Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’ils l’encerclèrent et voulurent le tuer, il déclara : « Malheur à vous, ne me mettez pas à mort, car nous trouvons dans nos livres que quiconque ose tuer des rois sera puni par le feu (1) en ce monde, en plus de ce qui l’attend par la suite. Ne me tuez donc pas, mais conduisez-moi plutôt auprès du roi ou auprès des Arabes, car ils répugnent à tuer des rois. » Ils refusèrent néanmoins sa requête, le dépouillèrent des bijoux qu’il portait, les mirent dans un sac, l’étranglèrent avec un tendon, puis le jetèrent dans le fleuve. Il s’agrippa à une branche, et un évêque nommé Élie (Iliya) le secourut, touché de compassion en souvenir des bienfaits que sa lignée avait jadis accordés aux chrétiens installés dans leurs contrées. L’évêque le plaça dans un cercueil, l’inhuma dans un sarcophage, puis apporta les bijoux qui se trouvaient sur lui à l’émir des croyants, ʿUthmân ibn ʿAffân. Il manquait alors une boucle d’oreille (2). ʿUthmân écrivit au dihqân de cette région afin de lui en exiger le remboursement.

La royauté de Yazdjurd (Yazdegerd) dura vingt ans, dont quatre passées en paix, le reste s’étant écoulé dans la fuite de territoire en territoire, par crainte de l’islam et de ses adhérents. Il fut le dernier roi de Perse en ce monde, conformément à la parole du Messager de Dieu (ﷺ) : « Lorsque César périra, il n’y aura plus de César après lui ; et lorsque Chosroès (Kisrâ) périra, il n’y aura plus de Chosroès après lui. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, ses trésors seront certainement dépensés sur le sentier de Dieu » (4). Ce hadith est rapporté par al-Bukhârî. Il est également établi dans un hadith (authentique) (5) que, lorsque la lettre du Prophète (ﷺ) parvint à Yazdjurd, celui-ci la déchira ; alors le Prophète (ﷺ) invoqua contre lui afin qu’il fût lui-même anéanti, et l’événement s’accomplit comme annoncé.

Cette même année, Ibn ʿÂmir réalisa de nombreuses conquêtes, car les habitants de certaines régions avaient rompu la trêve qui leur avait été accordée. Parmi ces lieux, certains furent pris de force et d’autres bénéficièrent d’un accord. Dans cette dernière catégorie figure la ville de Marw, dont le traité de paix fut conclu contre deux millions deux cent mille (ou, selon d’autres, six mille deux cent mille). Cette année-là, ʿUthmân ibn ʿAffân (qu’Allâh l’agrée) dirigea le pèlerinage.

[Puis vint l’année trente-deux…]

Au cours de celle-ci, Muʿâwiya mena une expédition contre les terres byzantines, atteignant le détroit – le détroit de Constantinople – accompagné de son épouse ʿÂtika, ou, d’après certaines sources, Fâtima bint Qarta, fille de ʿAbd ʿAmr ibn Nawfal ibn ʿAbd Manâf, comme l’ont signalé Abû Maʿshar et al-Wâqidî.

Cette même année, Saʿîd ibn al-ʿÂs nomma Salmân ibn Rabîʿa à la tête d’une armée et l’envoya attaquer la région d’al-Bâb, en écrivant à ʿAbd al-Rahmân ibn Rabîʿa, gouverneur local, de lui prêter main-forte. Salmân s’avança jusqu’à Balandjar, qu’il assiégea ; des engins de siège furent alors dressés contre elle.

(1) Dans le texte manuscrit : « par le silence ». Ce qui est confirmé d’après la chronologie de l’historien Ṭabarī (4/298). (2) Dans le manuscrit : « de son ornement ». (3) Dans le manuscrit : « en train de sombrer ». (4) Sahîh al-Bukhârî (3618) dans le chapitre « Les Mérites », selon la transmission d’Abu Hurayra, et (3619) dans le même chapitre selon la transmission de Jâbir ibn Sumra. Le hadîth possède plusieurs chaînes de transmission. (5) Le hadîth se trouve dans Sahîh al-Bukhârî (64) dans le chapitre « Le savoir ».
فلما أحاطوا به وأرادوا قتله قال: ويحكم لا تقتلوني، فإنّا نجدُ في كتبنا أنّ من اجترأ على قتل الملوك عاقبه الله بالحريق (١) في الدنيا مع ما هو قادم عليه، فلا تقتلوني واذهبوا بي إلى الملك أو إلى العرب، فإنهم يستحيون من قتل الملوك، فأبَوْا عليه ذلك، فسَلَبوه ما كان عليه من الحلي، فجعلوه في جراب، وخنقوه بوتر، وألقوه في النهر، فتعلّق بعود فخذه أسقف -واسمه إيليا- فحنَّ عليه مما كان من أسلافه من الإحسان إلى النصارى الذين كانوا ببلادهم، فوضعه في تابوت، ودفنه في ناووس، ثم حمل ما كان عليه من الحلي إلى أمير المؤمنين عثمان بن عفان، ففُقِدَ قرطٌ من حليه (٢) فبعث إلى دهقان تلك البلاد فأغرمه ذلك. وكان مُلْكُ يزدجرد عشرين سنة، منها أربع سنين في دعة، وباقي ذلك هاربًا (٣) من بلد إلى بلد، خوفًا من الإسلام وأهله. وهو آخر ملوك الفرس في الدنيا على الإطلاق، لقول رسول الله ﷺ "إذا هلك قيصر فلا قيصر بعده، وإذا هلك كسرى فلا كسرى بعده، والذي نفسي بيده لتنفقن كنوزهما في سبيل الله" رواه البخاري (٤) . وثبت في الحديث (الصحيح) (٥) أنّه لما جاء كتاب النبي ﷺ مَزَّقَه، فدعا عليه النبي ﷺ أن يمزّق كل مُمزَّق، فوقع الأمر كذلك. وفي هذه السنة فتح ابن عامر فتوحات كثيرة كان قد نقض أهلها ما كان لهم من الصلح، فمن ذلك ما فتح عنوة، ومن ذلك ما فتح صلحًا، فكان في جملة ما صالح عليه بعض المدائن وهي مرو على ألفي ألف ومئتي ألف، وقيل على ستة آلاف ومئتي ألف. وفي هذه السنة حج بالناس عثمان بن عفان (رضي الله عنه) . [ثم دخلت سنة ثنتين وثلاثين] وفيها غزا معاوية بلادَ الروم حتى بلغَ المضيق -مضيق القسطنطينية- ومعه زوجتُه عاتكةُ، ويقالُ: فاطمة بن قرطة بنت عبد (عمرو بن) نوفل بن عبد مناف. قاله أبو معشر والواقدي. وفيها استعمل سعيد بن العاص سلمانَ بن ربيعة على جيشٍ وأمره أن يغزو الباب، وكتب إلى عبد الرحمن بن ربيعة نائب تلك الناحية بمساعدته، فسار حتى بلغ بَلَنْجَر فحصروها. ونُصبت عليها
(١) في أ: بالخرس. وما أثبت موافق لتاريخ الطبري (٤/ ٢٩٨). (٢) في أ: من حليته. (٣) في أ: هاويًا. (٤) صحيح البخاري (٣٦١٨) في المناقب برواية أبي هريرة، و (٣٦١٩) في المناقب برواية جابر بن سمُرة، وللحديث أطراف متعددة. (٥) الحديث في صحيح البخاري (٦٤) في العلم.

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