(1) Alors, un homme parmi les musulmans se leva et défit partiellement les liens de l’oncle paternel du Prophète, Al-‘Abbâs, jusqu’à ce que ses gémissements s’apaisent, puis le Messager de Dieu (ﷺ) s’endormit. Par la suite, Al-‘Abbâs embrassa l’islam l’année de la Conquête et alla au-devant du Messager de Dieu (ﷺ) jusqu’à Al-Jouhfa, puis revint avec lui pour assister à la Conquête. Certains affirment qu’il s’était déjà converti auparavant, mais qu’il était resté à La Mecque avec la permission du Prophète (ﷺ), comme le mentionne un hadith (2). Dieu est plus savant.
Le Messager de Dieu (ﷺ) le tenait en grande estime et l’honorait, le considérant comme un père pour le fils. Il disait : « C’est le dernier de mes pères » (3). Al-‘Abbâs était le plus enclin à entretenir les liens avec Quraysh et le plus bienveillant envers eux. Il possédait un jugement sûr et une intelligence complète (4). Il était grand, d’une belle apparence, d’un teint clair éclatant (5), et portait deux tresses. Il eut dix fils, sans compter ses filles : Tammâm (le plus jeune), Al-Hârith, ‘Abd Allâh, ‘Ubayd Allâh, ‘Abd Ar-Rahmân, ‘Awn, Al-Fadhl, Qutham, Kathîr et Ma‘bad. Il affranchit soixante-dix de ses serviteurs.
L’imam Ahmad (6) a rapporté : « ‘Alî ibn ‘Abd Allâh nous a rapporté, disant : “Muhammad ibn Talha At-Taymî (7), habitant de Médine, m’a transmis : ‘Abû Suhaïl Nâfi‘ ibn Mâlik m’a informé, d’après Sa‘îd ibn Al-Musayyib, d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs, qui a dit : Le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré à Al-‘Abbâs : ‘Voici Al-‘Abbâs ibn ‘Abd Al-Muttalib, le plus généreux de la tribu de Quraysh et le plus prompt à préserver les liens de parenté.’” C’est un hadith rapporté par un seul narrateur (8). »
Il est également attesté dans les deux Sahîh (9) que le Messager de Dieu (ﷺ) dit à ‘Umar, lorsqu’il l’envoya percevoir l’aumône légale (Zakât) : on évoqua qu’Ibn Jamîl, Khâlid ibn Al-Walîd et Al-‘Abbâs, l’oncle du Prophète (ﷺ), se seraient abstenus de s’en acquitter. Le Prophète (ﷺ) répliqua : « Ibn Jamîl ne se plaint de rien, si ce n’est qu’il était pauvre et que Dieu l’a enrichi. Quant à Khâlid, vous lui faites tort, car il a consacré ses cuirasses et son équipement au service de Dieu. Pour ce qui est d’Al-‘Abbâs, c’est à ma charge et au double de cela. » Puis il ajouta : « Ô ‘Umar, ne sais-tu pas que l’oncle d’un homme est l’équivalent de son père ? » (10).
Il est rapporté dans le Sahîh d’Al-Bukhârî (11), d’après Anas, qu’un jour ‘Umar sortit pour invoquer Dieu afin qu’Il fasse descendre la pluie (prière de demande de pluie). Il prit avec lui Al-‘Abbâs pour implorer la pluie par son intermédiaire et dit : « Ô Dieu, lorsque la sécheresse nous frappait, nous intercédions auprès de Toi par notre Prophète, et Tu nous accordais la pluie ; maintenant nous intercédons auprès de Toi par l’oncle de notre Prophète, accorde-nous la pluie. » Et ils furent ainsi abreuvés.