En cette même année, un différend éclata entre Muʿāwiya et Abou Dharr en Syrie. La raison en est qu’Abou Dharr réprouvait certaines actions de Muʿāwiya et, plus généralement, critiquait les riches qui accumulent des biens. Il interdisait de thésauriser au-delà de ce qui suffit pour la subsistance quotidienne et estimait obligatoire de faire aumône du surplus. Il s’appuyait sur la parole de Dieu : « Et ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le chemin de Dieu, annonce-leur un châtiment douloureux » (at-Tawba, 9 : 34). Muʿāwiya s’efforça alors de l’empêcher de diffuser cette idée, mais Abou Dharr refusa d’obtempérer. Muʿāwiya écrivit donc à ʿUthmān pour se plaindre de lui. ʿUthmān convoqua Abou Dharr à Médine et le réprimanda au sujet de certains propos. Il voulut le dissuader, mais Abou Dharr n’en démordit pas. Alors, ʿUthmān ordonna qu’il s’établisse à ar-Rabadha (à l’est de Médine). D’après certains, Abou Dharr lui-même sollicita la permission de s’y installer, évoquant la parole du Messager de Dieu (ﷺ) qui lui avait dit : « Quand la construction atteindra Salʿ, quitte la ville. » Or la construction ayant déjà atteint Salʿ, ʿUthmān autorisa Abou Dharr à demeurer à ar-Rabadha, tout en lui demandant de revenir parfois à Médine afin de ne pas perdre son statut d’émigré. Abou Dharr s’y conforma et resta sur place jusqu’à sa mort, comme nous le rappellerons plus loin (qu’Allah l’agrée).
Cette année-là également, ʿUthmān institua le troisième appel à la prière du vendredi à az-Zawrāʾ.
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Selon ce qu’a relaté notre maître Abou ʿAbd Allāh adh-Dhahabī (qu’Allah lui fasse miséricorde), furent mentionnés comme décédés cette même année – c’est-à-dire l’an 30 de l’Hégire – plusieurs Compagnons, dont :
• Ubayy ibn Kaʿb (qu’Allah l’agrée), d’après la chronologie considérée comme fiable par al-Wāqidī ;
• Jabbār ibn Ṣakhr ibn Umayya ibn Khansāʾ, Abou ʿAbd Ar-Raḥmān al-Anṣārī, qui prit part au Pacte d’al-ʿAqaba et à la bataille de Badr, et que