Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les catapultes et les balistes. Ensuite, les habitants de Balanjar sortirent à leur rencontre, et les Turcs les soutinrent, si bien qu’ils livrèrent un combat acharné. Auparavant, les Turcs redoutaient d’affronter les Musulmans et pensaient même que ceux-ci ne mouraient pas. Mais, par la suite, ils osèrent les attaquer. Ce jour-là, ils s’affrontèrent de nouveau : ‘Abd ar-Rahmân ibn Rabî‘ah, qu’on surnommait “Dhou an-Noun”, fut tué, et les Musulmans prirent la fuite. Ils se séparèrent alors en deux groupes : l’un gagna le pays des Khazars, l’autre emprunta la route de Jîlân et de Djurdjân, parmi lesquels se trouvaient Abû Hurayra et Salmân al-Fârisi.

Les Turcs s’emparèrent du corps de ‘Abd ar-Rahmân ibn Rabî‘ah – l’un des chefs et guerriers valeureux des Musulmans – et l’enterrèrent dans leur contrée. Ils continuent, jusqu’à ce jour, à invoquer la pluie auprès de son tombeau. Lorsque ‘Abd ar-Rahmân ibn Rabî‘ah fut tué, Sa‘îd ibn al-‘Âs confia ce secteur à Salmân ibn Rabî‘ah. ‘Uthmân renforça leurs effectifs en envoyant des gens de Syrie, sous le commandement de Habîb ibn Maslama. Habîb et Salmân se disputèrent alors le commandement, au point qu’ils divergèrent. Ce fut là le premier désaccord survenu entre les gens de Kûfa et ceux de Syrie, à propos duquel un homme de Kûfa, Aws, déclama (1) :

(2) « Si vous frappez Salmân, nous frapperons votre Habîb,
Et si vous partez vers Ibn ‘Affân, nous partirons aussi.

(3) Et si vous êtes équitables, la frontière est celle de notre émir,
Le voici qui s’avance parmi les troupes.

(4) Nous sommes les gardiens de la frontière et en fûmes autrefois les protecteurs,
Tandis que, des nuits durant, nous prenions de vitesse chaque brèche en infligeant la terreur. »

Cette même année, Ibn ‘Âmir conquit Marw ar-Rawdh, Tâliqân, al-Fâryâb, al-Jûzjân et Tukhâristân. Pour Marw ar-Rawdh, Ibn ‘Âmir y dépêcha al-Ahnaf ibn Qays, qui l’assiégea. Les habitants sortirent l’affronter et il les combattit jusqu’à les vaincre, les contraignant à se replier dans leur forteresse. Ils signèrent alors la paix en échange d’une forte somme d’argent et de l’imposition du kharâdj sur les terres relevant du peuple, tout en épargnant la terre que Chosroês (Kisrâ) avait jadis attribuée au père du marzban, seigneur de Marw, lorsqu’il tua le serpent qui coupait la route aux voyageurs pour les dévorer. Al-Ahnaf convint de ce traité et leur en rédigea l’acte.

Ensuite, al-Ahnaf envoya al-Aqra‘ ibn Hâbis à al-Jûzjân, qu’il finit par conquérir après un combat farouche dans lequel tomba un grand nombre de braves parmi les Musulmans, avant que la victoire ne leur revienne. À ce sujet, Abû Kathîr an-Nahshalî composa une longue ode, dont voici quelques vers (7) :

« (De la mesure wâfir)
Que les pluies chargées d’orages abreuvent – lorsqu’elles ruissellent –
Les emplacements où tombèrent de jeunes héros à al-Jûzjân,
Jusqu’aux deux forteresses du rustâq de Khût (8),
C’est là que les deux Aqra‘ les anéantirent. »

