Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le mawlā d’Amr ibn Ḥurayth, d’après Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥmān al-Jarashī et ‘Uqba ibn Asīd (1), d’après al-Nu‘mān ibn Bashīr, d’après Nāʾila bint al-Farāfiṣa al-Kalbiyya – l’épouse de ‘Uthmān – raconta :

« Lorsque ‘Uthmān fut assiégé, il jeûna le jour même où il devait être tué (2). Au moment de rompre son jeûne, il leur demanda de l’eau douce, mais ils refusèrent de le lui donner. Ils dirent : “Va plutôt puiser à ce puits (3)”. Il s’agissait d’un puits situé dans la maison où l’on jetait les ordures. Il ne put donc rompre son jeûne. Je me rendis alors chez des voisines se trouvant sur des terrasses (4) contiguës – c’était pendant la dernière partie de la nuit – et je leur demandai de l’eau douce. Elles me remirent un gobelet d’eau. Je me rendis auprès de lui en disant : “Voici de l’eau douce que je t’ai apportée.” »

Elle poursuivit : « Il regarda et vit que l’aube s’était déjà levée. Il dit : “Je me retrouve en état de jeûne.” Je lui demandai : “Comment as-tu pu manger ? Je n’ai vu personne t’apporter ni nourriture ni boisson.” Il me répondit : “J’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) apparaître depuis ce toit en portant un seau d’eau. Il me dit : ‘Bois, Ô ‘Uthmān’, et je bus jusqu’à être pleinement désaltéré. Puis il ajouta : ‘Bois encore’, et je bus jusqu’à être complètement rassasié (5). Ensuite il me dit : ‘Les gens s’en prendront à toi (6). Si tu les combats, tu triompheras, mais si tu les laisses faire, tu rompras ton jeûne auprès de nous.’” » Nāʾila conclut : « Ce même jour, ils pénétrèrent chez lui et le tuèrent. »

Abū Yaʿlā al-Mawṣilī et ‘Abd Allāh ibn l’Imām Aḥmad (7) ont rapporté ceci : « ‘Uthmān ibn Abī Shayba nous raconta : Yūnus ibn Abī Ya‘fūr (8) al-‘Abdī, d’après son père, d’après Muslim Abū (9) Saʿīd, le mawlā de ‘Uthmān ibn ‘Affān (10), transmit : ‘Uthmān affranchit vingt esclaves. Il demanda qu’on lui apportât un pantalon, qu’il enfila alors qu’il n’en avait jamais porté ni à l’époque préislamique ni pendant l’Islam. Puis il déclara : “J’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) en rêve, ainsi qu’Abū Bakr et ‘Umar. Ils m’ont dit : ‘Sois patient, car tu rompras ton jeûne parmi nous demain.’ Ensuite, il demanda qu’on lui apportât un exemplaire du Coran qu’il ouvrit devant lui, et c’est dans cette posture qu’il fut tué.” »

Je (le narrateur) dis : « Il ne porta ce pantalon (– qu'Allah soit satisfait de lui –) que ce jour-là afin que sa pudeur ne soit pas atteinte au moment où l’on mettrait fin à ses jours, car il était d’une grande réserve. Même les anges du Ciel ressentaient de la gêne devant lui, comme l’a enseigné le Prophète (ﷺ). Il avait disposé devant lui le Coran pour le réciter. »

