Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mohammad ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwān rapporta qu’il avait entendu dire qu’al-Mughīra ibn Shu‘ba entra auprès de ‘Uthmān alors que ce dernier était assiégé et lui déclara : « Tu es l’imām de la communauté, et voilà ce qui t’arrive. Je te propose trois solutions ; choisis l’une d’entre elles : sois tu sors pour les combattre, car tu disposes de troupes et de forces, tu es dans la vérité et ils sont dans l’erreur ; soit nous perçons pour toi une porte autre que celle où ils se tiennent, de sorte que tu puisses monter sur tes montures et te rendre à La Mecque, car là-bas ils ne te considèreront pas comme licite (pour t’attaquer) ; soit tu rejoins le Shām (la Syrie), car ce sont les gens du Shām et Mu‘āwiya s’y trouve. » Il (‘Uthmān) répondit : « Quant à sortir pour les combattre, je ne serai pas le premier à succéder au Messager de Dieu ﷺ dans sa communauté en faisant couler le sang. Pour ce qui est de partir à La Mecque, bien qu’ils ne m’y rendraient pas licite, j’ai entendu le Messager de Dieu ﷺ dire : “Un homme issu de Quraysh sera inhumé à La Mecque et il portera la moitié du châtiment de l’humanité.” Or je ne veux pas être cet homme. Quant à me diriger vers la Syrie, certes ils s’y trouvent, ainsi que Mu‘āwiya, mais je ne quitterai pas la demeure de mon émigration ni la proximité du Messager de Dieu ﷺ. »

Aḥmad (1) a dit : « Ismā‘īl ibn Abān al-Warrāq nous a rapporté, qui le tenait de Ya‘qūb, qui le tenait de Ja‘far ibn Abī al-Mughīra, qui le tenait d’Ibn Abzā, d’après ‘Uthmān : ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr lui dit au moment où il fut assiégé : “J’ai préparé des montures pour toi. Veux-tu te déplacer à La Mecque, afin que ceux qui souhaitent te rejoindre puissent y venir ?” Il (‘Uthmān) répondit : “Non, j’ai entendu le Messager de Dieu ﷺ dire : ‘Un bélier de Quraysh, nommé ‘Abd Allāh, sera inhumé à La Mecque, et il portera la moitié des péchés des gens.’” Il est (l’unique transmetteur) à rapporter ce ḥadīth, et il s’agit d’un récit très étrange. La chaîne de transmission est constituée de rapporteurs reconnus fiables, à l’exception de Ya‘qūb, qui est vraisemblablement al-Qummī — on suppose qu’il était chiite — et peut-être est-ce de lui que provient le problème (2). »

Muhammad ibn ‘Āʾidh ad-Dimashqī a rapporté : « Al-Walīd ibn Muslim nous a rapporté, qui le tenait de ‘Abd Allāh ibn Lahī‘a, qui le tenait de Yazīd ibn ‘Amr, lequel avait entendu Abū Thawr al-Fahmī (3) dire : “Je suis parvenu auprès de ‘Uthmān, et alors que j’étais chez lui, je sortis. Soudain, je constatai que la délégation des Égyptiens était revenue. Je revins donc auprès de ‘Uthmān pour l’en informer. Il me demanda : ‘Comment les as-tu trouvés ?’ Je répondis : ‘J’ai vu sur leurs visages l’intention de nuire. Celui qui les commande est Ibn ‘Udays al-Balawī.’ Et voilà qu’Ibn ‘Udays monta sur la chaire du Messager de Dieu ﷺ, dirigea la prière du vendredi et discrédita ‘Uthmān dans son prône. Alors je revins vers ‘Uthmān pour lui rapporter ses propos.”

‘Uthmān dit : “Ibn ‘Udays ment, par Dieu ! N’était-ce qu’il a prétendu ce qu’il a prétendu (4)… Je suis le quatrième homme à être entré en islam. Le Messager de Dieu ﷺ m’a marié à l’une de ses filles, puis lorsqu’elle est morte, il me donna une autre de ses filles en mariage. Je n’ai jamais forniqué ni volé, ni pendant la jāhiliyyah ni en islam ; je ne me suis ni plaint ni livré aux convoitises depuis que je suis devenu musulman ; et je n’ai pas touché mes parties intimes de la main droite depuis que j’ai prêté serment d’allégeance au Messager de Dieu ﷺ. De plus, j’ai réuni (appris) le Coran sous l’autorité du Messager de Dieu ﷺ, et pas une seule semaine (jumu‘ah) ne s’est écoulée depuis ma conversion sans que je n’affranchisse un esclave, sauf si je n’en trouvais pas ; alors, j’en affranchissais un la semaine suivante.” Ya‘qūb ibn Sufyān a également rapporté, d’après ‘Abd Allāh ibn Abī Bakr, qui le tenait d’Ibn Lahī‘a, qu’il (‘Uthmān) aurait déclaré : “J’ai mis en réserve auprès de mon Seigneur dix vertus.” Puis il les mentionna (5). »

