Puis, après tout cela, il laissa derrière lui de nombreux biens, dont de l’or que l’on dut couper à la hache, à tel point que les mains des hommes en furent meurtries (1). Il laissa également mille chameaux, cent chevaux et trois mille brebis pâturant au Baqî‘. Quant à ses épouses, elles étaient au nombre de quatre ; l’une d’entre elles s’arrangea pour obtenir quatre-vingt mille (2) en contrepartie du quart du huitième (de l’héritage).
Lorsqu’il mourut, ‘Uthmân ibn ‘Affân (qu’Allah l’agrée) accomplit la prière funéraire sur lui ; Sa‘d ibn Abî Waqqâs porta son cercueil et il fut enterré au Baqî‘, à l’âge de soixante-quinze ans. Il avait le teint blanc légèrement rosé, un beau visage, la peau fine, de grands yeux (3), des cils longs et fournis (4), un nez aquilin (5), une chevelure abondante, les paumes des mains larges et les doigts épais ; il ne teignait pas ses cheveux (– qu'Allah soit satisfait de lui –).
Abû Dharr al-Ghifârî (6), de son vrai nom Jundub ibn Junâda selon l’opinion la plus connue, embrassa l’islam très tôt à La Mecque ; il fut le quatrième ou le cinquième à se convertir. Son histoire avec l’islam précède l’Hégire, et il fut le premier à saluer le Messager de Dieu (ﷺ) avec la salutation de l’islam. Il retourna ensuite dans sa contrée auprès de son peuple, puis demeura là-bas jusqu’à l’émigration du Messager de Dieu (ﷺ) à Médine. Il rejoignit la communauté après la bataille du Fossé et ne quitta plus le Prophète (ﷺ), que ce soit en voyage ou en résidence ; il transmit de nombreux hadiths de sa part.
De nombreux récits témoignent de ses mérites, parmi lesquels le hadith rapporté par al-A‘mash, d’après Abû al-Yaqzân ‘Uthmân ibn ‘Umayr, d’après Abû Harb ibn Abî al-Aswad, d’après ‘Abdallah ibn ‘Amr, selon lequel le Messager de Dieu (ﷺ) aurait dit : « Jamais le ciel n’a ombragé, ni la terre porté, un être plus véridique qu’Abû Dharr » (7), bien que ce hadith soit jugé faible.
Après la mort du Messager de Dieu (ﷺ) et d’Abû Bakr, Abû Dharr partit pour la Syrie, où il resta jusqu’à survenir un différend entre lui et Mu‘âwiyah. ‘Uthmân le rappela alors à Médine, puis il s’installa à ar-Rabadhah, où il demeura jusqu’à son décès au mois de Dhou al-Hijja de cette même année. Il ne se trouvait auprès de lui que son épouse et ses enfants, qui ne purent d’abord l’enterrer. C’est alors qu’arriva ‘Abdallah ibn Mas‘ûd d’Irak, accompagné d’un groupe de ses compagnons. Ils assistèrent à la mort d’Abû Dharr, à qui il confia ses dernières volontés au sujet de ses funérailles — selon une autre version, ils arrivèrent après son décès et se chargèrent de le laver (rite funéraire).