Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«J’ai donc acheté ce bien de mes propres deniers et, grâce à cela, j’ai agrandi la mosquée. Alors des hommes se portèrent garants pour lui. Puis il dit : “Et j’en appelle (1) par Dieu à quiconque a été témoin du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) le jour de l’armée de l’‘usra, lorsqu’il déclara : ‘Qui donnera aujourd’hui une aumône agréée ?’ Alors j’ai financé la moitié de l’armée de mes propres biens.” Là encore, des hommes se portèrent garants pour lui. (Ensuite) il dit : “Et j’en appelle par Dieu à quiconque a été témoin que l’eau de Rûma était vendue au voyageur ; je l’ai donc achetée de mes propres deniers et je l’ai rendue libre d’accès au voyageur.” Là aussi, des hommes se portèrent garants pour lui.

An-Nassâ’î (2) en a fait le récit selon ‘Imrân ibn Bakkâr, d’après Khatṭâb ibn ‘Uthmân, d’après ‘Îsâ ibn Yûnus ibn Abî Isḥâq, d’après son père, d’après son grand-père Abû Isḥâq as-Sabî‘î.

Ibn Jarîr (3) mentionne que ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée), voyant ce que faisaient certains khârijites issus de différentes provinces — l’assiégeant dans sa demeure et l’empêchant même de se rendre à la mosquée —, écrivit à Mu‘âwiya en Syrie, à Ibn ‘Âmir à Bassora ainsi qu’aux habitants de Koufa, afin de solliciter l’envoi d’une armée qui chasserait ces hommes de Médine. Mu‘âwiya dépêcha alors Muslimah ibn Ḥabîb et mobilisa Yazîd ibn Asad al-Qushayrî à la tête d’une troupe, pendant que les gens de Koufa et de Bassora envoyaient également des contingents. Lorsque les assaillants apprirent que des renforts se mettaient en route, ils renforcèrent le siège. Les armées n’étaient pas encore arrivées à Médine au moment où se produisit l’assassinat de ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée), comme nous le mentionnerons.

Ibn Jarîr (4) relate aussi que ‘Uthmân fit venir al-Ashtar an-Nakha‘î, et on installa un coussin à une lucarne de sa demeure pour qu’il puisse s’adresser à la foule. ‘Uthmân dit alors : “Ô Ashtar, que réclament-ils ?” Il répondit : “Ils exigent soit que tu te destitues toi-même de l’autorité, soit qu’on puisse se venger de toi pour ceux que tu as frappés, fouettés ou fait incarcérer, soit encore qu’ils te mettent à mort.” Dans une autre version, ils voulaient qu’il révoque ses gouverneurs dans les provinces et nomme à leur place ceux qu’eux-mêmes choisiraient, ou bien qu’il leur livre Marwân ibn al-Ḥakam afin qu’ils le châtient pour la lettre qu’il aurait contrefaite et envoyée de la part de ‘Uthmân en Égypte. Or ‘Uthmân craignait que s’il leur livrait Marwân, ils ne l’exécutent, faisant ainsi de lui la cause du meurtre d’un musulman, alors que ce dernier n’avait commis aucun acte méritant la mise à mort. Il s’excusa de ne pouvoir le punir comme ils l’entendaient, en raison de sa faiblesse physique et de son grand âge. Quant à la demande qu’il se démette (7) lui-même, il refusa en déclarant : “Je ne retirerai pas la tunique dont Dieu m’a revêtu, et je ne laisserai pas la communauté de Muḥammad se déchirer ; ce serait permettre aux gens irréfléchis de désigner qui leur plaît, ce qui entraînerait le chaos et la corruption.” Et l’affaire se déroula effectivement de la manière qu’il avait anticipée : la communauté fut en proie à la discorde et au désordre. Il leur déclara aussi : “En quoi cela me concerne-t-il, si, chaque fois que vous détestez un émir, je le révoque, et chaque fois que vous l’acceptez…” — avant que ses propos ne restent inachevés dans le récit.»