(1) Dans l'édition « Asad » c’est une erreur. Voir sa biographie dans al-Jarḥ wa-l-Taʿdīl (6/308) et dans les Thiqāt d'Ibn Ḥibbān (8/499). (2) Dans l'édition A : « celui qui le précédait d’un jour en jeûnant ». (3) Ar-Rukayyū : pluriel de rukayya qui signifie puits. Al-Qāmūs (R-K-W). (4) Ajjājīr : pluriel d’ījār qui signifie surface (toit). Al-Qāmūs (ʾJ-R). (5) Dans l'édition A : « nahadat ». (6) Dans l'édition A : « moustankirūn ». (7) Musnad de l’imam Aḥmad (1/72). Je ne l’ai pas trouvé dans le Musnad d’Abī Yaʿlā, il figure parmi les grands (al-kabīr) comme l’indique al-Haythamī dans al-Majmaʿ (7/332), et sa chaîne de transmission est faible. (8) Dans l'édition A : « Yaʿqūb » ; une altération. Yaʿfūr (avec un fatḥa sous le yāʾ, un sukūn sur la ʾalif hamza, et un ḍamma sur le fāʾ) est le nom de Abū Yaʿfūr : Qaḍdān avec le qāf. Taqrīb at-Tahdhīb (614). (9) Dans l'édition A : Muslim ibn Saʿīd. (10) Le hadith est dans Tārīkh Dimashq (405). (11) Dans l'édition A : « tasḥatī minhu al-malāʾika kama naṭaq ».
مولى عمرو بن حُرَيْث، عن محمد بن عبد الرحمن الجرشي، وعقبة بن أسيد (١) ، عن النعمان بن بشير، عن نائلة بنت الفرافصة الكلبية -امرأة عثمان- قالت: لما حُصِرَ عثمانُ ظَلَّ اليوم الذي كان فيه قتله (٢) صائمًا، فلما كان عند إفطاره سألهم الماءَ العذبَ فأبَوْا عليه، وقالوا: دونَكَ ذلك الرُّكِيَّ (٣) . ورُكِيٌّ في الدّار الذي يُلْقى فيه النتنُ - قالت: فلم يُفْطِرْ فأتيت جارات لنا على أجاجير (٤) متواصلة -وذلك في السحر- فسألتهم الماءَ العذب، فأعطوني كوزًا من ماءٍ، فأتيته فقلت: هذا ماء عذب أتيتك به، قالت: فنظر فإذا الفجر قد طلع فقال: إني أصبحت صائمًا، قالت: فقلتُ: ومن أين أكلت؟ ولم أر أحدًا أتاك بطعام ولا شراب؟ فقال: إني رأيت رسول الله ﷺ اطلع عليّ من هذا السقف ومعه دلو من ماءٍ فقال: "اشربْ يا عثمانُ" فشربتُ حتى رويتُ، ثم قال: "ازدد" فشربتُ حتى نهلت (٥) ، ثم قال: "أما إنَّ القوم سينكرون (٦) عليك، فإن قاتلتهم ظفرت، وإن تركتهم أفطرت عندنا" قالت: فدخلوا عليه من يومه فقتلوه. وقال أبو يعلى الموصلي وعبد الله بن الإمام أحمد (٧) : حدَّثني عثمان بن أبي شيبة، حدَّثنا يونس بن أبي يَعْفُور (٨) العَبْدي، عن أبيه، عن مسلم أبي (٩) سعيد مولى عثمان بن عفان (١٠) : أن عثمان أعتق عشرين مملوكًا ودعا بسراويل فشدّها ولم يلبسها في جاهلية ولا إسلام، وقال: إني رأيت رسول الله ﷺ في المنام، وأبا بكر وعمر، وإنّهم قالوا لي: اصبر فإنك تفطر عندنا القابلة، ثُمّ دعا بمصحف فنشره بين يديه فقتل وهو بين يديه. قلت: إنما لبس السراويلَ (رضي الله عنه) في هذا اليوم لئلا تبدو عورتُه إذا قُتل فإنّه كانَ شديدَ الحياء، كانت تستحيي منه ملائكة (١١) السماء، كما نطق بذلك النبي ﷺ ، ووضع بين يديه المصحفَ يتلو فيه،
(١) في ط: "أسد" خطأ. وتنظر ترجمته في الجرح والتعديل (٦/ ٣٠٨) وثقات ابن حبان (٨/ ٤٩٩). (٢) في أ: الذي كان قبله بيوم صائمًا. (٣) الرُّكيُّ: جمع رَكِيَّةٍ وهو البئر. القاموس (ركو). (٤) أجاجير: جمع إجار وهو السطح. القاموس (أجر). (٥) في أ: نهدت. (٦) في أ: مستنكرون. (٧) مسند الإمام أحمد (١/ ٧٢) ولم أجده في مسند أبي يعلى، وهو في الكبير كما قال الهيثمي في المجمع (٧/ ٣٣٢)، وإسناده ضعيف. (٨) في أ: يعقوب؛ تحريف. ويَعْفُور -بفتح التحتانية، وسكون المهملة، وضم الفاء- واسم أبي يعفور: وقدان بالقاف. تقريب التهذيب (٦١٤). (٩) في أ: مسلم بن سعيد. (١٠) الخبر في تاريخ دمشق (٤٠٥). (١١) في أ: تسحتي منه الملائكة كما نطق.

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