Sur quelle religion es-tu, ô Na‘thal ? Il répondit : « Je ne suis pas Na‘thal, mais bien ‘Uthmân ibn ‘Affân. Je suis sur la religion d’Ibrâhîm, en pur monothéiste et musulman, et je n’étais pas du nombre des associateurs. » L’homme répliqua : « Tu mens », puis il le frappa avec une massue sur la tempe gauche, le tuant sur-le-champ, et il s’écroula.
La fille d’al-Farâfisah le fit entrer près d’elle, le recouvrant de ses vêtements – c’était une femme grande et robuste (1) –, et la fille de Shaybah se jeta elle aussi sur ce qui restait de son corps. Alors un homme d’Égypte (2) pénétra, l’épée dégainée, en disant : « Par Dieu, je vais lui trancher le nez ! » Il voulut éloigner la femme, mais elle l’emporta sur lui. Il souleva alors son armure depuis l’arrière jusqu’à apercevoir son dos ; comme il ne parvenait pas à atteindre Uthmân, il introduisit la lame entre la cuirasse et l’épaule de la femme. Elle saisit l’épée et il lui trancha le bout des doigts.
Elle cria alors : « Ô Rabâh ! » – c’était un esclave noir de ‘Uthmân – « viens me débarrasser de cet homme (3). » Le serviteur s’avança vers lui et le tua. Les gens de la maison sortirent et se défendirent, mais al-Mughîrah ibn al-Akhnas fut tué et Marwân fut blessé. L’un des narrateurs poursuivit : « Le soir venu, nous avons dit : “Si vous laissez votre compagnon (le corps d’Uthmân) jusqu’au matin, ils le mutileront.” Alors nous l’emportâmes au cimetière de Baqî‘ al-Gharqad au cœur de la nuit. Nous entendîmes un groupe s’avancer derrière nous, qui nous effraya, et nous fûmes sur le point de nous disperser et d’abandonner le corps. Mais l’un d’eux cria : “N’ayez crainte ; restez, nous ne sommes là que pour assister à son enterrement avec vous.” » Abû Khunays disait : « C’étaient les anges de Dieu. » Nous l’enterrâmes donc, puis nous fûmes contraints de fuir vers la Syrie dans la même nuit (4). Nous rencontrâmes les gens du Shâm dans la vallée d’al-Qurâ, sous la direction de Habîb ibn Maslamah (5), venus soutenir ‘Uthmân. Nous leur apprîmes qu’il avait été tué et déjà enterré.
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Lorsque survint ce terrible et affreux événement, les gens furent saisis et l’estimèrent d’une immense gravité ; la plupart de ces ignorants révoltés (6) regrettèrent alors ce qu’ils avaient fait, ressemblant à ceux dont Dieu nous a conté l’histoire dans Son Livre, à propos de ceux qui adorèrent le veau. Dieu dit : « Et quand ils se repentirent et virent qu’ils s’étaient égarés, ils dirent : “Si notre Seigneur ne nous fait pas miséricorde et ne nous pardonne pas, nous serons certainement du nombre des perdants.” » [al-A‘râf : 149].
Lorsque az-Zubayr apprit la nouvelle du meurtre de ‘Uthmân – il avait déjà quitté Médine –, il s’écria : « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons », puis il invoqua la miséricorde de Dieu pour ‘Uthmân. Quand on l’informa du repentir de ceux qui l’avaient tué, il dit : « Malheur à eux », puis il récita : « Qu’attendent-ils donc, sinon un seul Cri qui les saisira alors qu’ils se querelleront ? (49) Ils ne pourront ni faire un testament, ni retourner vers leurs familles. » [Yâ Sîn : 49, 50].
Quand ‘Alî apprit qu’on avait tué ‘Uthmân, il invoqua la miséricorde de Dieu sur lui. Lorsqu’on lui dit que ceux qui l’avaient tué se repentirent, il récita : « Telle est la conduite de Satan : il dit à l’homme “Sois infidèle !” Puis lorsque l’homme est devenu infidèle, il lui dit : “Je te désavoue, car je crains Dieu, le Seigneur de l’univers.” » [al-Hashr : 16].
Lorsque Sa‘d ibn Abî Waqqâs apprit le meurtre de ‘Uthmân, il demanda à Dieu de lui accorder Son pardon.