(1) Les vers se trouvent dans l’Histoire de Ṭabarī (4/220) et le poète est : Aws ibn Mughrāʾ. (2) Dans l’Histoire de Ṭabarī : « إن ». (3) Dans « A » : « أميرها ». (4) Dans « A » : « موكل ». (5) Dans « A » : « إليها ». (6) Dans « A » : « أقطعها ». (7) Les deux vers se trouvent dans l’Histoire de Ṭabarī (4/313) et dans le Maʿjam al-Buldān (2/182) et ils sont attribués à : Kathīr ibn al-ʿAzīzah an-Nahshalī. (8) Dans « A », édition : « حوط » ; et ce qui est ici provient de leurs deux sources.
المجانيقُ والعَرّادات. ثم إن أهل بَلَنْجر خرجوا إليهم، وعاونهم الترك فاقتتلوا قتالًا شديدًا -وكانت الترك تهابُ قتالَ المسلمين، ويظنّون أنهم لا يموتون- حتى اجترؤوا عليهم بعد ذلك، فلما كان هذا اليوم التقَوا معهم فاقتتلوا، فقُتل يومئذ عبد الرحمن بن ربيعة -وكان يقال له ذو النون- وانهزم المسلمون فافترقوا فرقتين، ففرقة ذهبت إلى بلاد الخزَر. وفرقة سلكوا ناحية بلاد جيلان وجرجان، وفي هؤلاء أبو هريرة وسلمان الفارسي. وأخذت الترك جسد عبد الرحمن بن ربيعة -وكان من سادات المسلمين وشجعانهم- فدفنوه في بلادهم فهم يستسقون عنده إلى اليوم، ولما قُتل عبد الرحمن بن ربيعة استعمل سعيد بن العاص على ذلك الفرع سلمان بن ربيعة، وأمدّهم عثمان بأهل الشام عليهم حبيب بن مسلمة، فتنازع حبيب وسلمان في الإمرة حتى اختلفا، فكان أولَ اختلافٍ وقعَ بين أهل الكوفة وأهل الشام، حتى قال في ذلك رجل من أهل الكوفة وهو أوس (١) : [من الطويل] فإن (٢) تضربوا سلمانَ نضْربْ حَبيبكمْ … وَإنْ تَرْحَلوا نَحْو ابن عَفّان نَرْحلُ وإنْ تُقْسِطُوا فالثَّغرُ ثغرُ أميرنا (٣) … وهذا أميرٌ في الكتائبِ مُقبلُ ونَحْنُ ولاةُ الثَّغْرِ كُنّا حُمَاتهُ … لَيَاليَ نَرْمي كُلَّ ثَغْرٍ ونُنْكِلُ (٤) وفيها فتح ابن عامر مروَ الرَّوْذ والطالقان والفارياب والجُوْزجان وطُخارستان. فأما مرو الرَّوْذ فبعث إليهم (٥) ابن عامر الأحنفَ بن قَيْس فحصَرَها فخرجوا إليه فقاتلهم حتى كسرهم فاضطرَّهم إلى حصنهم، ثم صالحوه على مالٍ جزيلٍ وعلى أن يضرب على أراضي الرعية الخراجَ، ويدعَ الأرض التي كان اقتطعها (٦) كسرى لوالد المرزبان، صاحب مرو، حين قتل الحيةَ التي كانت تقطع الطريق على الناس وتأكلهم، فصالحهم الأحنف على ذلك، وكتب لهم كتاب صلح بذلك، ثم بعث الأحنف الأقرعَ بن حابسٍ إلى الجُوْزجان ففتحها بعد قتال وقع بينهم، قتل فيه خلقٌ من شُجعان المسلمين، ثم نُصروا فقال في ذلك أبو كثير النَّهْشلي قصيدة طويلة فيها (٧) : [من الوافر] سَقَى مُزُنُ السَّحَاب إذا اسْتَهلَّتْ … مَصَارعَ فِتْيَةٍ بالجُوزَجَان إلى القَصْرينِ منْ رُسْتاقِ خُوطٍ (٨) … أبادَهُمُ هُناك الأقْرَعانِ
(١) الأبيات في تاريخ الطبري (٤/ ٢٢٠) والقائل: أوس بن مغراء. (٢) في تاريخ الطبري: إن. (٣) في أ: أميرها. (٤) في أ: موكل. (٥) في أ: إليها. (٦) في أ: أقطعها. (٧) البيتان في تاريخ الطبري (٤/ ٣١٣) ومعجم البلدان (٢/ ١٨٢) وفيه منسوبان إلى: كثير بن العزيزة النَّهشلي. (٨) في أ، ط: حوط؛ وما هنا عن مصدريهما.

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