Ô gens, [il s’écria] : « Est-ce que Talha est parmi vous ? » Ils gardèrent le silence. Puis il dit : « Ô gens ! Talha est-il parmi vous (1) ? » Talha ibn ‘Ubayd Allâh se leva et ‘Uthmân lui adressa la parole : « Ne te vois-je pas ici ? Je ne pensais pas que tu puisses être parmi des gens qui entendent mon appel trois fois de suite, sans me répondre. Je t’en conjure par Dieu, ô Talha : te souviens-tu du jour où j’étais avec toi auprès du Messager de Dieu (ﷺ) à tel endroit, sans qu’aucun de ses compagnons ne soit présent à part nous deux ? » Talha répondit : « Oui. » ‘Uthmân poursuivit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) t’avait alors dit : “Ô Talha, il n’y a pas de Prophète qui ne soit accompagné, parmi ses compagnons, d’un compagnon de sa communauté avec lui au Paradis. Or, ‘Uthmân ibn ‘Affân (sous-entendant : moi-même) est mon compagnon avec moi au Paradis.” » Talha dit : « Ô Dieu, oui ! » Puis il s’en alla, et ils ne l’ont pas fait sortir.
[Autre voie de transmission]
‘Abd Allâh ibn Ahmad (2) a dit : « Muḥammad ibn Abî Bakr al-Maqdamî nous a rapporté, [il dit] : Muḥammad ibn ‘Abd Allâh al-Anṣârî nous a rapporté, [il dit] : Hilâl ibn Ḥiq (3) nous a rapporté, d’après al-Jarîrî, d’après Thumāma ibn Ḥazn (4) al-Qushayrî. » Il raconta : « J’étais présent dans la demeure, le jour où ‘Uthmân fut tué. Il jeta un coup d’œil et dit : “Faites venir à moi vos deux compagnons qui vous ont incités contre moi.” Ils furent convoqués, et il leur déclara : “Je vous conjure par Dieu, savez-vous que lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) arriva à Médine, la mosquée se révéla trop étroite pour ses occupants ? Il dit alors : ‘Qui achètera cet espace de son bien propre, afin qu’il serve aux musulmans, et il aura en échange mieux que cela au Paradis ?’ J’ai donc moi-même acheté cet espace, de mes propres deniers, et je l’ai mis à la disposition des musulmans. Alors, pourquoi m’empêchez-vous d’y accomplir deux rak‘a de prière ?” »
Ensuite il poursuivit : « Je vous conjure par Dieu, savez-vous que lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) arriva à Médine, il n’y avait qu’un seul puits au goût agréable, le puits de Rûmah ? Le Messager de Dieu (ﷺ) avait dit : ‘Qui achètera ce puits de son argent propre, si bien que son seau soit au même titre que celui des musulmans, et il aura en échange mieux que cela au Paradis ?’ Je l’ai donc acheté de mes propres deniers, et vous m’empêchez d’en boire. »
Puis il dit : « Savez-vous également que je suis celui qui a équipé l’armée de la Difficulté (al-‘Usrah) ? » Ils répondirent : « Par Dieu, oui ! »
At-Tirmidhî (6) en a aussi fait le récit, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Abd ar-Raḥmân ad-Dârimî (7), ‘Abbâs ad-Dūrî et d’autres. An-Nassâ’î (8) l’a également rapporté d’après Ziyâd ibn Ayyûb, tous l’ayant rapporté de Sa‘îd ibn ‘Âmir, d’après Yaḥyâ ibn Abî l-Ḥajjâj al-Munqariyy (9), d’après Abû Mas‘ûd al-Jarîrî. At-Tirmidhî a dit : « [Ce hadith est] bon et authentique (ḥasan ṣaḥîḥ) (10). »