(1) Dans la version Ṭ: Anshad. (2) Sunan an-Nasāʾī (6/236). (3) Son Tārīkh (4/368-369). (4) Son Tārīkh (4/371). (5) Dans la version A: «Que voulez-vous ?» (6) Dans la version A: «Vers eux». (7) Dans la version A: «Celui qui s’est dépouillé lui-même.»
في الجنة " فابتعتُه من مالي فوسعتُ به المسجد. فانتشد له رجالٌ. ثم قال: وأنشد (١) بالله من شهد رسول الله ﷺ يوم جيش العُسْرَة قال: " من ينفق اليوم نفقة متقبَّلة"؟ فجهزتُ نصفَ الجيش من مالي، فانتشد له رجال. (ثم) قال: وأنشد الله من شهد رومة يباع ماؤها ابنَ السبيل، فابتعتها من مالي فأبحتُها ابن السبيل قال: فانتشد له رجال. ورواه النسائي (٢) عن عمران بن بكار، عن خطاب بن عثمان، عن عيسى بن يونس بن أبي إسحاق، عن أبيه، عن جده أبي إسحاق السبيعي به. وقد ذكر ابنُ جرير (٣) أن عثمان (رضي الله عنه) لمّا رأى ما فعل هؤلاء الخوارج من أهل الأمصار، من محاصرته في داره، ومنعه الخروج إلى المسجد، كتب إلى معاوية بالشام وإلى ابن عامر بالبصرة وإلى أهل الكوفة، يستنجدهم في بعث جيش يطردون هؤلاء من المدينة، فبعث معاويةُ مسلمةَ بن حبيب، وانتدب يزيد بن أسد القشيري في جيش، وبعث أهل الكوفة جيشًا، وأهل البصرة جيشًا، فلما سمع أولئك بخروج الجيوش إليهم صمَّمُوا في الحصار، فما اقترب الجيوش إلى المدينة حتى جاءهم قتلُ عثمان (رضي الله عنه) كما سنذكره. وذكر ابن جرير (٤) أن عثمان استدعى الأشتر النخعي ووضعت لعثمان وسادة في كُوَّة من داره، فأشرف على الناس، فقال له عثمان: يا أشتر ماذا يريدون (٥) ؟ فقال: إنهم يريدون منك إما أن تعزل (نفسك) عن الإمرة، وإما أن تُقيدَ من نفسك منْ قد ضربتَه؛ أو جلدتَه، أو حبستَه، وإما أن يقتلوك. وفي رواية أنهم طلبوا منه أن يعزل نوابَه عن الأمصار ويولّي عليها منْ يريدون هم، وإن لم يعزل نفسه أن يسلم لهم (٦) مروان بن الحكم فيعاقبوه كما زوّر على عثمان كتابه إلى مصر، فخشي عثمان إن سلمه إليهم أن يقتلوه، فيكون سببًا في قتل امرئ مسلم، وما فعل من الأمر ما يستحقّ بسببه القتل، واعتذر عن الاقتصاص مما قالوا بأنه رجل ضعيف البدن كبير السن. وأما ما سألوه من خلعه (٧) نفسه فأنه لا يفعل [ذلك] ولا ينزع قميصًا قمصه الله إياه، ويترك أمة محمد يعدو بعضها على بعض (ويولي السفهاء من الناس من يختاروه هم فيقع الهرج ويفسد الأمر بسبب ذلك، ووقع الأمر كما ظنه فسدت الأمة ووقع الهرج) ، وقال لهم فيما قال. وأي شيء إليَّ من الأمر إنْ كنتُ كلمّا كرهتم أميرًا عزلتُه، وكلما رضيتُم
(١) في ط: أنشد. (٢) سنن النسائي (٦/ ٢٣٦). (٣) تاريخه (٤/ ٣٦٨ - ٣٦٩). (٤) تاريخه (٤/ ٣٧١). (٥) في أ: ماذا تريدون. (٦) في أ: إليهم. (٧) في أ: من خلع نفسه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies