Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il n’y avait pour eux nul héritier hormis le trésor public, et l’imam décida de ce qui était le plus avantageux en la matière, puis il laissa partir ʿUbayd Allâh.

On raconte que lorsque Ziyâd ibn Labîd al-Bayyâdî croisait ʿUbayd Allâh ibn ʿUmar, il disait :

« Ô ʿUbayd Allâh, où pourrais-tu fuir ?
Ni refuge ni garantie ne sauraient te protéger du fils d’Arwà.
Quel sang as-tu versé, par Dieu, en dehors de toute légitimité !
Il était sacré, et le meurtre d’al-Hurmuzân est lourd de conséquences.
Cela, pour rien d’autre que la parole d’un tiers,
“Allez-vous accuser al-Hurmuzân d’avoir comploté contre ʿUmar ?”
Alors un sot, tandis que les contrariétés foisonnaient, s’est exclamé :
“Oui, je l’accuse ; il a fait signe et il a ordonné !”
Or l’arme de cet esclave était dans la maison même,
Il la manipulait, et l’affaire se juge par son contexte. »

Il est rapporté que ʿUbayd Allâh ibn ʿUmar se plaignit de Ziyâd auprès de ʿUthmân. Celui-ci fit convoquer Ziyâd ibn Labîd, qui déclama à propos de ʿUthmân :

« Ô Abâ ʿAmr, ʿUbayd Allâh est comme un otage ;
Ne doute donc pas qu’il a tué al-Hurmuzân.
Si tu lui pardonnes son crime,
Les causes de l’erreur sont pareilles à deux chevaux en lice.
Vas-tu pardonner sans véritable raison ?
Quelle justification donneras-tu alors de ce que tu imiterais ? »

ʿUthmân lui interdit de poursuivre et le réprimanda, si bien que Ziyâd ibn Labîd cessa ses propos.

Puis ʿUthmân ibn ʿAffân écrivit à ses gouverneurs dans les provinces – aux émirs chargés de la guerre, aux imams des prières et aux trésoriers responsables du Bayt al-Mâl – pour leur ordonner le bien, leur interdire le mal, les encourager à obéir à Dieu et à Son Messager, ainsi que pour les inciter à suivre la voie droite et à délaisser toute forme d’innovation.

Ibn Jarîr raconte : « Au cours de cette même année, ʿUthmân révoqua al-Mughîra ibn Shuʿba de son poste à Kûfa et y nomma Saʿd ibn Abî Waqqâs. Ce fut le premier gouverneur qu’il désigna. En effet, ʿUmar avait dit : “Si le pouvoir parvient à Saʿd, tant mieux ; sinon, que celui de vous à qui il échoira fasse appel à lui. Je ne l’ai pas relevé de ses fonctions par incapacité ni par malhonnêteté.” Ainsi, il confia la responsabilité de Kûfa à Saʿd durant un an et quelque temps de plus. »

Ibn Jarîr le rapporte également par la voie de Suf (Sîf), d’après Mujâlid, d’après ash-Shaʿbî. De son côté, al-Wâqidî, qui cite Zayd ibn Aslam d’après son père, rapporte que ʿUmar avait recommandé que ses gouverneurs restent un an en poste. Lorsque ʿUthmân accéda au califat, il maintint al-Mughîra ibn Shuʿba à Kûfa pendant un an, puis le révoqua et nomma Saʿd à sa place, avant de le démettre à son tour pour instituer al-Walîd ibn ʿUqba ibn Abî Muʿayt.

(1) Les vers se trouvent dans l’Histoire de Ṭabarī (tome 4, pp. 239-240). (2) Dans A : « هارب » ; cette lecture est la plus probable ici. (3) Dans A : « بأنّ ». (4) Le vers n'est pas dans A. (5) Dans T : « تخلي » ; la lecture que nous avons retenue est la plus probable et correspond à la transmission de Ṭabarī. (6) Dans son Histoire (tome 4, p. 244).
لا وارث لهم إلا بيت المال، والإمام يرى الأصلح في ذلك، وخلَّى سبيل عبيد الله. قالوا: فكان زياد بن لبيد البياضي إذا رأى عبيد الله بن عمر يقول (١) : [من الطويل] ألا يا عُبَيْدَ اللهِ مالكَ مهربٌ (٢) … ولا ملجأٌ من ابن أروى ولا خَفَرْ أصَبْتَ دمًا واللهِ في غيرِ حِلّهِ … حرامًا وقتلُ الهُرْمزانِ لهُ خَطَرْ على غيرِ شيءٍ غيرَ أنْ قالَ قائلٌ … أتَتَّهمُونَ الهُرْمُزانَ على عُمَرْ فقالَ سفيهٌ والحَوادثُ جَمَّةٌ … نَعمْ أتَّهمهُ قد أشارَ وَقَدْ أمَرْ وكان (٣) سلاحُ العَبْدِ في جَوْفِ بيتهِ … يُقَلّبها والأمرُ بالأمْرِ يُعتبرْ قال: فشكا عبيد الله بن عمر زيادًا إلى عثمان فاستدعى عثمان زياد بن لبيد فأنشأ زياد يقول في عثمان: [من الوافر] أبا عمرو عُبَيْدُ اللهِ رهنٌ … فلا تَشْكُكْ بقَتْلِ الهُرْمزانِ فإنَّكَ إنْ غَفَرْتَ الجُرْمَ عنهُ … وأسبابُ الخطا فَرَسا رِهان (٤) أتعفُو إذْ عفوتَ بغيرِ حقٍّ … فمالكَ بالذي تحكي (٥) يدان قال: فنهاه عثمان عن ذلك وزبره فسكت زياد بن لَبيد عمَّا يقول. ثم كتب عثمان بن عفان إلى عماله على الأمصار أمراء الحرب، والأئمة على الصلوات، والأمناء على بيوت المال يأمرهم بالمعروف وينهاهم عن المنكر ويحثّهم على طاعة الله وطاعة رسوله، ويحرضهم على الاتِّباع وترك الابتداع. قال ابن جرير (٦) : وفي هذه السنة عزل عثمان المغيرةَ بن شعبة عن الكوفة وولَّى عليها سعد بن أبي وقاص فكان أول عامل ولاه، لأن عمر قال: فإن أصابت الإمرة سعدًا فذاك، وإلا فليستعن به أيكم ولِّي، فإني لم أعزله عن عجزٍ ولا خيانة، فاستعمل سعدًا عليها سنة وبعض أخرى. ثم رواه ابن جرير من طريق سيف، عن مجالد، عن الشَّعبي، وقال الواقدي فيما ذكره عن زيد بن أسلم عن أبيه أنَّ عمر أوصى أن تقر عماله سنة، فلما ولِّي عثمان أقر المغيرة بن شعبة على الكوفة سنة [ثم عزله، واستعمل سعدًا ثم عزله وولَّى الوليد بن عقبة بن أبي مُعَيْط.
(١) الأبيات في تاريخ الطبري (٤/ ٢٣٩ - ٢٤٠). (٢) أ: هارب؛ وما هنا هو الأشبه. (٣) أ: بأنّ. (٤) البيت ليس في أ. (٥) في ط: تخلي؛ وما أثبتنا هو الأشبه وهي رواية الطبري. (٦) في تاريخه (٤/ ٢٤٤).

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