(1) Musnad Ahmad (1/64). (2) Ces deux hadiths ne figurent pas dans l'édition imprimée. (3) Dans l'édition de al-Fuqaymi : il y a une déformation. (4) Dans l'édition A : il est écrit : « et comment ». (5) Dans l'édition A : « Et s'il n'avait pas mentionné ce qu'il a dit, je serais le quatrième. » (6) La chaîne de transmission présente une faiblesse.
محمد بن عبد الملك بن مروان أنَّه حدَّثه، عن المغيرة بن شعبة أنه دخل على عثمان وهو محصور فقال: إنَّك إمام العامَّة، وقد نزل بك ما ترى، وإنّي أعرضُ عليك خصالًا ثلاثًا، اختر إحداهن: إمَّا أن تخرج فتقاتلهم، فإن معك عددًا وقوة، وأنت على الحق، وهم على الباطل، وإمَّا أن نخرق لك بابًا سوى الباب الذي هم عليه فتقعد على رواحلك فتلحق بمكة، فإنَّهم لن يستحلوك وأنت بها، وإمّا أن تلحق بالشام، فإنَّهم أهل الشام، وفيهم معاوية. فقال (رضي الله عنه) : أما أن أخرج فأقاتل فلن أكون أولَ من خَلَفَ رسول الله ﷺ في أمته بسفك الدماء؛ وأما أن أخرج إلى مكة وإنهم لن يستحلوني بها، فإني سمعت رسول الله ﷺ يقول: "يُلْحدُ رَجُلٌ من قُرَيشٍ بمكَّةَ يكون عليه نصفُ عذابِ العالم" ولن أكون أنا [إيَّاه] ؛ وأما أن ألحق بالشام فإنَّهم أهل الشام وفيهم معاوية؛ فلن أفارق دار هجرتي ومجاورة رسول الله ﷺ . وقال أحمد (١) : حدَّثنا إسماعيل بن أبان الوراق، حدَّثنا يعقوب، عن جعفر بن أبي المغيرة، عن ابن أبْزَى، عن عثمان قال: قال له [عبد الله بن] الزبير حين حُصِرَ: إن عندي رواحل قد أعددتها لك فهل لك أن تَحوَّلَ إلى مكة فيأتيك من أراد أن يأتيك. قال: لا، إني سمعت رسول الله ﷺ يقول: "يُلْحدُ بمكة كَبْشٌ من قريش اسمه عبد الله عليه مثل [نصف] أوزار الناس" . تفرَّد به، وهذا غريب جدًا وإسناد رجاله ثقات إلا يعقوب فإنه القمي -فيما يغلب على الظن- وهو شيعي فلعل الآفة منه] (٢) . وقال محمد بن عائذ الدمشقي. حدَّثنا الوليد بن مسلم، حدَّثنا عبد الله بن لهيعة، عن يزيد بن عمرو أنه سمع أبا ثور الفَهْمي (٣) يقول: قدمت على عثمان، فبينا أنا عنده فخرجتُ، فإذا بوفد أهل مصر قد رجعوا، فدخلتُ على عثمان فأعلمته، قال: فكيف (٤) رأيتهم؟ فقلت: رأيت في وجوههم الشر، وعليهم ابن عُدَيْس البَلَوي، فصعِد ابن عُدَيْس منبر رسول الله ﷺ فصلّى بهم الجمعة، وتنقَّص عثمان في خطبته، فدخلتُ على عثمان، فأخبرته بما قال فيهم، فقال: كذب والله ابن عُدَيْس، ولولا ما ذكر ما ذكرت (٥) ، إني رابع أربعة في الإسلام، ولقد أنكحني رسول الله ﷺ ابنته ثمَّ توفيت، فأنكحني ابنته الأخرى، ولا زنيت ولا سَرقت في جاهلية ولا إسلام، ولا تعنَّيت ولا تمنّيت منذ أسلمت، ولا مسست فرجي بيميني منذ بايعت بها رسول الله ﷺ ولقد جمعت القرآن على عهد رسول الله ﷺ ولا أتت عليّ جمعة إلا وأنا أعتق فيها رقبة منذ أسلمت، إلا أن لا أجدها في تلك الجمعة فأجمعها في الجمعة الثانية. ورواه يعقوب بن سفيان، عن عبد الله بن أبي بكر عن ابن لهيعة، قال: لقد اختبأت عند ربي عشرًا، فذكرهن (٦) .
(١) مسند أحمد (١/ ٦٤). (٢) وهذان الأثران ليسا في المطبوع. (٣) في ط: الفقيمي: وهو تحريف. (٤) في أ: فقال: وكيف. (٥) في أ: ولولا ذكر ما ذكره إني رابع. (٦) وفي إسناده ضعف.

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