قد فضحنا في هذه الأجمة فخلِّيا عنه حتى آكله، (فخلَّيا عنه فأكله) ، ثم كان كُلَّما أرادَ أحدَهما منعَه الآخرُ فقال للأحمر: إن هذا الأسود قد فضحنا (في هذه الأجَمة) ، وإنَّ لوني على لونك، فلو خَلَّيْتَ عنه أكلته، فَخَلَّى عنه الأحمر فأكله، ثم قال للأحمر (٤) : إنّي آكلُكَ، فقال: دَعْنيِ حتى أصيحَ ثلاثَ صيحاتٍ، فقال دونك، فقال: ألا إني إنما أُكلتُ يومَ أُكلَ الأبيض (٥) ثلاثًا (فلو أنّي نصَرْتُه لما أكِلْتُ) ثم قال علي: وإنما أنت وهنت يوم قُتِلَ عثمان، (ولو أني نصرته لما وهنت) قالها ثلاثًا. وروى ابنُ عساكر (٦) من طريق محمد بن هارون الحَضْرمي، عن سَوّار بن عبد الله العَنْبَري (٧) القاضي، عن (ابن) مهدي، عن حمّاد بن زيد، عن يحيى بن سعيد، عن سعيد بن المُسَيّب. قال: وكانت (٨) المرأةُ تجيءُ في زمان عثمان إلى بيتِ المال فتحملُ وَقرَها وتقول: اللهم بدِّلْ، اللهم غَيِّر. فقال حسان بن ثابت حين قتل عثمان (رضي الله عنه) (٩) : [من الرمل]
(١) في أ: وثبت أيضًا عنه أنه سُئل عن عثمان فقال: كان من الذين آمنوا وعملوا. . (٢) المعرفة والتاريخ (٣/ ١١٨)، وهو في تاريخ دمشق أيضًا. (٣) في ط: "رودي" بالراء المهملة، مصحف. ينظر الجرح والتعديل (٦/ الترجمة ٢٠٧٨). (٤) في أ: الآخر فأكله ثم قال للآخر. (٥) في ط: البيض. (٦) تاريخ دمشق (٤٨٣) -ترجمة عثمان-. (٧) في أ، ط: سويد، وفي ط: القشيري، وكلاهما تحريف. وانظر تقريب التهذيب (٢٥٩). (٨) في أ، ط: كانت، والواو عن تاريخ دمشق. (٩) البيتان أربعة في ديوان حسان (١/ ١٢٢).

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